Sécurité

Burn–out : un terme à la mode ?

D’après les chiffres de l’INAMI, 8.208 personnes exactement étaient en congé pour cause de burn-out à la fin de l’année dernière, soit nettement plus que les années précédentes. L’expert du travail Jan Denys estime cependant que le phénomène est encore bien trop souvent banalisé. Il pense que le mot « burn–out » est devenu un terme à la mode.
 
J. Denys : « Aujourd’hui, un simple coup de cafard est rapidement considéré comme un burn-out. J’ai même entendu quelqu’un dire qu’il avait eu un burn-out l’été dernier et que c’était même plutôt agréable. Entendre ce genre de propos n’est pas rare à l’heure actuelle. Cela n’aide pas les gens qui souffrent réellement de cette grave maladie. »
 
Tine Daeseleire, psychologue à The Human Link, partage l’avis de Jan Denys sur la question. Le terme « burn-out » est encore trop souvent utilisé sans que les gens ne connaissent sa véritable signification. Certaines personnes sont effectivement stressées et risquent de perdre pied, mais dans de nombreux cas, suivre un stage de gestion du stress suffit à les aider. Tine Daeseleire ajoute que cela peut être lié à la connotation du terme « burn-out ». Ce terme n’est en effet pas connoté comme, par exemple, le terme « dépression ». Un burn-out ne survient pas vraiment à cause de vous, mais bien à cause de votre environnement. Quand Tine Daeseleire reçoit un patient, elle lui fait d’abord remplir un questionnaire spécifique (l’échelle de Schaufeli) afin d’exclure la possibilité qu’il s’agisse d’une dépression.
 
Les médecins généralistes peuvent aussi poser le diagnostic. Maggie De Block (Open Vld, ministre de la Santé), qui tente de faire reconnaître le burn-out comme une maladie professionnelle, estime que les médecins généralistes sont capables de le faire. Ils doivent cependant envoyer le patient chez un spécialiste s’ils se sentent dépassés. Tine Daeseleire souligne que de nombreux malentendus entachent encore la collaboration avec les médecins généralistes. Ainsi, des médecins contrôleurs de compagnies d’assurances refusent le diagnostic parce que le patient ne présente pas de symptômes de dépression, alors que cela n’a rien à voir. Certains médecins ordonnent à leur patient de se reposer et de n’avoir aucun contact avec son environnement professionnel, alors que cela pourrait l’aider. D’après J. Denys, ce manque de connaissances entraîne une multiplication des diagnostics et complique parfois les choses pour les patients réellement atteints : « Comment pouvons-nous confronter les employeurs à ce problème s’il n’est pas clairement défini ? La formulation est plus difficile que le problème en soi. »
 
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Publié 11-10-2016

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