50 ans de Co-Prev : un regard sur l'avenir du bien-être au travail

Co-Prev fête ses 50 ans et les services externes de prévention au travail célèbrent leurs 20 ans. À l’occasion de ces deux jubilés, l’organisation a mis en place une conférence anniversaire pour les services externes. Les différents intervenants, sur base de leur expertise, ont abordé l’avenir du bien-être au travail.

Co-Prev a été fondée en 1968, alors sous le nom de Vagedi-Asmetra. Au fil des ans, l'organisation des services de médecine du travail a été témoin de changements importants, tels que l'introduction de la loi bien-être en 1996 et la publication de l’arrêté royal sur les services externes en 1998. Aujourd'hui, ils se concentrent principalement sur l'influence de l'informatisation sur le bien-être au travail.

Nécessite de collaboration

Le ministre de l’Emploi, Kris Peeters, a été le premier orateur de la cérémonie d'anniversaire. Son exposé concernait la faisabilité du travail. Il a souligné l'importance de la coopération entre les services externes et le gouvernement pour faire face à l'évolution technologique, au vieillissement de la population et au nombre élevé de personnes souffrant de maladies de longue durée.

Le digital est la nouvelle langue maternelle

Fons Leroy, directeur général du VDAB, a souligné le besoin de compétences numériques pour répondre à l'évolution du marché du travail : « D'ici 2030, nous devrons recycler environ 300 000 travailleurs ».

Mais la numérisation offre également des avantages. Grâce aux nouveaux développements numériques, il est plus facile de créer un travail sur mesure. Cela favorise la réintégration et permet d'anticiper les risques liés au travail, tels que l'utilisation de robots et de drones pour des activités dangereuses.

Un burnout n’est pas l’autre

La charge de travail élevée d’aujourd’hui est un facteur de risque psychosocial de taille.

Elfi Baillien, professeure à la faculté d'économie et de sciences de l'entreprise de la KU Leuven, a partagé ses réflexions issues de la recherche scientifique et de son expérience pratique :
  • Les burnout sont plus fréquents dans certains secteurs que dans d'autres. La police, les psychologues, les infirmières, les journalistes et les enseignants, entre autres, appartiennent aux groupes à risque.
  • De plus en plus de comportements sexuels indésirables sont à l'ordre du jour. On estime qu'au moins 50% des travailleurs ont déjà été victimes d'un comportement sexuellement indésirable au travail.
  • Ici aussi, la numérisation peut être à la fois un ami et un ennemi. La connectivité continue peut engendrer du stress. De plus, la cyberintimidation est beaucoup moins visible. Et qu'en est-il des interactions sociales lorsque des robots prennent en charge une partie du travail ? Baillien recommande de garder la charge cognitive sous le contrôle des outils numériques. La communication face à face entre les travailleurs et la line hiérarchique reste essentielle.
Les problèmes psychosociaux peuvent causer de graves préjudices aux travailleurs et conduire à une absence de longue durée. Baillien appelle les employeurs à se concentrer sur la prévention primaire en créant un climat de sécurité psychosociale sur le lieu de travail. Une coopération étroite entre les services de prévention, les ressources humaines et la ligne hiérarchique est une base indispensable.

Les employeurs doivent être conscients que la réalité subjective est au cœur de la prévention des troubles psychosociaux. Là où se trouve la limite et quand elle est dépassée, est différent pour tout le monde. Une approche sur mesure est nécessaire.

L’influence de la « Gyg Economy »

François Perl, du Riziv, a parlé de la nouvelle tendance sur le marché du travail à travailler de plus en plus avec des contrats temporaires et des flexi-jobs, ou encore appelé « la Gyg Economy ». Pour assurer le bien-être des travailleurs dans cette nouvelle façon de travailler, la nécessité de modifier en profondeur le système de sécurité sociale, de sorte que la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles devienne encore plus importante, et nous sommes confrontés aux défis suivants, selon Perl :
  • Faire des prévisions sur les absences à long terme en fonction des facteurs de risque.
  • Utiliser de l'intelligence artificielle dans les évaluations médicales.
  • Créer une politique de réintégration pérenne grâce à une meilleure gestion de l'incapacité et à un travail sur mesure.

L'avenir commence dans le présent

Geert De Smet, directeur de Co-Prev, a souligné les thèmes suivants comme facteurs clés pour une approche de prévention tournée vers l'avenir :
  • Moderniser fondamentalement la surveillance de la santé.
  • Adopter une formation et des conditions orientées vers l’avenir pour les conseillers en prévention, par exemple les conseillers en prévention de niveau 2 auprès des services externes.
  • Mettre davantage l'accent sur la promotion de la santé, la prévention du burnout et une élaboration efficace d'un travail réalisable et de la politique de réintégration.

Vous pouvez consulter l’afermovie du congrès anniversaire à cette adresse (en néerlandais)

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Publié 18-10-2018

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