Sécurité

Culture de la sécurité #3 - Les conditions pour une bonne culture de la sécurité

 
Dans ce troisième article consacré à l'enquête sur la culture de la sécurité, Gerd-Jan Frijters se penche sur le constat suivant: au total, 17 % des sondés disent ne pas se sentir à l’aise dans leur environnement de travail. Plus précisément, les ouvriers, les employés et les fonctionnaires se sentent beaucoup moins bien au travail que les cadres, les professionnels du secteur SSE et les indépendants.

L'enquête fait apparaître une corrélation entre ce constat et le niveau d'implication dans l'élaboration de la politique de sécurité. Gerd-Jan Frijters (fondateur et propriétaire du D&F Group B.V. et auteur de l'ouvrage Brainsafe) décrit donc les caractéristiques d'une culture de sécurité générative (basée sur le modèle Hearts & Minds de SHELL). Cette description vous permettra de vérifier en quelle mesure votre organisation répond ou non à ces critères.
 
 
Aborder les travailleurs de manière positive

Une culture de sécurité solide est une culture organisationnelle qui se soucie des travailleurs de façon positive, c'est-à-dire qui associe les personnes aux activités (de sécurité ou de bien-être) et qui leur donne l'espace nécessaire pour se développer en termes de sécurité. Cette approche crée une motivation pour la question de la sécurité, surtout si les hautes sphères de la direction font part d’une vision enthousiasmante de la sécurité et l'appliquent dans la pratique. C’est ce qu’on appelle une culture de la sécurité au niveau génératif.

Stimuler les comportements attentifs à la sécurité

Une organisation générative veille sans cesse à motiver les comportements attentifs à la sécurité. Il y règne une structure de communication ouverte, dont les caractéristiques fondamentales sont la confiance mutuelle, le respect et le souci sincère de l'autre. Les collaborateurs sont fiers des résultats de sécurité et ont envie d’apprendre et de continuer à s'améliorer. L’entreprise y parvient notamment en consultant ses collaborateurs, en appréciant leur contribution et en leur expliquant clairement pourquoi elle investit dans la sécurité.
Les programmes et les systèmes de sécurité, de santé, de bien-être et de bonheur, d'environnement, d'entreprenariat socialement responsable, de qualité, d'efficacité et d'innovation sont intégrés.
Tous les acteurs impliqués au sein et autour de l'organisation sont intrinsèquement motivés par l'amélioration des résultats de sécurité sans besoin de récompense financière. Toutes les couches de l'organisation sont profondément conscientes de l'effet positif de la sécurité sur des aspects tels que la santé, le bien-être, la qualité, la communication, l'ambiance de travail, et partant, sur la continuité de l'organisation. La sécurité est donc envisagée comme un processus essentiel et menée comme tel. Tous les collaborateurs se sentent responsables et se soucient sincèrement les uns des autres.

La sécurité à l'ordre du jour au quotidien


Des contacts entre collaborateurs au sujet de la sécurité ont lieu tous les jours. Les collaborateurs exécutants sont impliqués activement dans les activités de sécurité. La conscience de la sécurité est particulièrement élevée et l'attitude face aux activités de sécurité est positive. Les règles de sécurité ne sont pas – ou presque – imposées dans une logique hiérarchique. Au lieu de cela, les collaborateurs sont encouragés à nommer eux-mêmes les comportements prudents et imprudents et à agir en conséquence. Les opérations exécutées au quotidien le sont avec le plus haut degré de concentration et avec l’attention la plus complète pour la tâche effectuée. Cette approche est pleinement respectée de tous.

Tirer leçon des erreurs et les signaler

L’organisation permet de faire des erreurs, car celles-ci servent à apprendre: c’est ainsi qu’une organisation crée une culture ouverte permettant aux collaborateurs de parler de leurs erreurs, y compris quand elles sont sans conséquences. C’est le seul moyen d’apprendre de ses erreurs et d’éviter les conséquences graves.
L’organisation connait un flux continu de signalements de situations et de comportements dangereux. Pour encourager les collaborateurs dans ce processus, l'employeur doit s’assurer que les noms et les lieux soient dissociés des signalements. L'analyse de ces signalements est en effet axée sur le pourquoi, et non pas sur le qui, le quand ou le quoi. Le signaleur est remercié et reçoit régulièrement des informations sur le stade d'avancement des actions mises en place. La direction est personnellement impliquée dans les analyses. Chaque signalement est traité lors de la réunion de travail du lendemain. La sécurité est le premier point à l'ordre du jour de tout type de réunion de travail. La communication va dans les deux sens lors des réunions de travail.

Prévoir des formations et des ateliers

Des formations en sécurité, ou plutôt des ateliers interactifs axés spécifiquement sur la situation de travail concernée, ont lieu régulièrement. Les contributions des collaborateurs y sont encouragées et valorisées. Les formations sont axées sur les aspects technique, organisationnel et comportemental de la sécurité. Les nouveaux collaborateurs se voient attribuer un mentor et sont immergés de manière prolongée dans la culture de sécurité générative.

Un leadership conscient


La direction et les supérieurs directs sont bien conscients de leur fonction d'exemple, surtout en matière de sécurité. Ils sont présents sur le lieu de travail au quotidien, équipés – cela va de soi – des équipements de protection individuelle et dialoguent avec les collaborateurs au sujet de la sécurité. Le but est ici de donner un feedback positif au collaborateur. Le leadership s'exerce sous forme de coaching et se veut au service de l'exécution du travail.
Les supérieurs de première ligne ont le rôle le plus crucial dans cette culture de la sécurité, car ils ont une grande influence sur le comportement des collaborateurs. C'est pourquoi il importe que l'employeur sensibilise d'abord les supérieurs directs aux questions de sécurité avant de s'adresser aux travailleurs. A défaut, l'employeur court le risque que son message se perde. Il ou elle est conscient(e) de l'effet de sa communication sur les collaborateurs et connaît les psychologies qui sous-tendent les comportements. Le comportement souhaité est souligné au quotidien (par une attention positive et des compliments). Les collaborateurs se complimentent aussi entre eux pour leurs actions prudentes ou proactives. De la même manière, ils s'adressent la parole de manière positive en cas de comportement imprudent.

Ne travailler qu'en toute sécurité


Le travail est interrompu en cas de risque pour la sécurité. Tous les collaborateurs ont la possibilité et l'autorisation de prendre cette décision, et ils sont soutenus par les supérieurs et la direction. Dans cette organisation, les tâches exécutives en matière de sécurité sont réparties entre les collaborateurs présents sur le lieu de travail. Les responsabilités et les tâches à effectuer en matière de sécurité sont définies concrètement et spécifiquement pour tous les postes, du directeur jusqu’aux membres de l’équipe de nettoyage. Le coordinateur sécurité n'a qu'une fonction de conseil et d'encouragement à ce niveau.

La voix du travailleur compte

Les procédures et les manuels de sécurité sont concis, élaborés en concertation avec tous les travailleurs et connus de ceux-ci. Les informations contenues dans les manuels sont perçues de tous comme pertinentes, utiles et reconnaissables. Il existe un programme d'audit formel axé sur la sécurité technique, la gestion de la sécurité et les comportements. La direction révise le programme chaque année et l'améliore ainsi continuellement.
Les collaborateurs présents sur le lieu de travail sont associés de manière optimale à la réalisation d'analyses de risques, d'analyses d'incidents, de signalements, d'inspections, etc. Un programme d'inspection de la sécurité et d'observation des comportements est en place constamment. Tous les collaborateurs de l'organisation, y compris la direction et les supérieurs, y participent. La communication relative à la sécurité se fait sans encombre à travers toutes les couches de l'organisation. Toutes les activités liées à la sécurité visent l'amélioration quotidienne de l'organisation.
Pour plus d'informations sur la culture de la sécurité, consultez les ouvrages de Gerd-Jan Frijters Brainsafe® et "De Tafel van Ne9en" (en Néerlandais).

Déjà parus dans cette série

Le premier article pose la question de l’influence de l’implication sur le bien-être au travail. Mark Hoppenbrouwers y met en lumière l'importance de cette implication à l'aide d'exemples concrets. Lisez l'article #1 sur senTRAL.
Dans le deuxième article, Mark Hoppenbrouwers aborde le lien entre les contraintes de temps et la sécurité. Lisez l'article#2 sur senTRAL. 
  
Plus d'info sur senTRAL:
Culture de sécurité (Fiches thématiques) 
 
 

Publié 19-10-2015

  536