Comment prévenir et traiter les problèmes cutanés liés au port du masque ?

Depuis que le port du masque est une réalité quotidienne sur de nombreux lieux de travail, certains effets imprévus apparaissent. L’agence fédérale américaine pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) a publié un article de blog intéressant sur les irritations cutanées liées au port prolongé du masque et sur les solutions pour y remédier.

Dans certaines professions (infirmiers, secouristes...), le port occasionnel du masque pour se protéger des maladies infectieuses qui se transmettent dans l’air est une habitude. Mais en règle générale, ce masque est alors porté sur des périodes courtes et non régulières.
Dans le cadre de la crise sanitaire actuelle, la plupart des Belges sont obligés de porter un masque à certains moments. La peau doit dès lors également être protégée. Le port prolongé du masque accroît en effet le risque de problèmes cutanés et d’inconfort. Il a d’ailleurs été constaté que les masques jetables portés sur une longue période ininterrompue pouvaient eux aussi déclencher des éruptions et irritations cutanées.
Comment se déclenchent les éruptions cutanées ?
Plus le masque colle au visage, plus le risque d’irritation de la peau est élevé. Portés de manière prolongée, les masques filtrants ou les masques en tissu équipés d’un filtre à particules (les masques FFP) peuvent devenir un véritable supplice pour l’utilisateur et pour la peau.
Trois éléments sont en cause :

  • la pression : le masque doit être porté au plus près du visage, et donc exercer une certaine pression, pour éviter que l’utilisateur inhale des particules d’air contaminées ;
  • des frottements se produisent lors des mouvements normaux pendant le travail (mouvements de la tête ou du visage) ou tout simplement lorsque l’utilisateur respire et parle ;
  • l’humidité peut s’accumuler à l’intérieur du masque, par exemple en raison de la transpiration ou du souffle.

Ces trois causes se présentent souvent simultanément et peuvent provoquer toute une série de problèmes de peau : irritations, inconfort, dommages cutanés et dermatite.

Prévenir les irritations

Nous savons désormais comment se déclenchent les irritations cutanées lorsqu’on porte un masque, voyons à présent comment s’en prémunir et les traiter.
Tout commence par le choix du masque. Chaque visage étant différent, il existe plusieurs modèles et tailles de masques. N’hésitez d’ailleurs pas à utiliser les masques de différents fabricants/fournisseurs. Le masque doit offrir une bonne protection, mais doit aussi être suffisamment confortable pour éviter au maximum la pression et les frottements sur la peau. Le CDC conseille d’autoriser dans un premier temps l’utilisateur à tester le confort du masque pendant cinq minutes et de procéder ensuite au test d’ajustement (voir ci-dessous).
Lorsque vous achetez des masques, pensez au confort d’utilisation. Les masques équipés d’un bandeau permettent d’éviter les irritations derrière les oreilles tandis que les modèles avec des élastiques derrière les oreilles risquent justement d’irriter fortement la peau à cet endroit.
Dans un second temps, vous allez devoir former les utilisateurs au port correct du masque. Montrez-leur comment effectuer un test d’ajustement et un test d’étanchéité, mais aussi comment mettre et retirer le masque correctement. Les instructions du fabricant/fournisseur pourront vous y aider. Nous vous recommandons par exemple cette vidéo en anglais sur le site web du CDC dans laquelle il est expliqué comment mettre en place et retirer correctement (« donning and doffing ») un masque en tissu FFP ou un demi-masque et les tests d’ajustement et d’étanchéité sont décrits en détail.
Consultez attentivement la notice d’instructions du masque. Vous y trouverez souvent des informations sur la protection de l’épiderme. Les fabricants y spécifient par exemple que l’utilisateur ne doit surtout pas appliquer une crème épaisse ou une pommade (comme de la vaseline) sur son visage, au risque que le masque glisse (frottement !) et ne lui offre plus une protection efficace.
Certains fabricants précisent quels soins cutanés protecteurs peuvent/doivent être appliqués pour prévenir les dommages dus aux frottements et à l’humidité.
De manière plus générale, en tant qu’employeur, vous devez aussi veiller à ce que les utilisateurs de masques prennent bien soin d’eux, par exemple en leur proposant une alimentation suffisamment saine et une bonne hydratation. Des collaborateurs en bonne santé ont plus de chances d’avoir une peau en bonne santé.
Informez-les aussi sur la manière de prendre soin de leur visage. Par exemple, s’ils appliquent un soin hydratant, ils doivent le faire longtemps avant de mettre le masque afin que la peau ait eu le temps d’absorber le produit. En théorie, tout résidu (de maquillage, lotion, crème ou pommade) sur le visage est susceptible d’interférer avec l’ajustement et l’étanchéité du masque. Les collaborateurs risquent alors d’être exposés aux organismes pathogènes contre lesquels ils veulent justement se protéger.

Traitement des irritations cutanées

Malgré toutes les bonnes intentions et mesures de précaution, les masques peuvent irriter ou endommager la peau.
Le traitement d’une peau irritée consiste généralement à appliquer des crèmes ou pommades.
Mais il ne faut pas faire n’importe quoi (pensez aux interférences mentionnées ci-dessus). Aucun traitement de la peau ne peut compromettre la santé et la sécurité des utilisateurs de masque.
En cas de dommages cutanés (peau abîmée, déchirures), il faut surtout éviter l’apparition d’une infection. Dans ce cas, il est évidemment préférable que l’utilisateur s’abstienne de porter un masque pendant quelque temps, mais ce n’est pas toujours possible. Ici aussi, la santé et la sécurité du collaborateur restent primordiales.
Si le problème de peau est la conséquence d’une dermatite allergique, contrôlez la présence d’éventuels allergènes dans le masque. Mieux vaut éviter le latex dans les masques. Au moment de l’achat, privilégiez les masques biocompatibles, c’est-à-dire non nocifs pour le tissu organique.
Si le problème de peau est lié à une trop grande étanchéité, envisagez d’autres types de protection respiratoire. Optez par exemple pour des demi-masques réutilisables ou pour des masques qui ne sont pas en contact avec la peau autour du nez et de la bouche. L’épiderme pourra alors se régénérer, tandis que le collaborateur (irremplaçable) pourra continuer à faire son travail.
NIOSH Science Blog (CDC), “Skin Irritation from Prolonged Use of Tight-Fitting Respirators”
Plus d'informations sur senTRAL :
Protections respiratoires : équipements de protection individuelle
Toolbox - Protection des mains et de la peau
Les maladies de la peau
 


Auteur: Michiel Sermeus

Publié 28-08-2020

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