Environnement

Faudra-t-il bientôt payer pour se débarrasser de ses vieux papiers ?

Après l’interdiction d’importation imposée sur les déchets plastiques, la Chine limite aussi les importations de vieux papiers depuis le 1er mars. Seuls les papiers usagés présentant un degré de salissure n’excédant pas 0,5 % - une qualité que bon nombre d’États membres de l’Union européenne sont incapables d’atteindre – seront encore autorisés. Le résultat se fait déjà sentir sur le marché, indique Go4Circle : les débouchés et les prix des vieux papiers sont en chute libre. Le secteur demande à l’Europe d’agir de toute urgence.

En Belgique, les systèmes performants de collecte sélective permettent de récupérer annuellement quelque 1,7 million de tonnes de vieux papiers, généralement de bonne qualité, tant auprès des entreprises que des ménages. De ce fait, le papier de la fédération sectorielle Coberec Go4Circle Paper répond selon elle aux normes internationales strictes. Mais ce n’est pas partout le cas dans l’Union européenne. En France, en Angleterre et en Irlande entre autres, les papiers ne sont toujours pas triés sélectivement et sont donc beaucoup plus sales.

Restrictions sur les importations chinoises
Avec 28 millions de tonnes d’importations annuelles, la Chine était jusqu’à présent un des plus gros acheteurs du monde. L’année dernière, la Chine a encore importé 9 millions de tonnes de vieux papiers issus d’Europe. Mais à compter du 1er mars, les autorités chinoises vont imposer des conditions strictes d’importation : seuls les papiers dont le taux de salissure ne dépasse pas 0,5 % pourront encore passer la frontière. Cette condition est plus sévère que la norme internationale EN643 qui prescrit un taux de souillure maximal de 1,5 %.

Ces nouvelles restrictions aux importations chinoises créent un déséquilibre sur le marché. Actuellement, on collecte en Europe 8 millions de tonnes en plus que ce que l’industrie européenne du papier peut absorber. L’interdiction d’importation a donc de lourdes conséquences sur les prix du marché. Les papeteries européennes, qui achetaient traditionnellement du papier de bonne qualité, se tournent désormais vers le papier britannique qui leur est proposé à 0 euro – un taux insuffisant pour couvrir les coûts des firmes de collecte. Mais les entreprises belges de traitement des vieux papiers doivent elles aussi se satisfaire d’un prix équivalant à peine à la moitié de celui qu’elles obtenaient précédemment pour leurs papiers.

Une collecte de meilleure qualité dans toute l’Europe ?
Coberec Go4Circle Paper plaide dès lors pour une interdiction européenne des collectes groupées et appelle à stimuler davantage les collectes sélectives. Werner Annaert : « Pour nous, la collecte sélective intégrale telle que nous la connaissons en Belgique depuis des années est une condition essentielle pour un recyclage de qualité et constitue la base même du principe d’économie circulaire que veut concrétiser l’Europe. » La fédération espère également que la diminution des prix n’aura aucun impact sur la bonne volonté des consommateurs à poursuivre le tri sélectif des papiers dans les flux de déchets.

Les pouvoirs publics offrent un Totem au secteur du bâtiment
À l’occasion de Batibouw, la ministre de l’Environnement Joke Schauvliege, son collègue wallon de l’Économie, de l’Innovation et du Numérique Pierre-Yves Jeholet et Joël Solé de Bruxelles Environnement viennent de lancer « Totem », le sigle de « Tool to Optimise the Total Environmental impact of Materials » et qui désigne une interface numérique simple et transparente qui permet au secteur belge du bâtiment d’objectiver et de réduire l’impact environnemental des constructions.

Cet outil scientifique à la portée étendue est le fruit d’un projet de coopération intensif entre les trois régions : l’OVAM, Bruxelles Environnement et le Service Public de Wallonie ont œuvré à sa mise au point en collaboration avec diverses universités et bureaux d’études.

Totem a donc été créé :
  • pour stimuler la créativité des architectes et des auteurs de projets et réaliser des projets qui répondent aux exigences environnementales de demain ;
  • pour évaluer l’impact environnemental de certains bâtiments ou de parties de bâtiments au départ d’une méthode scientifique et neutre, adaptée à la spécificité du marché belge de la construction ;
  • pour stimuler l’innovation et encourager l’écodesign dans les systèmes de construction.

E
n pratique, le logiciel vise à fournir une interface conviviale permettant d’accéder aux informations relatives aux éléments et matériaux de construction. Comme elle a été développée par les pouvoirs publics, elle constitue un instrument objectif et transparent qui doit permettre à tous les acteurs du secteur de la construction en Belgique d’identifier et de limiter l’impact environnemental des bâtiments dès le début de la phase de conception. L’outil est donc destiné aux architectes, aux bureaux d’études, aux entrepreneurs, aux développeurs, mais aussi aux pouvoirs publics.

Se devant d’être lui aussi un outil durable, Totem intègre donc une possibilité d’évolution constante. À terme, l’ambition est de le coupler à la banque de données fédérale B-EPD (« Environmental Product Declaration ») pour permettre le chargement des données du logiciel EPB et la modélisation de systèmes de construction circulaire.

Impact environnemental et climatique
Il ressort toutefois de plusieurs études que les éléments constructifs et les matériaux de construction sont responsables de 10 à 30 % de l’impact environnemental total. Totem traduit cet impact sous la forme d’une série d’indicateurs environnementaux tout au long du cycle de vie des matériaux et des produits. Lors d’une construction ou d’une rénovation, le choix des matériaux revêt donc une grande importance pour l’empreinte écologique globale du bâtiment.

Vous trouverez tous les informations relatives à l’utilisation de Totem sur www.totem-building.be et vous pouvez consulter un manuel assorti de vidéos.

Publié 08-03-2018

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