Environnement

DREC, l’outil européen en ligne pour recycler en bon ordre

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’Europe a encore beaucoup à faire sur le plan du recyclage, au moins en ce qui concerne les outils d’évaluation. Lancée il y a trois ans dans le cadre du programme INTERREG IVC, l’initiative R4R apporte désormais des solutions à cet égard.
 
Dans l’Europe des 28, la Belgique fait à peine mieux que ses voisins en ce qui concerne la quantité de déchets globalement collectée par habitant: pour 2012, ce sont 459 kilos qui ont été collectés pour une moyenne européenne de 492 kilos. Le bilan semble un peu plus réjouissant lorsqu’on se penche sur les performances en terme de recyclage ou de compostage de la Belgique puisque, des 459 kilos de déchets ménagers collectés, seulement 5 tonnes partaient en décharge et 9 tonnes en incinérateur sans récupération d’énergie, le traitement du solde de 445 tonnes étant assuré par recyclage (167 tonnes), par compostage et/ou fermentation (96 tonnes) ou encore par incinération avec récupération d’énergie (184 tonnes). Un contraste saisissant lorsqu’on apprend que certains pays européens jettent encore la majorité de leurs déchets ménagers dans des décharges...
 
A cet égard, le réseau R4R a pu déterminer qu’en plus des différences importantes entre les pays européens, des clivages importants se dessinent entre différentes villes ou différentes régions d’un même pays. Des différences que R4R explique en avançant plusieurs éléments: méthodes de calcul différentes, unités de traitement de forces inégales, application différentes de mêmes dispositifs légaux ou techniques, différences économiques ou encore contraintes spécifiques (densités de population différentes, conditions géographiques ou climatiques particulières...). Comparaison n’est donc pas forcément raison. Dans cette mesure, R4R s’est attaché à établir une méthodologie comptable commune pour l’inventaire des déchets, l’objectif ultime étant ici de pouvoir identifier des territoires confrontés à des situations et à des contraintes similaires, mais présentant des performances différentes afin, peut-être, de découvrir les statistiques a priori favorables de la Belgique sous un autre œil...
 
C’est de là qu’est née la méthodologie DREC pour DEstination RECycling. Cette approche est intéressante car elle est entièrement compatible avec les relevés effectués par Eurostat et avec l’European Environment Agency en ce qui concerne les actions de reporting. A titre d’information, actuellement ce sont encore pas moins de quatre méthodes de calcul qui sont utilisées par la Commission européenne pour renseigner les taux de recyclage et/ou de valorisation. Une diversité qui rend vaine ou en tous cas compliquée toute comparaison. En ce sens, la méthodologie DREC apporte une réponse simple à ce besoin d’uniformiser les outils d’analyse au niveau européen, rendant enfin possible le développement d’un monitoring efficace et la mise en place d’un outil de benchmarking de tous les instruments utilisés à travers l’Europe.
 
Au-delà de l’outil de monitoring, R4R a établi une base pour un échange facilité de bonnes pratiques. Cela permet de découvrir à travers l’Europe des sites de tri permettant de différencier jusqu’à 40 fractions différentes, de consulter le détail du fonctionnement des instruments économiques activés à travers l’application de charges et de taxes variables (payez en fonction de ce que vous jetez), de découvrir les modèles les plus intéressants en matière de collecte sélective à la source de fractions valorisables ou encore de trouver des sources d’inspiration potentielles auprès des différentes campagnes de communication menées à travers l’Europe. C’est là que sont épinglées la province de Styrie et à la Région flamande qui ont par exemple permis d’envoyer au recyclage respectivement 75 et 64% des déchets municipaux collectés. 

Publié 30-01-2015

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