Désinfecter les espaces intérieurs par nébulisation chimique ou aux UV : quid de l’innocuité ?

L’organisme public britannique Health and Safety Executive (HSE) a publié de nouvelles directives sur la façon de désinfecter les espaces intérieurs en sécurité par nébulisation ou par diffusion de lumière UV. Après une désinfection de ce type, le risque que les micro-organismes comme le coronavirus se propagent via les surfaces est moins élevé. Il importe toutefois de bien analyser les risques et de tenir compte de quelques points d’attention importants.

En juillet, le Conseil supérieur de la santé a déjà mis en garde contre les risques liés à la décontamination appliquée avec les tunnels dits de désinfection et avec la lumière UV. Or, nous constatons qu’à l’étranger, on a régulièrement recours à ces procédés de désinfection. Le HSE britannique y décèle des potentialités sous l’angle de la désinfection de grands espaces intérieurs (pas seulement dans le cadre de la lutte contre le COVID-19).
Les conseillers en prévention connaissent bien la devise selon laquelle il faut réfléchir avant d’agir. Dans cet ordre d’idées, les conseils suivants vous seront peut-être d’un certain secours.
Qu’est-ce que c’est ?
La nébulisation consiste à diffuser un produit chimique dans une pièce pour en désinfecter les surfaces. Les produits utilisés à cette occasion sont de différents types, des agents chimiques liquides tels que le peroxyde d’hydrogène à des substances extraites de gaz (songez à l’ozone de l’air).
La lumière UV est parfois utilisée en complément, ce qui permet d’éviter que des résidus chimiques subsistent après traitement.
Les deux méthodes ont cependant l’inconvénient qu’elles peuvent détériorer certains matériaux et composants électroniques et qu’elles ne peuvent donc pas être mises en œuvre partout.
Points d’attention
Une bonne appréciation des risques précède une bonne procédure d’achat. Veillez à bien vous informer, car le type de traitement à appliquer dépend des paramètres suivants :
  • la taille du local à traiter, mais aussi sa forme et la possibilité de le clore complètement pendant son traitement ;
  • le local renferme-t-il des surfaces dures ou plutôt souples ? Les surfaces souples auront davantage tendance à absorber les produits nébulisés avant de les relarguer lentement. Pour l’éviter, il est conseillé de retirer les surfaces souples (telles que sièges et autres meubles) du local préalablement à son traitement ;
  • le type d’espace et d’environnement dans lequel le local se trouve : certains lieux se prêtent mieux à un traitement par les UV, d’autres à la nébulisation.

Une bonne procédure d’achat. Vous devrez spécifier clairement ce que vous attendez du producteur/fournisseur et chercher avec lui le système qui convient le mieux. Les producteurs doivent veiller à ce que leurs produits agissent conformément à leurs promesses et leur utilisation doit être attestée au moyen d’informations et d’instructions.
Les espaces à traiter doivent être bien clos et vidés afin que les collaborateurs ou des tiers ne soient pas exposés à des produits nocifs. Les espaces difficiles à isoler peuvent s’avérer inadaptés à la nébulisation. Pour les systèmes à UV, il peut être intéressant d’opter pour des capteurs qui les couperont si une personne pénètre dans l’espace malgré toutes les précautions prises.
Ces agents désinfectants ne peuvent pas être projetés sur des êtres humains. Il n’est pas opportun de désinfecter une personne de l’extérieur, puisque le coronavirus se niche dans les poumons et les muqueuses, dans la paroi intestinale et dans le sang, et qu’il ne se propage que par l’intermédiaire de fines gouttelettes exhalées. Après l’intervention, il faut également prévoir soit un délai suffisant pendant lequel l’espace sera inaccessible soit une très bonne aération.
Il n’y a pas lieu de désinfecter de grands espaces extérieurs tels que rues et trottoirs par nébulisation ou aux UV. Ils ne constituent en effet pas des voies de propagation du virus. Un tel traitement mettrait par ailleurs des gens inutilement en danger, car les désinfectants utilisés peuvent provoquer des éruptions cutanées, des lésions oculaires, etc.
Les traitements par les UV (qui peuvent paraître attrayants parce qu’ils ne laissent pas de résidus chimiques) ne sont pas adaptés à tous les locaux, loin s’en faut. Ainsi, les espaces dont la configuration ou l’agencement est complexe ne s’y prêtent pas en raison d’effets d’ombre qui peuvent faire obstacle à son application. Dans les espaces exigus (par exemple les locaux sanitaires), le recours aux UV peut s’avérer impossible parce qu’une distance minimale de sécurité par rapport aux murs doit être respectée.
Le rôle des surfaces contaminées semble moins d’actualité
Dans tout cela, il est bon de savoir qu’il y a de plus en plus de preuves que la propagation du COVID-19 par le biais des surfaces n’est pas aussi importante pour le virus SARS-CoV-2. À ce jour, on ne connaît encore aucun cas qui puisse être imputé à un tel mode de transmission indirecte.


Auteur: Geert Van Cauwenberge, Edelhart Kempeneers

Publié 19-08-2020

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