Trafic belge : les objectifs européens ne seront pas atteints

Il ressort des calculs effectués par le bureau « Transport & Mobility Leuven » (TML) à la demande de Greenpeace que même en modifiant radicalement sa politique, la Belgique n’atteindra pas les objectifs climatiques européens dans le domaine des transports.

Les accords conclus au niveau européen prévoient que d’ici 2030, le secteur du transport belge devra réduire ses émissions de CO2 de 35 % par rapport à 2015. Si la Belgique ne modifie pas sa politique, la réduction des émissions générées par le transport ne sera que de 8 % à la date butoir. Même un transfert important de fonds publics du transport routier vers des moyens de transport plus durables ne permettra pas d’atteindre ces objectifs.

Les chiffres

À l’heure actuelle, 51 % des fonds publics destinés à la mobilité sont affectés au transport routier. Or, plus de 80 % des kilomètres parcourus le sont dans le cadre du transport routier. Ce chiffre englobe non seulement des dépenses directes consenties pour les infrastructures nécessaires au transport des biens et des personnes, mais aussi des régimes de faveur fiscaux accordés aux voitures salaires et au diesel professionnel. Les moyens financiers affectés aux chemins de fer représentent 26 % des fonds publics, 21 % étant alloués aux bus et trams et les 2 % restants aux modes actifs comme les vélos et les déplacements à pied. Au cours des cinq dernières années, les dépenses affectées au transport routier ont augmenté de 10 % tandis que les budgets libérés ont diminué de 8 % pour le train et de 13 % pour les transports publics. Les investissements réalisés dans les infrastructures routières profitent bien sûr aussi aux bus, aux cyclistes et aux piétons. Il n’est toutefois pas toujours possible de déterminer la part des ressources affectée à chaque mode de transport. Inversement, les chiffres concernant les chemins de fer incluent les dépenses liées aux parkings mis à disposition par la SNCB.

Le scénario « maximum » reste insuffisant

Transport & Mobility Leuven a entre autres chiffré l’impact d’un scénario consistant en la suppression de la voiture salaire et du diesel professionnel et en l’introduction d’une taxe kilométrique intelligente pour les véhicules particuliers et les camionnettes. La moitié des recettes résultant de ces mesures serait alors utilisée pour encourager l’usage des transports publics et les modes actifs, mais même ce scénario (qui semble pour l’heure politiquement très ambitieux) ne permettrait pas au secteur du transport belge d’atteindre les objectifs européens. Dans ce cas de figure, les émissions de CO2 générées par ce secteur baisseraient de 20 % d’ici 2030. Les modes de transport n’ont nullement contribué aux réductions de CO2 enregistrées dans différents secteurs au cours des quinze dernières années. Au contraire : durant cette période, les émissions causées par le trafic n’ont cessé d’augmenter.

Publié 11-04-2019

  59