Au travail : pandémie et prévention

Le déconfinement confrontera les lieux de travail à de nouveaux défis de prévention. Un guide international évalue des mesures pour prévenir et contrôler le risque de contagion par le COVID-19 au travail, ainsi que les risques psychosociaux, ergonomiques et autres liés à la pandémie.

Une « deuxième vague de propagation du virus » pourrait déferler « si les mesures de protection suffisantes ne sont pas prises pour le personnel qui reprend le travail ». C’est l’Organisation internationale du Travail qui lance ce sombre avertissement. L’agence onusienne a sorti un nouveau rapport détaillé le 28 avril – la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail. Il a également édité une check-list en 30 points.
Il y va notamment de :
Distanciation physique. « Par exemple : évaluer le risque d’interactions entre les travailleurs, les sous-traitants, les clients et les visiteurs et mettre en œuvre des mesures pour l’atténuer ; organiser le travail de façon à permettre la distanciation physique entre les personnes ; dans la mesure du possible, remplacer les rencontres en face à face par des appels téléphoniques, des courriels ou des réunions virtuelles ; aménager les horaires de travail pour éviter les fortes concentrations de travailleurs dans les bâtiments. »
Hygiène. « Par exemple : prévoir du désinfectant pour les mains, notamment des solutions hydroalcooliques, et des lieux faciles d’accès pour le lavage des mains au savon et à l’eau ; promouvoir une culture du lavage des mains ; promouvoir une bonne hygiène respiratoire sur le lieu de travail (par exemple tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir à usage unique). »
Nettoyage. « Par exemple : promouvoir le nettoyage régulier avec un désinfectant des surfaces des bureaux et des postes de travail, des poignées de porte, des téléphones, des claviers et des objets nécessaires au travail et désinfecter régulièrement les zones communes telles que les salles de repos. »
Formation et communication. « Par exemple : former les dirigeants, les travailleurs et leurs représentants aux mesures adoptées pour prévenir le risque d’exposition au virus et aux démarches à suivre en cas d’infection par le virus ; former à une utilisation, un entretien et une élimination corrects de l’équipement de protection individuelle ; communiquer régulièrement avec les travailleurs pour les tenir informés de la situation sur le lieu de travail, dans la région ou dans le pays ; informer les travailleurs sur leur droit de retrait d’une situation de travail présentant un péril grave et imminent pour leur vie ou leur santé, conformément aux procédures établies, et leur devoir de signaler immédiatement cette situation à leur supérieur hiérarchique direct. »
Équipements de protection individuelle (EPI). « Quand cela est nécessaire, fournir des EPI adéquats ainsi que des poubelles fermées en vue d’une élimination hygiénique. »
Réponse. « Par exemple : conformément aux directives des autorités locales, encourager les travailleurs présentant des symptômes évoquant le COVID-19 à ne pas se rendre sur le lieu de travail et élargir l’accès aux congés maladie rémunérés, à des prestations maladie et à des congés pour les parents/les aidants et informer tous les travailleurs ; organiser l’isolement de toute personne qui développe des symptômes du COVID-19 sur le lieu de travail, dans l’attente de son transfert vers un établissement de santé approprié ; désinfecter le lieu de travail de manière adéquate ; assurer la surveillance sanitaire des personnes qui ont été en contact étroit avec le travailleur infecté. »

Le rapport traite aussi des aspects psychologiques, dont le risque accru de stress et de harcèlement.
Et il souligne l’importance d’une bonne prévention professionnelle en cas de travail à domicile. Pour le télétravail, il faut un équipement ergonomique, et on doit « fixer des limites entre l’activité professionnelle rémunérée et la vie
personnelle ». Dans la situation actuelle, il devrait « être possible d’adapter les cibles de performances, d’aménager ou de réduire les horaires de travail ou de prévoir des dispositions spécifiques en matière de congé pour les télétravailleurs qui doivent s’occuper de leur famille et assurer l’école à domicile ».
Pour l’OIT, les chargés de la prévention professionnelle se trouvent face à une tâche difficile mais cruciale. « Pendant une flambée, les praticiens de la sécurité et santé au travail jouent un rôle clé en facilitant l’accès des travailleurs et des cadres dirigeants à une information fiable pour favoriser la compréhension de la maladie, de ses symptômes et des mesures de prévention personnelles (étiquette respiratoire, lavage des mains, auto-isolement des personnes malades, etc.). » Ces praticiens « devraient aider les employeurs à effectuer l’évaluation des risques (identification des dangers infectieux et non infectieux et évaluation des risques associés ; adoption de mesures de prévention et de contrôle; suivi et examen); et à élaborer ou mettre à jour des plans de prévention, d’endiguement, d’atténuation et de redressement. »
Au Québec, une nouvelle « trousse COVID-19 » pour les employeurs et travailleurs contient entre autres une série d’aide-mémoires. S’adressant à tous les secteurs, les outils dans la trousse sont évolutifs. Il y a aussi des outils supplémentaires pour le secteur manufacturier, le commerce de détail et la construction. La trousse est téléchargeable, en français, sur le site de la commission de prévention québécoise CNESST. Bientôt, elle sera également disponible en application mobile évolutive sur Google Play et dans l’App Store.
Sources :
Face à une pandémie : assurer la sécurité et la santé au travail, OIT, 28 avril 2020.
Prévention et limitation de la propagation du COVID-19 au travail : check-list des mesures à prendre, OIT, 9 avril 2020.
Trousse COVID-19, CNESST.
 

Auteur: Ian Graham

Publié 04-05-2020

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