Sécurité

Enquête FGTB sur l'organisation et la pression au travail

Dans le cadre de la Journée internationale de la sécurité et de la santé au travail du 28 avril 2014, la Fédération Générale du Travail de Belgique (FGTB) a initié une enquête nationale auprès des travailleurs. Parmi près de 5.000 travailleurs interrogés par la FGTB, 74% estiment qu’ils ne pourront pas poursuivre au même rythme jusqu’à l’âge de la pension. De plus, ils estiment avoir très peu d’emprise sur l’organisation du travail, pourtant d’une grande influence sur la santé mentale et corporelle. 

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Organisation du travail
 

Ainsi deux tiers des travailleurs n’ont que peu ou pas de prise sur l’organisation du travail et n’ont pas la possibilité d’adapter leur charge de travail, même en cas de difficulté physique ou psychique.
Dans 25% des cas, même le responsable direct n’a pas autorité pour modifier l’organisation du travail.
Seuls 15,9% ont la chance de pouvoir adapter leur rythme en cas de surmenage. 18,2% peuvent adapter leurs horaires, mais cela diffère selon les statuts.
Les cadres et les employés, regroupés sous la même catégorie, ont un peu plus de marge de manœuvre que les ouvriers:
  • 21,5% des employés et cadres peuvent adapter leurs horaires, contre 10,9% des ouvriers.
  • 10,1% des employés et cadres peuvent diminuer leur charge de travail, contre 8,1% des ouvriers.
  • 16,2% des employés et cadres peuvent adapter leurs tâches, contre 14,2% des ouvriers.
L’impossibilité pour deux travailleurs sur trois d’adapter son rythme ou son organisation du travail en fonction de ses limites physiques ou psychiques se traduit par une souffrance au travail qui a des conséquences sur la santé. Les chiffres sont éloquents: 91,5% des répondants évoquent les risques de stress et même de burn-out (62,8%). Sont également fréquemment cités les troubles du sommeil (51,4%) et l’irritation (48,1%).

 

Pension

Probablement le résultat le plus inquiétants de l’enquête: 74% des travailleurs interrogés ne se sentent pas capables d’exercer physiquement et/ou mentalement leur fonction actuelle jusqu’à l’âge légal de la pension. Cette tendance est naturellement plus importante dans les secteurs où le travail est plus lourd.

 

Pression trop grande

La pression que les travailleurs subissent est clairement trop importante. 42% des plaintes concernent la nécessité d’engager du personnel, 41% plaident pour une révision en profondeur de l’organisation du travail pour intégrer le facteur humain. Bon nombre d’autres suggestions ont été formulées, comme par exemple la fixation d’objectifs clairs et réalisables (39%) ou l’amélioration des contacts humains dans l’entreprise.

 

Dialogue social

De par son statut d’employeur, les travailleurs attendent de lui qu’il tienne compte du bien-être de ses travailleurs dans l’organisation du travail. Cette dernière doit en outre faire l’objet d’un dialogue social dans l’entreprise… mais apparemment cette concertation ne fonctionne pas aussi bien partout. Soit il n’y a pas de représentants syndicaux dans l’entreprise, soit l’employeur ne veut tout simplement pas discuter ou encore il n y’a pas de bonne circulation de l’information. Là où une discussion avec les représentants syndicaux a eu lieu, le dialogue social donne de bons résultats, même si les engagements ne sont pas toujours tenu.  

 

Publié 26-05-2014

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