Une toolbox de déconfinement pour les entreprises

Étant donné que les statistiques nationales relatives aux contaminations par le COVID-19 et aux décès y afférents montrent une évolution favorable, il est très probable que plusieurs secteurs pourront redémarrer progressivement leurs activités après le 3 mai – date de fin prévue pour le confinement actuel. Ce redémarrage devra cependant aller de pair avec un respect minutieux des indispensables mesures de précaution.

Tous les secteurs (lisez : les partenaires sociaux de chaque secteur) doivent élaborer des protocoles qui décrivent les mesures à prendre dans les entreprises pour assurer un retour au travail sûr. À travers cette approche, les responsables politiques veulent dissiper l’inquiétude qui règne parmi les travailleurs et désamorcer les conflits sociaux potentiels. La ministre fédérale de l’Emploi Nathalie Muylle entend créer de la sorte une large adhésion, tant chez les employeurs que chez les travailleurs.
Chaque entreprise est tenue de préparer un guide détaillant les mesures d’hygiène applicables sur le lieu de travail et dans le cadre de déplacements. Pour élaborer ce guide, les employeurs peuvent s’appuyer sur une toolbox générique conçue par l’Economic Risk Management Group (ERMG) à la demande du GEES (Groupe d’Experts en charge de l’Exit Strategy).
Cette toolbox est un répertoire de mesures pratiques que les entreprises peuvent adopter pour organiser le travail de manière sûre. Cet outil est affiné par le Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail, un organe de concertation sociale dont la mission est de veiller à la sécurité des conditions de travail. Une fois que les directives générales auront été validées, les organisations sectorielles rédigeront un guide spécifique. Les guides sectoriels validés seront ensuite adressés aux entreprises, qui élaboreront à leur tour un guide Corona adapté à leur situation.

(photo: Unsplash - Danielle Cerullo) 

Quelles sont les mesures prévues dans la « toolbox Corona » ?
  • Il est recommandé de créer une équipe CoronaSafe dans chaque entreprise – une première mesure fondamentale pour offrir un lieu de travail sûr. Pour les petites entreprises (moins de dix travailleurs), il suffit de désigner un responsable CoronaSafe. Dans les grandes et moyennes entreprises, l’objectif est de désigner comme responsable un collaborateur expérimenté qui assurera une coordination sans heurts entre la direction, le responsable de la prévention, le médecin du travail et tous les départements concernés, sur la base d’une planification claire.
  • La communication interne joue un rôle crucial à cet égard. Lors du redémarrage de l’activité, certains collaborateurs se demanderont probablement s’ils peuvent reprendre le travail dans des conditions de sécurité suffisantes. Prenez donc le temps de donner des informations claires et transparentes, en avançant des arguments pertinents qui démontrent l’importance de reprendre le travail dans l’entreprise – aussi bien d’un point de vue individuel que collectif. Définissez un plan de communication bien structuré, sur lequel vous pourrez vous appuyer. Prévoyez des briefings réguliers avec le personnel et répétez certaines instructions si cela s’avère nécessaire. L’installation de panneaux d’information pour les clients et les fournisseurs s’intègre également dans une bonne stratégie de communication.
  • Il est recommandé aux moyennes (entre dix et cinquante travailleurs) et grandes entreprises (plus de cinquante travailleurs) d’établir un plan d’approche basé sur un plan de gestion des risques. Quelles sont les situations susceptibles de se présenter ? Quelles sont les mesures préventives qui peuvent être mises en place ? Comment veiller à leur application ? Peut-on intervenir rapidement afin de rectifier des erreurs ?
  • Cette approche implique aussi de repenser les activités de l’entreprise en prêtant une attention particulière aux points suivants : est-il possible de travailler en plus petites équipes ou par roulement d’équipes ? Les horaires de travail peuvent-ils être étalés (encore plus qu’auparavant) ? Dans quelle mesure peut-on assurer un déploiement structurel du télétravail au sein des départements ? Comment exploiter au mieux les avantages des nouvelles technologies de communication ? Des restrictions de voyage et de déplacement sont-elles possibles ?
  • Il est primordial de continuer à respecter les mesures préventives de base entrées en vigueur au début du confinement : la distanciation sociale entre les travailleurs (mais aussi les clients, les fournisseurs…) est-elle suffisamment appliquée ? Qu’en est-il du nettoyage et de la désinfection des mains ? Les équipements de protection disponibles sont-ils suffisamment et correctement portés ? Enfin, si cette disposition s’applique à l’entreprise, le télétravail est-il adopté au maximum ?
  • Prévoyez un pack de base personnel pour chaque collaborateur. Vous les encouragerez ainsi à respecter scrupuleusement les mesures d’hygiène au travail. Ce pack peut inclure une feuille de directives, du gel désinfectant pour les mains, une paire de gants jetables et un masque. La mise en place d’un point de contact interne au sein du service de prévention aide aussi les collaborateurs à demander des équipements de protection supplémentaires s’ils en besoin.
  • Le plan de circulation est un instrument essentiel pour faire appliquer la distanciation sociale sur le lieu de travail. Ce plan vise à éviter le plus possible que des personnes ne se croisent lorsqu’elles se déplacent, tant à l’intérieur du bâtiment qu’à l’extérieur. Il doit évidemment s’accompagner des instructions à respecter pour chaque situation : accès aux espaces de travail pour les collaborateurs venant du parking, accès aux lignes de production et aux postes de travail (spécifiques), au coin café ou au fumoir, etc. Des marquages au sol peuvent également orienter les collaborateurs et les visiteurs dans la bonne direction.
  • Sur le lieu de travail, des compartiments distincts séparés par des cloisons en plexiglas deviendront (ou devront devenir) monnaie courante. De nouvelles règles s’appliqueront aux flux entrants et sortants – on peut par exemple installer des vestiaires « éphémères » où un nombre maximal de personnes seront admises en même temps. Il faut repenser les comptoirs d’accueil et halls d’entrée, en prévoyant la mise à disposition de moyens de protection pour les clients et les fournisseurs.
  • Il faut également réorganiser les pauses (de midi), en veillant entre autres à les étaler et en limitant le nombre de personnes présentes par période de pause. L’utilisation des distributeurs automatiques est autorisée à condition que les touches de commande soient désinfectées systématiquement. Dans les pièces où l’on peut s’asseoir et dans le restaurant d’entreprise, il faut respecter une distance minimale d’un mètre et demi.
  • Des opérations de nettoyage supplémentaires seront assurées par une société spécialisée afin d’améliorer la protection contre une éventuelle contamination. Le nettoyage des bureaux, des équipements de bureau, des tables, des distributeurs automatiques, des interrupteurs et des boutons d’ascenseur, des sanitaires, des poignées de porte, des vestiaires… exige une attention particulière.
  • En ce qui concerne l’organisation des déplacements domicile-travail, la distanciation sociale sera plus importante que jamais. Dans les autobus, le nombre de places assises doit être limité ; l’entrée et la sortie doivent être séparées. Les véhicules utilitaires offriront eux aussi moins de places assises. Si la mise en application de ces règles s’avère irréalisable, vous devez en tant qu’employeur prévoir un moyen de transport individuel pour votre personnel.
  • Les grandes entreprises (plus de cinquante travailleurs) doivent définir des instructions spécifiques pour les fournisseurs et sous-traitants. Ces directives s’appliquent à la distanciation sociale, au plan de circulation, au nettoyage et à la désinfection (vous pouvez fournir en parallèle un pack de base contenant des produits désinfectants), à l’utilisation de la salle des repas à midi et des sanitaires, etc. Dans le cadre de travaux effectués chez le client (sans qu’il y ait de contact avec le client), les moyennes entreprises peuvent donner à leurs travailleurs des instructions concernant l’organisation du travail, le plan de circulation, l’organisation des pauses et du lunch (par exemple, manger à l’extérieur à midi plutôt que dans l’abri de chantier), le nettoyage et la désinfection, ou encore les déplacements domicile-travail. S’il est prévu que des collaborateurs aient des contacts avec le client – parce qu’ils travaillent chez des particuliers ou dans des magasins, par exemple –, ils peuvent demander au client s’il a été en contact avec des personnes qui présentaient des symptômes du coronavirus. Ils peuvent également demander au client de veiller à ce que le lieu de travail soit facilement accessible et propre. Dans le moindre doute, il est conseillé de ne pas aller travailler chez le client.

https://emploi.belgique.be/fr/actualites/guide-generique-nouvelle-version-checklist-et-affiche-pour-le-lieu-de-travail

Auteur: Geert Van Cauwenberge

Publié 12-05-2020

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