Des collaborateurs font un malaise suite à une intoxication au monoxyde de carbone (Pays-Bas)

Aux Pays-Bas, trois travailleurs ont été victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone après avoir utilisé un chariot élévateur à moteur à combustion au GPL dans un lieu de travail confiné. Arbo Online publie un compte rendu des faits et les enseignements qui en ont été tirés.


Incident

Dans une entreprise produisant du métal, quelques collaborateurs rangent un entrepôt et dressent l’inventaire des produits. L’espace de stockage mesure 40 mètres sur 30 et fait 6 mètres de haut. Pendant les mois d’hiver, les portes basculantes restent fermées pour que le froid ne rentre pas.
Trois collaborateurs techniques déplacent les marchandises avec un élévateur propulsé par un moteur à combustion fonctionnant au GPL et dépourvu de pot catalytique. Les portes de l’entrepôt sont restées fermées toute la journée alors que le chariot était en service.

À partir de la mi-journée, les collaborateurs commencent à souffrir de maux de tête et de vertiges. Ensuite, l’un d’eux se met à vomir. Ses collègues téléphonent aux services de secours, après quoi ils sont emmenés tous les trois à l’hôpital où les médecins constatent qu’ils présentent une intoxication au monoxyde de carbone.

Le service incendie mesure les valeurs dans l’entrepôt. Il s’avère que le monoxyde de carbone y est présent à un taux compris entre 48 et 86 mg/m³ alors que la valeur limite légale s’élève à 29 mg/m³.


Leçons retenues

Après audition des témoins, on peut tirer les leçons suivantes de cet incident :
  1. l’usage du chariot élévateur n’était pas conforme à sa notice d’utilisation. En effet, il y est dit que l’engin ne peut être employé que dans des espaces bien ventilés. Or, les collaborateurs ont utilisé le chariot toute la journée dans un lieu de travail qui était fermé, ce qui a permis aux gaz d’échappement nocifs de s’accumuler. Ces gaz peuvent entraîner une somnolence, des vertiges et, dans le pire des cas, la mort ;
  2. les équipements de travail à propulsion électrique sont souvent plus sûrs, moins bruyants et moins polluants. Il est fréquent que les locaux de production soient de toute façon déjà pollués par des vapeurs de soudage, des huiles et des agents nettoyants. De plus, un moteur à combustion fait davantage de bruit, ce qui entraîne divers risques sécuritaires et sanitaires ;
  3. la suie de diesel est cancérigène. C’est pourquoi un moteur à combustion au diesel ne peut s’employer à l’intérieur que s’il n’y a pas moyen de faire autrement. Ce n’est toutefois permis qu’à des conditions spéciales. On songera à cet égard à l’évacuation directe des gaz d’échappement à l’extérieur et à l’usage d’un pot catalytique. Le chariot en question n’était pas équipé d’un tel pot ;
  4. une ventilation suffisante est nécessaire. Comme les portes étaient closes, le local n’était ventilé en aucune manière. Selon un calcul estimatif effectué lors de l’enquête, la valeur limite de 29 mg de monoxyde de carbone par m³ a déjà été atteinte après deux heures ;
  5. un entretien et un contrôle réguliers des équipements de travail sont nécessaires pour garantir leur bon fonctionnement et la sécurité. Dans ce cas-ci, le moteur à combustion du chariot n’avait pas été contrôlé. Demandez dès lors à l’organisme de contrôle de vérifier le bon fonctionnement du moteur et du pot catalytique, ainsi que la qualité de la combustion du carburant.


Amende

Se fondant sur l’analyse de l’accident, l’Inspectie SZW (organisme du ministère néerlandais des Affaires sociales et de l’Emploi chargé de contrôler le respect de la législation du travail) estime que l’entreprise a enfreint la législation sur le bien-être au travail et lui inflige une amende de 11.000 euros. 
 
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Publié 26-06-2019

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