Sécurité

100 faux malades « coincés » chaque jour

L’an dernier, 310 000 salariés et fonctionnaires en congé de maladie ont reçu la visite d’un contrôleur. Au total, 21 400 d’entre eux ont été renvoyés anticipativement au travail, comme le révèle un sondage effectué auprès des cinq plus gros organismes de contrôle.

Il s’agit souvent de contrôles ciblés, lorsque l’employeur suspecte le malade de prétexter une maladie imaginaire afin de pouvoir rester chez lui. Selon les médecins-contrôles, les généralistes octroient trop facilement des certificats et prescrivent un repos trop long à leurs patients. Les chiffres de l’Ordre des médecins révèlent qu’en 2015, sept praticiens ont été suspendus pour avoir délivré de faux certificats. Par ailleurs, 11 docteurs ont reçu un blâme et 7 un avertissement. En revanche, ces chiffres ne disent rien des personnes qui feignent une maladie ou restent trop longtemps chez elles. Or, cela arrive souvent, comme il ressort d’une enquête de De Tijd.

Il est apparu qu’un malade sur quinze contrôlés était déjà guéri, ne souffrait d’aucune pathologie réelle ou avait obtenu un congé de maladie plus long que ne l’exigeait son état de santé — soit une centaine de faux malades par jour ouvrable. Il n’est pas rare non plus que les médecins-contrôles se heurtent à une porte close. Chez Securex, le médecin ne parvient pas à voir le malade dans 15 % des cas. Chez Mediwe, ce chiffre grimpe même à 18 %, ce qui est hautement suspect dès lors qu’un employeur peut exiger que ses travailleurs malades restent confinés chez eux quatre heures par jour — une obligation que les syndicats qualifient de « bracelet de surveillance médicale ».

Les travailleurs peuvent interpréter la visite d’un médecin-contrôle comme une motion de défiance de la part de leur employeur. Une perception infondée, selon Pieter Lauwers : « Quand un employeur procède à des contrôles sur la base de critères objectifs identiques pour tout le monde, personne n’a de raison de se sentir visé. Mieux même : les médecins-contrôles évitent que les gens tentent de profiter du système. C’est à l’avantage des collègues non malades qui, à défaut, devraient assumer un travail dont ils ne devraient en réalité pas se charger. Et c’est tout bénéfice pour les vrais malades aussi, qui peuvent alors dire qu’ils sont réellement en incapacité de travail. »

Mais il est également important de mettre en place des mesures préventives. Les médecins-contrôles, aussi nombreux soient-ils, ne résoudront jamais le problème de fond, déclare Eduard De Decker.


De Tijd, Controleurs sturen 21.000 zieken terug naar het werk, 21 mai 2016

Publié 27-05-2016

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