Le bus-espace de travail est annoncé

Se concentrer sur son travail dans les bouchons ? C’est possible grâce à Office on Wheels. « Les embouteillages ? Je ne les remarque même pas. »

Le bus-espace de travail peut-il offrir une alternative durable aux embouteillages sur le trajet vers le bureau ? Chez Office on Wheels, on en est convaincu. À compter de cette semaine, neuf bus aménagés en espace de travail seront mis en service entre Gand, Anvers, Turnhout, Hasselt, Hal et Bruxelles. Le bus s’arrête entre autres dans les zonings difficilement accessibles en transports en commun ou en raison des bouchons structurels.

Chaque véhicule est équipé de vingt-huit places de travail, du wi-fi, de prises de courant, d’un percolateur, d’un vestiaire, d’un coin réunion, d’une imprimante, de la climatisation et de toilettes. Départ à 7 h 30, retour à 16 h. Les éventuels embouteillages en route ne posent aucun problème car les heures passées à bord comptent comme temps de travail. « Quand j’arrive au bureau, j’ai répondu à tous mes mails et mon planning est prêt pour le reste de la journée. Les embouteillages ? Je ne les remarque même pas », explique un usager pour De Standaard.

L’initiative émane de la BAAV (Fédération professionnelle des exploitants d’autobus et d’autocars de Flandre occidentale) et du centre d’expertise Smart Mobility de l’Antwerp Management School et est soutenue financièrement par la Vlaams Agentschap Innoveren en Ondernemen (VLAIO).

Dans un premier temps, le concept a été testé par le bureau de consultance Ernst & Young entre Louvain et Liège et par Colruyt entre Gentbrugge et Hal. Colruyt a d’ores et déjà décidé de prolonger le projet-pilote jusqu’en 2019. Une enquête a révélé que 96 % des participants souhaitaient continuer à utiliser le bus et que pour 70 % d’entre eux, il était une raison de rester chez leur employeur.

Mobilité durable

Les employeurs bénéficient aussi des avantages offerts par ce bus : ils peuvent faire des économies sur le parking, le carburant et les voitures de société. Colruyt a également avancé qu’elle avait désormais la possibilité d’étendre sa zone de recrutement jusqu’aux confins de la Flandre orientale et de la Flandre occidentale. Un travailleur résidant à Ostdunkerque peut ainsi entamer sa journée de travail dans le bus qui se rend à Hal au départ de Gentbrugge. Lors des entretiens de recrutement, la question de la réservation d’une place à bord serait aussi explicitement abordée.

Il faut toutefois savoir que ce n’est pas le travailleur qui réserve sa place. C’est l’employeur qui décide d’investir dans ce moyen de transport mais ce dernier a tout intérêt de le faire pour garantir une meilleure accessibilité et, à terme, garder ses collaborateurs à son service. Le baromètre d’employabilité 2013 pour la Flandre a ainsi révélé que les travailleurs ayant plus de deux heures de navette par jour avaient plus de difficulté à concilier travail et vie privée et couraient plus de risques de souffrir d’épuisement psychique et d’être démotivés. Ils sont aussi plus souvent absents au travail.

C’est également ce qui a convaincu Jan Denys, expert du travail chez Randstad, d’adhérer au concept : « Le temps que les gens passent sur le trajet entre leur domicile et leur lieu de travail est de plus en plus déterminant dans le choix d’un poste ou la décision de rester chez un employeur. Pour les sociétés établies au centre-ville ou difficilement accessibles, c’est là un véritable défi à relever et cette initiative peut être une solution intéressante. L’employé qui passe une heure par jour en voiture pour se rendre au travail ne considère pas ce trajet comme du temps libre, bien au contraire. Or, pour l’employeur, ce n’est pas non plus du temps de travail. Mais tout cela va bientôt changer », explique-t-il dans les colonnes du Nieuwsblad.

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Publié 17-09-2018

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