Sécurité

Comment concilier travail et Ramadan ?

L’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) a annoncé que le ramadan débutera le jeudi 17 mai à l’aube. Il prendra fin le 15 ou 16 juin prochain. Durant cette période, les musulmans pratiquants vont pratiquer le jeûne entre le lever et le coucher du soleil. Quel est l’impact sur le lieu de travail ? Comment gérer cette situation en entreprise ?
 
Durant cette période, les travailleurs qui pratiquent le Ramadan peuvent être plus fatigués et voir leur concentration diminuer. Bien que l’impact puisse être plus important pour les ouvriers que pour les employés en raison de la charge de travail physique plus importante, des mesures de prévention peuvent être adoptées pour tous.
 
En tant qu’employeur, vous n’êtes pas obligé de tenir compte de la période de jeûne, mais vous pouvez cependant adapter l’organisation du travail avec des mesures simples et temporaires afin d’améliorer les conditions de travail. Il est recommandé d’établir un dialogue entre le conseiller en prévention et les travailleurs concernés pour déterminer quelles sont les mesures les plus adéquates pour votre entreprise. N’hésitez pas également à y associer la Médecine du Travail pour obtenir des conseils personnalisés en fonction des risques dans votre entreprise.
 
Fréquemment, les entreprises ne prennent aucune mesure car des adaptations proposées aux uns et non aux autres risquent de provoquer des tensions. D’où l’importance du dialogue, d’un respect mutuel et d’une communication efficace entre tous les acteurs afin de diminuer les risques de ressentiments et de faire en sorte que chacun vive cette période au mieux.
1. Flexibilité dans les horaires
Si vous en avez la possibilité, vous pouvez proposer une adaptation des horaires ou offrir une flexibilité pour les temps de pause dans la journée de travail. Etant donné qu’ils ne prennent pas de repas, les travailleurs n’ont pas tous besoin d’une longue pause à la mi-journée. La réduction du temps de pause à midi peut permettre aux travailleurs d’effectuer plusieurs petites pauses dans la journée ou de terminer la journée de travail plus tôt. Vous pouvez également offrir la possibilité à vos travailleurs de débuter le travail plus tôt lorsqu’ils ont plus d’énergie.
2. Répartition du travail
Pour diminuer le risque d’accident, il peut être judicieux de programmer la réalisation de certaines tâches à risque en prenant en compte les éléments ci-après.
  • Préférez une réalisation des gros travaux, des tâches physiquement lourdes ou demandant beaucoup de concentration en début de journée ou en dehors de la période du Ramadan si c’est possible.
  • Essayer de réduire au maximum les tâches à effectuer dans la chaleur ou prenez des précautions supplémentaires pour éviter la déshydratation.
  • Veillez à ce que les travailleurs qui jeûnent travaillent toujours au sein d’équipes de personnes qui ne font pas le Ramadan. Vous éviterez ainsi des situations dangereuses ou des erreurs susceptibles de se produire durant le jeûne.
3. Mise à disposition d’un local adapté
Si les travailleurs pratiquant le Ramadan en ressentent le besoin, un local où personne ne mange et ne boit peut être mis à leur disposition.
Santé : quelques mesures
Edelhart Kempeneers analyse le Ramadan avec une perspective de médecin du travail et pointe les points d’attention suivants :
  • Risques de déshydratation : les personnes qui exécutent des travaux lourds en extérieur risquent durant cette période d’être déshydratées. Strictement parlant, ils peuvent être dispensés de jeûne si cela constitue une menace pour la santé.
  • Chez les médecins du travail et chez bon nombre de musulmans, une incertitude existe quant aux injections : les prises de sang ne posent pas de problème. Les vaccinations seraient également autorisées. Si l’injection n’a pas de valeur nutritive, elle est autorisée durant le Ramadan. Mais quelques imams soutiennent que le liquide est nutritif. Dans ce cas, les injections doivent être effectuées seulement entre le coucher et le lever du soleil.
  • Le test cutané pour détecter la tuberculose, qui est un test intradermique pour voir si quelqu’un réagit aux protéines de la tuberculose, se déroule à travers la peau. Il ne donne donc aucune valeur nutritionnelle au corps et est, par conséquent, bien autorisé durant le Ramadan.
Diabète
L’association néerlandaise pour la médecine du travail (NVAB) avertit chaque année au sujet de la combinaison Ramadan – diabètes. Les médecins du travail estiment que les travailleurs victimes de diabètes ne devraient pas être actifs durant la période de jeûne. Ils courent notamment un risque accru de perturbation et/ou d’aggravation de complications existantes. Bien que la participation au Ramadan est une obligation religieuse, les diabètes peuvent être une raison légitime d’exemption.
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Publié 05-06-2018

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