Sécurité

Enquête de la FGTB : « La flexibilité a atteint ses limites »

Heures supplémentaires, flexibilité accrue, charge physique et stress pour des travailleurs qui sont poussés à leurs limites. C’est ce qui ressort de l’enquête « Modern Times » de la FGTB.
Cette enquête a été diffusée en ligne auprès des travailleurs belges francophones et néerlandophones du 17 mars au 7 avril 2017. Au total, 14 505 questionnaires exploitables ont été validés.

Qu’en ressort-il ?

  • De nombreux travailleurs prestent des heures supplémentaires, souvent sans compensation, et la plupart du temps sur demande de la direction ou parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. La charge de travail est trop élevée, et il y’a trop peu de travailleurs.
  • L’organisation du travail a un impact positif ou négatif sur la santé physique ou mentale mais pour 80% des cas, il serait négatif.
  • La responsabilité des entreprises dans cette situation ressort à travers les réponses sur la politique de prévention – ou de réintégration - qui s’avère largement déficiente. Il en résulte le sentiment largement partagé que le travail dans ces conditions n’est pas « soutenable » jusqu’à l’âge de la retraite.
  • Les résultats de l’enquête démontrent qu’il faut traiter les causes du mal et donc repenser en profondeur les organisations et temps de travail pathogènes. Ils démontrent également que la course à la productivité et à la flexibilité a atteint les limites du supportable et qu’au lieu d’en rajouter, il faut faire marche arrière par rapport à la déshumanisation du travail.

Temps de travail

  • La durée hebdomadaire de travail établie en entreprise est fixée à plus de 38h par semaine pour 33,2% des répondants
  • Le travail à temps partiel n’est souvent pas un choix personnel
  • De nombreux travailleurs prestent des heures supplémentaires, souvent sans compensation, et la plupart du temps sur demande de la direction ou parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. La charge de travail est trop élevée, et il y’a trop peu de travailleurs.
  • 76,6% de travailleurs prestent plus d’heures que prévu dans leur contrat
  • Pour 23,0% des travailleurs les heures supplémentaires ne sont ni payées ni récupérées
  • Parmi les répondants dont les heures supplémentaires sont récupérées, 78,8% ont au moins une heure à récupérer. Mais 20,0% des travailleurs du transport, 18,8% des travailleurs de l’industrie et 14,1% des travailleurs du commerce ont plus de 50 heures à récupérer au moment où ils ont rempli le questionnaire.

Pourquoi prester des heures supplémentaires ?

  • 42,2% disent le faire sur demande de la direction en fonction des pics dans la charge de travail ou des commandes
  • 39,9% disent qu’ils ont trop de travail et qu’ils n’arrivent pas à le boucler pendant les heures normales
  • 16,3% le font car la direction l’exige
  • 15,4% le font par choix personnel

Stabilité et sécurité de l’emploi

53,4% des répondants disent qu’ils sont in-quiets pour leur avenir dans leur entreprise.

Technostress

53,3% des travailleurs ressentent le besoin de vérifier leurs messages professionnels en dehors des heures de travail. Parmi ces travailleurs, les impacts ressentis concernent principalement le niveau de stress (57,2%), l’humeur (46,6%), la vie de famille (43,2%) et le temps consacré aux proches (35,1%).

Soutenabilité du travail

  • En cas de fatigue physique ou psychique, 66,3% des répondants disent qu’ils ne peuvent pas adapter l’organisation de leur travail (horaires, charge de travail, tâches, ou adaptation d’une machine).
  • 80,4% des répondants pensent que la manière dont le travail est organisé actuellement par leur employeur peut avoir des conséquences sur leur santé physique ou mentale.
Les principaux maux envisagés sont le stress (83,7%), les troubles du sommeil (48,7%), le burn-out (47,7%), l’irritabilité (42,4%) et les maux de tête (36,9%).
  • 41,7% des questionnés répondent clairement qu’ils ne sentent pas capables physiquement et/ou mentalement d’exercer leur fonction actuelle jusqu’à l’âge de la pension.
  • 26,2% demandent des adaptations pour tenir physiquement et/ou mentalement dans leur fonction jusqu’à l’âge de la pension.
  • 41,0% veulent augmenter le nombre de collaborateurs
  • 38,1% veulent revoir en profondeur l’organisation du travail pour intégrer le facteur humain
  • 33,6% évoquent la nécessité d’objectifs clairs et réalisables
  • 33,6% veulent diminuer la quantité de travail
  • 31,6% veulent diminuer le rythme de travail

Politiques de l’employeur en matière de risques psychosociaux et de travailleurs âgés

  • Seuls 32,1% des répondants disent connaitre la politique de leur employeur en matière de risques psychosociaux.
  • Seuls 23,3% des répondants connaissent la politique de retour au travail des travailleurs en maladie de longue durée ou en incapacité.
  • Seuls 11,5% des répondants affirment qu’il y a un plan pour les travailleurs âgés dans leur entreprise. Ce chiffre est inquiétant dans un contexte de réforme des pensions et de soutenabilité du travail.
  • Près de 50% des 56-65 ans disent qu’il n’y a pas de plan pour les travailleurs âgés. S’il y en a un, seuls 7,7% des 56-65 ans disent en connaitre le contenu.

Tous les résultats peuvent être consultés dans le dossier de presse de la FGTB.

Publié 17-11-2017

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