Électricité

Recommandations du Conseil supérieur de la santé sur l’éclairage LED

Le Conseil supérieur de la santé donne une série de recommandations à l’attention des fabricants et des autorités concernant l'exposition de la population aux systèmes d'éclairage utilisant la technologie des LED. Bien que les recommandations ne soient pas directement en lien avec le lieu de travail, il n’est pas inintéressant de se pencher sur les troubles possibles causés par l'éclairage LED.

L'éclairage utilisant la technologie des diodes électroluminescentes (Light Emitting Diodes ou LED) est actuellement en constant essor du fait des avantages qu'il offre en comparaison aux autres technologies d'éclairage, à savoir un rendement énergétique nettement supérieur et une durabilité élevée. Les diodes LED sont utilisées de façon très large et s'imposeront bientôt comme la technologie d'éclairage de loin la plus répandue. On les retrouve ainsi dans l'éclairage public, professionnel ou privé, dans l'éclairage des véhicules ainsi que dans l'éclairage des écrans de tous types : TV non cathodique (écran plat), ordinateurs, tablettes et smartphones.

Deux propriétés particulières de l'éclairage LED peuvent avoir des implications en termes de santé pour les utilisateurs. D'une part, la forte intensité lumineuse des ampoules LED couplée à leur caractère directionnel accroît le risque d'effets dits «photo-biologiques» au niveau de la rétine et de la peau exposée. D'autre part, comme toute autre source d'éclairage artificiel, l'éclairage LED émet un spectre lumineux différent de celui de la lumière naturelle. Dans le cas des ampoules LED, ce déséquilibre du spectre se traduit par une proportion plus importante de la lumière bleue. La conséquence en est un impact proportionnellement plus important sur l'horloge biologique ainsi qu'un risque majoré d'effets photo-biologiques. Accessoirement, une troisième propriété, à savoir l'intensité fluctuante à haute fréquence (effet stroboscopique) de la lumière émise par les LED, pourrait peut-être porter à conséquences en termes de bien-être et de confort des personnes exposées.

Recommandations du Conseil supérieur de la santé:
1. Des efforts devraient être faits afin de réduire autant que possible le contenu en bleu de l'éclairage LED, en particulier celui des écrans et celui destiné aux lampes de chevet ou à l'éclairage des chambres à coucher;
2. Seules des ampoules LED appartenant aux catégories de risque 0 et 1 (cf. Norme EN 62471 de la Commission Internationale de l'Éclairage) devraient être disponibles sur le marché à l'attention du public;
3. Un étiquetage informatif mentionnant l'usage recommandé, les groupes à risque et les contre-indications éventuelles (ex: lampe de bureau, de chevet ou de chambres d'enfants) devrait accompagner toute ampoule LED;
4. Une information sur les aspects suivants devrait être diffusée à l'attention du public:
  • Usages à risque de l'éclairage LED : éclairage direct et de proximité, surtout s'il est durable, des enfants de moins de 8 ans, des sujets opérés de cataracte ou dépourvus de cristallin, et des personnes souffrant de dégénérescence maculaire, de photo-dermatoses, ou consommant des substances photo-sensibilisantes (certains médicaments et crèmes ou pommades);
  • Usage à risque des divers dispositifs avec écran LED : usage chez l'enfant (moins de 8 ans), usage de proximité prolongée en soirée ou durant la nuit.
Des recherches devraient également être menées dans les domaines suivants, ceux-ci étant encore insuffisamment étayés :
  • Etude des risques oculaires et cutanés de l'éclairage LED en fonction du type d'éclairage, du pattern d'exposition et des caractéristiques du sujet (sain ou souffrant d'une affection réputée à risque);
  • Caractérisation des fluctuations (effet stroboscopique) de l'intensité lumineuse des ampoules LED actuelles et étude de leur impact éventuel sur la santé;
  • Etude du phénomène de vieillissement du luminophore des ampoules LED.
Note de la rédaction: Entretemps, le laboratoire Lichttechnologie de l’université de Gand a publié un article concernant les recommandations du Conseil supérieur de la santé. Cet article précise : «En raison de la brièveté du texte et par le choix du titre, ces recommandations peuvent être mal interprétée par des non-experts». Le laboratoire recommande au Conseil supérieur de la santé de publier une nouvelle version dans laquelle le titre, le texte et quelques recommandations seraient moins sujettes à des interprétations erronées: «En tenant compte du fait que la température de couleur de plus de 99% de l'éclairage LED se situe entre 2700 et 4000 Kelvin et appartient au groupe à risque RG0 ; l'opinion du Conseil supérieur de la santé au sujet d'un risque accru d'effets photobiologiques et d’une influence supérieure sur l'horloge biologique est une généralisation incorrecte. Cette généralisation a pour effet que les non-spécialistes pensent à tort que l'éclairage LED pourrait affecter la santé plus que les autres lumières.» Vous pouvez consulter les commentaires du laboratoire (en néerlandais) sur le site lichttechnologie.be
 

Publié 10-06-2016

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