Coronavirus : comment les organisations peuvent-elles maîtriser une future pandémie grâce à un plan de continuité des activités ?

Le coronavirus n’est pas le premier ni le dernier virus pouvant faire de nombreux dégâts. Beaucoup de virus comme la grippe, le SRAS ou la grippe aviaire ont déjà été en circulation et d’autres leur succéderont. Les organisations doivent donc se préparer efficacement à une pandémie. Un plan de continuité des activités, que l’organisation peut mettre en œuvre (s’il est disponible) ou élaborer, fait partie des mesures importantes pour une bonne préparation.

Évaluez les mesures adoptées dans le cadre de la crise du coronavirus
Vérifiez si votre organisation a pris suffisamment de mesures pour maîtriser une épidémie comme le coronavirus. L’employeur doit veiller à ne pas mettre la santé des travailleurs en danger.
Contrôlez également si la hiérarchie en matière de prévention a été respectée. Une organisation doit prendre les mesures de prévention suivantes en concertation avec le médecin du travail, si elles sont disponibles :

  • lutte à la source grâce à la vaccination (lorsqu’un vaccin contre le coronavirus aura été développé dans quelques mois) ;
  • mesures d’hygiène et organisationnelles ;
  • antiviraux (déjà disponibles actuellement pour la grippe et dans quelques mois, des antiviraux seront également disponibles pour le coronavirus).
     


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Comment élaborer un plan de continuité des activités ?
Un plan de continuité des activités ou Business Continuity Plan (BCP) est un ensemble de mesures appliquées en cas de calamité (guerre, terrorisme, catastrophe naturelle, panne de courant ou pandémie) afin de garantir la continuité des activités de l’entreprise et limiter les dommages aux personnes ainsi qu’aux installations.
Un BCP peut aussi préciser à quel moment et comment une organisation doit être mise à l’arrêt. Dans le cadre d’une pandémie, le BCP visera principalement à maintenir les processus essentiels en cas de réduction importante du personnel.
Un BCP peut faire partie d’une politique de gestion des risques beaucoup plus vaste. À titre d’exemple, en plus d’un BCP visant à limiter l’impact d’une pandémie, les établissements bancaires pourraient avoir à disposition une série d’instruments financiers pour limiter les risques de leur portefeuille de placements.
L’État incite les entreprises, surtout si elles font partie de l’infrastructure vitale comme les établissements de soins, les sociétés de transport et les entreprises d’utilité publique, à élaborer un BCP en cas de pandémie. Les intérêts économiques restent au cœur de la gestion des risques au sein de l’entreprise (en particulier dans le cadre d’un BCP). Dans un BCP, la direction précise dans quels départements une partie des travailleurs doit absolument rester disponible sur place. Il s’agit ici d’un groupe bien défini de fonctions critiques, par exemple les opérateurs d’un haut fourneau ou d’une installation chimique. Ceci ne concerne généralement qu’un petit nombre de membres du personnel. Le médecin du travail peut conseiller le recours aux antiviraux et à la vaccination, s’ils sont disponibles (ce qui n’est pas encore le cas pour le coronavirus).
La composition d’une équipe de crise sera également définie dans le plan de continuité des activités (nom des participants, numéros de téléphone, etc.).
Contenu d’un BCP
Dressez l’inventaire des travailleurs essentiels et indispensables et faites-en une description claire. S’ils sont disponibles, des antiviraux sont administrés à ces travailleurs indispensables. Le plan de continuité des activités doit également prévoir qui doit être informé et à quel moment. Les outils d’information peuvent être conçus au préalable.
Inventoriez les activités indispensables à la fourniture des produits à vos clients et qui permettent à votre organisation de continuer à fonctionner en cas de pandémie de grippe.

Distinguez :
  • a. les activités qui ne peuvent pas être interrompues ;
  • b. les activités pouvant être interrompues pendant deux semaines ;
  • c. les activités pouvant être interrompues pendant neuf à douze semaines (durée d’une épidémie de grippe).

 
Répertoriez les besoins de l’entreprise pour a) les activités qui ne peuvent pas être interrompues, b) les activités pouvant être interrompues pendant deux semaines et c) les activités pouvant être interrompues pendant neuf à douze semaines (voir format 1) :
  • quelles personnes se chargent de ces activités ?
  • quelles sont les connaissances et informations nécessaires pour ces activités ?
  • quels systèmes et technologies des systèmes sont nécessaires pour ces activités ?
  • quels services de support (HRM, ICT...) doivent intervenir au sein de l’entreprise pour ces activités ?
  • de quels autres moyens (de production) devez-vous disposer dans votre entreprise pour ces activités (en interne) ?
  • de quelles ressources avez-vous besoin de la part des fournisseurs pour ces activités (en externe) ?

 
Vérifiez si vous pourriez, en cas de réduction du personnel de 10 %, 30 % et 50 % pendant une pandémie de grippe, continuer à exercer les activités, fournir les produits et offrir les services nécessaires. Faites l’inventaire des difficultés mises en évidence. Vérifiez auprès de vos fournisseurs s’ils peuvent continuer à livrer les produits et services dont vous avez besoin pendant une pandémie.
N’oubliez pas les produits et services de fournisseurs étrangers. Listez les conséquences possibles des mesures à l’étranger et évaluez l’impact sur la chaîne d’approvisionnement, en particulier pour vos principaux fournisseurs.

Crise du coronavirus : assurer la gestion de la continuité des activités avec les normes NBN EN ISO 22301 et NBN EN ISO 22313 (senTRAL)


Auteur: Jan Dillen

Publié 14-04-2020

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