Environnement

Mobilité à la carte pour fin 2016 ?

Le concept de carte mobilité -ou plus exactement de mobilité à la carte- proposé par la FEB suit son petit bonhomme de chemin. L'idée est creusée dans chaque cabinet concerné au fédéral, avant de revenir en inter-cabinets.

Il y a quelques semaines, dans le cadre de la semaine de la mobilité, vous vous souvenez que la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) a lancé l'idée d'une carte mobilité. Bien que les solutions facilitant la mobilité professionnelle existent déjà comme la carte xximo, la démarche engagée par la FEB va plus loin dans la mesure où elle engage avec le Fédéral et les partenaires sociaux dans une négociation sur le principe d'un budget mobilité qui serait octroyé à tous les travailleurs (et plus seulement aux cadres ou aux commerciaux). Marie-Noëlle Vanderhoven, première conseillère au centre de compétence emploi et sécurité sociale : « Le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot s'est engagé à mettre en place ce fameux budget mobilité. Tout comme le Vice-Premier ministre et ministre de l'Emploi, de l'Economie Kris Peeters. Reste les ministères qui risquent de donner plus de fil à retordre à la FEB : celui des finances et de la sécurité sociale. « C'est à eux qu'il revient de trouver la formule magique qui permettra de maintenir un équilibre entre le budget du fédéral, celui des entreprises et celui des salariés » poursuit la première conseillère de la fédération patronale.

Il y a aussi cet autre risque évoqué par Pierre Courbe, chargé de mission mobilité au sein d'Inter Environnement Wallonie. Ce dernier évoque le risque d'une aubaine fiscale dans laquelle les entreprises vont vouloir s'engouffrer à défaut de pouvoir/vouloir financer des salaires « normaux ». « C'est une crainte légitime » admet Marie-Noëlle Vanderhoven. Les situations limites sont nombreuses. La plus récente concerne Arcelor qui a proposé à ses 4.700 travailleurs (dont 3.300 ouvriers) de Gand de lâcher une partie de leur salaire contre une voiture de société. Une pratique visiblement courante en Belgique et dans bien d'autres pays industrialisés puisqu'elle est désignée par l'expression consacrée « salary sacrifice »... Dans ces circonstances, il s'agit donc de baliser soigneusement et de trouver la parade dans la législation « afin d'empêcher que ce budget mobilité ne soit dévoyé » explique encore la conseillère de la FEB. C'est précisément à tout cela que travaillent actuellement les partenaires sociaux au fédéral.

Concrètement, comment la responsable de la FEB envisagerait-elle une telle mobilité à la carte ? « On pourrait fonctionner avec une carte comme celles que proposent déjà des sociétés comme xximo. Ou s'appuyer sur une application. L'idée serait de rendre automatique des systèmes de flexibilité, par définition complexes à gérer, et de les rendre accessibles à n'importe quelle entreprise » explique Marie-Noëlle Vanderhoven. Très bien, mais en pratique, pour faire quoi ? Le matin, le travailleur pourrait décider de prendre sa voiture. De la laisser sur son lieu de travail et de revenir en train. Et le lendemain, de revenir à son lieu de travail en bus ou, pourquoi pas, à vélo. Tout serait alors réglé automatiquement : la gestion des notes de frais, le traitement fiscal... Par ailleurs, Marie-Noëlle Vanderhoven évoque la nécessaire évolution des acteurs des transports en commun : « Les sociétés de transport seront inévitablement amenées à réfléchir à de nouvelles formules. Comme un forfait kilométrique qui permettrait aux utilisateurs de pouvoir emprunter des trajets différents dans le cadre de déplacements effectués pour leur travail ». De fait, à l'exception de la carte réseau qui donne accès à l'ensemble de l'offre de la SNCB, rien ne permet aujourd'hui au travailleur de jongler avec ses déplacements puisqu'il est tenu au trajet habituel figurant sur sa carte d'abonnement. Un goulot qui sauterait inévitablement avec la mise en place d'un système kilométrique.

Très bien, mais à quand la mise en œuvre ? « Si rien ne sort avant la fin de l'année, je pense qu'on pourra enterrer ce fameux budget mobilité » indique Marie-Noëlle Vanderhoven, tout en ajoutant que sortir ne veut pas dire promulguer. Il est fort probable, en cette période pré-électorale, que ce dossier soit gardé au frigo par l'équipe en place. Le moment (des élections) venu, le gouvernement pourra alors sortir les effets de cette mesure qui fera, on s'en doute, son petit effet tant auprès des employeurs que des employés.

Publié 12-10-2016

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