COVID-19 et les surfaces

Vu le nombre d’informations circulant en permanence sur la toile, il n’est évidemment pas facile de s’y retrouver. Nous vous proposons de faire le point sur la persistance du COVID-19 sur les surfaces et les techniques de nettoyage liées.

Dans le fatras d’informations circulants, deux prépublications (preprint) ont été repérées :

- Prépublication publiée dans la revue américaine Jama, réalisée à Singapour, le 4 mars 2020
- Prépublication publiée par le New England Journal of Medicine (NEJM), menée par des scientifiques des Centres de contrôles et de prévention des maladies (CDC), de l’Université de Californie à Los Angeles et de Princeton, le 11 mars 2020

Que disent ces prépublications ?

Le nouveau coronavirus est détectable jusqu’à trois jours sur des surfaces en plastique ou en inox et jusqu’à 24h sur du carton. Attention, il n’est pas dit que la quantité de virus subsistant soit suffisante pour que celui-ci reste contagieux. Néanmoins, c’est le principe de précaution qui prime.
En priorité, il faut se méfier des objets qui ont été touché par un grand nombre de personnes tels que les boutons d’ascenseur, les barres en métal dans les transports en commun ou les poignées de portes. Etant donné qu’il n’est pas possible d’éviter de toucher tous ces objets, il est important de se laver les mains, d’éviter de se toucher le visage et d’éternuer dans un mouchoir ou son coude.
La RTBF a réalisé une infographie explicite et qui est reprise ci-dessous.

Infographie sur la détection du COVID-19 sur les surfaces
Qu’en est-il des téléphones portables et des claviers d’ordinateur ?
Bien que cela ne peut pas faire de mal de les nettoyer, étant donné que ce sont des objets ont un propriétaire unique, il n’est pas utile de les désinfecter.
Le point sur le nettoyage et la désinfection
Concernant le COVID-19, il semblerait qu’un nettoyage avec des produits désinfectants adaptés fonctionne. Les produits de nettoyage classique ne sont pas efficaces, seuls les désinfectants utilisés par le personnel médical le sont.
Néanmoins, le premier point à rappeler est qu’il faut toujours nettoyer les surfaces avant de les désinfecter.
Le nettoyage consiste à dépoussiérer et à dégraisser les surfaces, supprimant ainsi les nutriments des microorganismes et les substances interférents avec les désinfectants. Le dépoussiérage doit limiter au maximum la formation d’aérosol inhalables. Pour se faire, il convient d’utiliser des aspirateurs munis de filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air, filtre à haute efficacité contre les particules) et des chiffons humides. Le dégraissage se fait à l’aide de détergents disponibles dans le commerce. Le nettoyage quotidien des locaux permet d’éviter l’accumulation de poussières et de dépôts gras.
La désinfection se fera en fonction du produit utilisé. L’efficacité d’une substance active dépend de nombreux paramètres tels que le temps de contact, la température ou sa concentration.
Les virucides sont définis dans la norme EN 14476. La nouvelle version de la norme EN 14476 / 2013 mentionne une allégation « activité virucide limitée » qui couvre les virus enveloppés, l’adénovirus et le norovirus humain. Nous vous présentons ci-dessous trois virucides reconnus : l’acide peracétique, le glutaraldéhyde et l’hypochlorite de sodium (l’eau de Javel).
L’acide peracétique (Fiche toxicologique INRS)
Ce sont des solutions plus ou moins concentrées d’acide peracétique à l’équilibre avec du peroxyde d’hydrogène et d’acide acétique. Ces solutions possèdent un large spectre d’activité.
Pur, l’acide peracétique est comburant et inflammable. Il faut donc le stocker dans des locaux frais et bien ventilés. La présence d’impuretés métalliques accélère sa décomposition. Les solutions aqueuses attaquent la plupart des métaux et réagissent violemment (risque d’explosion) avec les substances organiques et les sels de type chlorure. Pour éviter les réactions violentes, il est important de le diluer dans de l’eau distillée.
Cet acide présente une toxicité à cours terme en cas d’exposition unique par vois respiratoire, cutané et digestive.
Le glutaraldéhyde (Fiche toxicologique INRS)
Le glutaraldéhyde possède un spectre d’activité étendu.
Ce produit est instable à des températures supérieures à 50°C et à des pH supérieurs à 8,5. Il est incompatible avec des acides forts, des bases fortes et les oxydants puissants. Il n’est pas agressif vis-à-vis des matériaux couramment utilisés (Inox, matières plastiques, …).
C’est un produit corrosif qui lors de projections, peut entraîner des brûlures de la peau et des lésions oculaires graves. Il est toxique à court terme en cas d’exposition unique par inhalation et ingestion. De plus, il entraîne des eczémas allergiques sur les mains, des maux de tête ainsi que des manifestations respiratoires irritatives ou allergiques.
L’hypochlorite de sodium (Fiche toxicologique INRS)
L’eau de Javel possède un spectre d’activité très large.
Le chlore et ses dérivés sont fortement oxydants et corrosifs. De plus, il ne doit pas être mélangé avec :
  • des détergents ou détartrants acides car cela entraîne des projections et un dégagement de chlore gazeux très toxique ;
  • des détergents alcalins car cela entraîne une baisse de l’activité biocide ;
  • de l’ammoniaque car le mélange dégage de la chloramine.

L’activité de l’hypochlorite de sodium diminue également à la chaleur, à la lumière et en présence de matières organiques. C’est pourquoi, il faut :
  • conserver l’eau de Javel à l’abri de la lumière ;
  • la diluer pour qu’elle se conserve plus longtemps (perte d’activité des solutions concentrées 3 mois après leur fabrication) ;
  • utiliser de l’eau froide pour préparer les dilutions.

Les concentrations élevées sont très dangereuses alors que les dilutions habituellement employées entraînent peu de risques.
Quelque soit le produit utilisé, il est important d’évaluer les risques et d’apporter aux personnes effectuant les interventions les mesures de protections adaptées.
Recommandation de l’OMS
« On ne sait pas avec certitude combien de temps le virus responsable de la COVID-19 survit sur les surfaces mais il semble qu’il se comporte comme les autres coronavirus. Les études (et les informations préliminaires sur la COVID-19) tendent à montrer que les coronavirus peuvent persister sur les surfaces quelques heures à plusieurs jours. Ceci peut dépendre de différents paramètres (p. ex., le type de surface, la température ou l’humidité ambiante).
Si vous pensez qu’une surface peut être infectée, nettoyez-la avec un désinfectant ordinaire pour tuer le virus, vous protéger et protéger les autres. Lavez-vous les mains avec une solution hydroalcoolique ou à l’eau et au savon. Évitez de vous toucher les yeux, la bouche ou le nez. »
Remarque : prépublication (preprint)
Une prépublication est une publication scientifique dont les contours sont précisés explicitement. Ce sont des rapports de travaux préliminaires qui n’ont pas été évalués par des pairs. Elles ne doivent pas être suivies comme des guides de pratiques cliniques ou de comportements liés au domaine de la santé. Elles ne doivent pas non plus être présentées par les médias comme des vérités établies.
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Publié 27-03-2020

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