Bien-être au travail : quel est le style de management idéal ?

Une équipe de recherche de la VUB et de l’UCL a rédigé un rapport sur l’impact des différents styles de management sur le bien-être au travail. La recherche a été menée de 2018 à 2020 pour le compte de la Direction de la recherche sur l’amélioration des conditions de travail (DIRACT, division du SPF ETCS). En voici les principales conclusions.

Cette recherche s’inscrivait dans le cadre de la lutte contre le burn-out menée par le SPF ETCS en collaboration avec le SPF Santé publique. Dans cette recherche qualitative, les différents styles de management ont été analysés et mis en lien avec les formations en management dispensées en Belgique.

Objectif de la recherche

L’objectif de cette recherche est de comprendre comment les différents styles de management influencent le bien-être au travail. Une comparaison a ensuite été établie entre les styles de management pratiqués et les styles enseignés dans les écoles de management.

But final : formuler des recommandations pour que les styles de management pratiqués et enseignés soient plus respectueux du bien-être au travail.

Approche et conclusions

Le groupe de recherche fait une distinction entre le management humain (orienté vers les « personnes ») et le management orienté résultat (« activité »).

Personnes : le responsable veille à répondre aux besoins et ambitions de ses collaborateurs. Il les implique personnellement, leur fait confiance et a du respect pour ses collaborateurs et leur travail. Cette approche est souvent qualifiée de ‘people management’.

Activité : le responsable veille à la planification, à l’organisation et au contrôle du travail du groupe. On parle plutôt ici de ‘management technique’.
La combinaison de ces deux axes a permis de mettre en évidence cinq idéaux-types de styles de management (voir schéma ci-dessous).

Style autocratique : centré exclusivement sur les résultats

Style social ou paternaliste : centré exclusivement sur les personnes

Style médian ou collégial : centré modérément sur l’activité et sur les personnes

Style anémique : faiblement investi sur les deux axes

Style démocratique : très investi sur les deux axes

Sur la base de ce cadre théorique, des groupes de réflexion ont été organisés avec des managers d’une part et une discussion a été amorcée avec des représentants des différentes formations en management du pays, d’autre part.



Conclusions

En Belgique, les styles de management pratiqués sont davantage centrés sur « l’activité » (= les résultats) que sur les « personnes » (= les individus et les équipes).
Un secteur n’est pas l’autre. Les banques et l’IT adoptent un style de management davantage axé sur la dimension « personnes », alors que l’industrie pharmaceutique et la construction donnent la priorité aux résultats.
Les formations en management semblent principalement axées sur la dimension « activité » (apprendre à planifier, organiser et contrôler) et se focalisent moins sur la dimension « personnes » (apprendre à tenir compte des besoins et ambitions des collaborateurs).

La dimension « personnes » gagne toutefois en importance dans les formations en management. Des modules sur la connaissance de soi (personnalité) ont ainsi été récemment intégrés à ces formations.
Les groupes de réflexion montrent un souhait partagé d’évoluer vers un management davantage orienté sur l’accompagnement des personnes et l’animation des équipes, dans un style plus collégial. Le style idéal est le « style de management démocratique ».

C’est pourquoi certains managers suivent une formation continue dans le domaine de la gestion des personnes. Ces formations « exécutives » sont davantage centrées sur l’accompagnement et le développement des personnes, mais elles permettent aussi aux managers d’apprendre à informer, coordonner, susciter la collaboration, développer les talents et donner du feed-back.
Le principal constat est le suivant : ce sont les styles de management les plus orientés sur les personnes qui produisent les effets les plus positifs sur le bien-être au travail (les styles « collégial » et « démocratique » sont les plus souhaitables).

Recommandations

Dans la lignée des résultats obtenus, les chercheurs formulent les recommandations suivantes :

Au même titre que la dimension « activité », la dimension « personnes » doit être considérée comme faisant partie intégrante du rôle du manager. Le tout étant de trouver le juste milieu entre ces deux dimensions.
Le métier de « manager » doit être reconnu comme tel. Cela signifie que les tâches du manager doivent être intégrées dans les descriptions de fonction ou de rôle, que ces managers doivent être formés pour qu’ils puissent développer leurs connaissances, compétences et attitudes et être ensuite évalués. Cela requiert du temps. Il convient dès lors d’alléger d’autres activités (tâches plus techniques par ex.) jusqu’à ce qu’elles puissent être conjuguées avec le rôle de management.

Au niveau des formations en management, l’offre de cours sur la dimension « humaine » du travail doit être renforcée et développée :

  • clarifier les différents styles de management
  • privilégier une approche multidisciplinaire plutôt qu’une approche axée uniquement sur le management technique
  • élargir la « perspective du management » en accordant beaucoup d’attention aux aspects juridiques, psychologiques, médicaux et sociologiques dans les formations

Une synthèse de la recherche (PDF) est accessible sur le site web du SPF ETCS. Le rapport complet (PDF) peut aussi être consulté, mais ce document est une version alternant le néerlandais et le français.


Recherche concernant l’impact des styles de management sur le bien-être au travail
https://www.beswic.be/fr/actualites-et-evenements/recherche-concernant-limpact-des-styles-de-management-sur-le-bien-etre-au-travail

Recherche concernant l’impact des styles de management sur le bien-être au travail
https://emploi.belgique.be/fr/projets-de-recherche/2020-recherche-concernant-limpact-des-styles-de-management-sur-le-bien-etre-au

Publié 15-06-2020

Michiel Sermeus
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