Comment effectuer une analyse des risques COVID-19 ?

Le coronavirus est un danger qui ne circule que depuis quelques mois en Belgique, mais qui a très vite montré les différents risques qu’il engendre sur le lieu de travail. De nombreux conseillers en prévention se demandent comment ils doivent en tenir compte dans l’analyse des risques. Voici quelques premiers éléments d’une approche pragmatique.

Tout d’abord, il convient de déterminer si le coronavirus représente ou non un risque propre à l’entreprise.
Risque spécifique à l’entreprise
Dans certains secteurs et métiers, le coronavirus constitue un risque qui modifie les circonstances de travail, mais qui influence aussi les risques spécifiques à l’entreprise. Les institutions de soin (hôpitaux, MRS...) et les services de secours (police, ambulances) peuvent voir leur fonctionnement fortement perturbé en raison du coronavirus. La probabilité que ces travailleurs soient infectés, avec les graves perturbations que cela suppose pour le fonctionnement de leur entreprise, est bien plus élevée que pour le travail de bureau.
Dans ces métiers essentiels, une analyse des risques est indispensable. Il convient de réfléchir aux risques posés par le coronavirus (sous-effectif, fatigue du personnel...) et de prendre des mesures préventives. Ces dernières doivent aller de pair avec des mesures curatives (que faire quand un collaborateur est infecté ?).
Cette tâche n'est pas insurmontable, vu que ces entreprises étaient déjà exposées à des risques similaires avant le coronavirus (maladies contagieuses, SIDA, hépatite...) et disposent donc déjà d’analyses de risques.
Deux remarques importantes à cet égard : l’inventaire et l’évaluation des risques (IER) doivent se faire à trois niveaux :
  • au niveau de l’organisation dans son ensemble ;
  • au niveau des postes de travail/fonctions ;
  • au niveau de l’individu.

Indépendamment des nouveaux dangers et risques, il ne faut pas oublier que l’IER est une donnée permanente et dynamique dans une entreprise. En d’autres termes, les analyses de risques doivent être régulièrement adaptées en fonction de l’évolution des circonstances. On préconise généralement une révision tous les cinq ans, mais naturellement, tout dépend de l’évolution des circonstances de travail.


Risque non spécifique à l’entreprise

Dans la plupart des secteurs, le coronavirus a peu d’impact sur les risques spécifiques à l’entreprise. Il entraîne certes certains changements (augmentation du télétravail...), mais leur influence sur les risques d’entreprise est faible, voire nulle.
Que faut-il faire même s’il ne doit pas être procédé à des analyses de risques ?
Tout d’abord, il s’agit de mettre les choses en perspective : nous vivons actuellement une pandémie mondiale. Dans ce cas précis, le gestionnaire de la crise, c’est le gouvernement. C’est lui qui décrète les mesures d’urgence, qu’il faut suivre tant dans la sphère privée qu’au travail.
En ce sens, il n’est tout simplement pas nécessaire d’analyser les risques dans l’entreprise si le coronavirus ne comporte aucun risque spécifique à l’entreprise.
Ces mesures d’urgence ne sont pas toujours agréables à suivre et peuvent même parfois nuire au bien-être au travail. Par exemple, tout le monde n’aime pas travailler à domicile, ou certains locaux, lorsque les fenêtres sont ouvertes, deviennent trop bruyants et humides.
Ces entreprises doivent donc respecter les prescriptions du Guide générique pour lutter contre la propagation du COVID-19 au travail, ainsi que les guides sectoriels mentionnés sur la même page. Commencez par consulter ces guides et choisir les informations qui s’appliquent à votre cas. Ensuite, appliquez ces mesures de manière pragmatique.
Les fédérations sectorielles publient également des listes de contrôle sur papier qui peuvent vous aider à contrôler votre conformité.
Qu’en est-il du télétravail ?

Pour tous les employés de bureau, en période de forte propagation du virus, le télétravail ou travail à domicile est devenu la norme. Les processus d’entreprise peuvent en être perturbés, ce qui justifie une analyse des risques. Celle-ci peut être effectuée au niveau de l’organisation (manière dont cette situation sera gérée dans l’organisation) ou au niveau des différentes fonctions administratives concernées par le télétravail.
Faut-il malgré tout procéder à une analyse des risques ?
Certaines entreprises préfèrent disposer d’un maximum d’informations et d’analyses de risques sur papier afin de s’assurer de ne courir aucun risque ou parce que cela leur a été demandé par un organisme d’accréditation.
Dans ce cas, une approche cohérente est de mise, ce qui signifie qu’il ne faut pas s’arrêter aux risques de contamination, mais analyser tous les risques similaires pour la santé, comme la grippe, voire le rhume.
Pour conclure sur une note rassurante pour celles et ceux qui sont toujours inquiets, ajoutons que le coronavirus présente peu de risque pour les travailleurs en bonne santé.
Cet article a été rédigé en collaboration avec Eric Van de Plas d’IBEVE (Instituut voor Bedrijfsveiligheid) et auteur pour senTRAL (voir aussi Covid 19 : comment reprendre l’organisation et le fonctionnement du SIPPT ?)
Plus d'informations sur senTRAL :
COVID-19 : analyse de risques en vue de la protection contre le coronavirus et d’autres virus contagieux
LMRA (analyse des risques de dernière minute) dans le cadre du COVID-19 : check-list en vue de la prévention de la contamination par le coronavirus

Auteur: Michiel Sermeus

Publié 12-10-2020

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