Faut-il inviter la nature au travail pour des travailleurs plus heureux et productifs ?

L’être humain se sent mieux lorsqu’il se trouve dans un milieu naturel. Sur ce point, de nombreux scientifiques sont unanimes : la nature et l’environnement ont une influence positive sur notre santé mentale. Investir dans des éléments naturels au bureau peut donc améliorer le bien-être et la productivité des travailleurs.


 
Dans les années 1980, le biologiste Edward Osborne Wilson a démontré que les individus avaient naturellement tendance à vouloir entrer en contact avec d’autres formes de vie naturelles. Dans un environnement de bureau, les plantes ne servent donc pas seulement à améliorer la qualité de l’air. Cette « hypothèse de la biophilie » d’Osborne a depuis été complétée par des études scientifiques qui confirment que les milieux naturels nous réussissent mieux que le verre et le béton.

Lorsque nous sommes en contact avec la nature ou dans un cadre qui nous l’évoque, nous sommes plus sereins, plus en équilibre au niveau mental et donc aussi plus productifs. Certaines études démontrent un gain de 8 à 15 % de productivité. D’autres révèlent une baisse de l’absentéisme.
« Biophilic design »
Pour autant, nous sommes nombreux à ne pas pouvoir suivre ce désir de nature et de grand air au quotidien. Généralement, le lieu de travail et les situations professionnelles ne laissent guère de place à cet aspect de la vie.
Tout ceci justifie pleinement l’envie d’incorporer des clins d’œil à l’extérieur dans notre environnement, et la recherche de solutions pour y parvenir. Il faudra pour cela tenir compte d’aspects pratiques, qui seront plus ou moins accommodants selon le cadre.
Les designers et architectes qui conçoivent des (nouveaux) immeubles de bureaux sont eux aussi de plus en plus attentifs à l’intégration d’éléments naturels. La « conception biophilique » des bâtiments et bureaux est désormais sur toutes les lèvres. Ce critère est notamment pris en considération pour l’octroi de la « norme WELL ».
Des multinationales comme Google, Apple ou encore Amazon investissent massivement dans ces éléments de conception biophilique. Ces entreprises enregistrent de bons résultats en matière de capacité de concentration, d’implication et de capacités cognitives des travailleurs. Cette tendance fait également peser la balance dans la guerre des talents.
Quelques exemples pour comprendre la conception biophilique :
  • L’intégration d’éléments naturels sur le lieu de travail (plantes, bois, eau et lumière),
  • La projection d’images de la nature sur les murs et parois (affiches représentant des forêts, de la verdure),
  • L’introduction de coloris naturels dans le cadre de travail,
  • L’installation de parois de séparation en bois entre les différents espaces de travail,
  • L’installation de « cockpits » verts qui créent des espaces distincts dans un bureau paysager.
Les avantages de la conception biophilique en chiffres

Au cours des dernières années, plusieurs études ont été menées sur les avantages d’un lien entre environnement professionnel et éléments naturels. Quelques chiffres :
  • Aménagement du bureau : la productivité des collaborateurs peut croître jusqu’à 8 %, tandis que les chiffres du bien-être peuvent augmenter de 13 % ; un bureau plus vert favorise également la créativité des collaborateurs et réduit l’absentéisme.
  • Locaux de formation : les chercheurs notent des taux d’apprentissage plus élevés de 20 à 25 % avec de meilleurs résultats aux tests, une capacité de concentration supérieure et une réduction du TDAH.
  • Établissements de soins de santé : le temps de récupération postopératoire a diminué de 8,5 %, tandis que l’offre d’analgésiques a diminué de 22 %.
  • Commerce de détail : la présence d’éléments végétaux et la projection de paysages naturels ont un impact positif sur les tarifs de location des immeubles commerciaux. Les clients sont en outre prêts à payer 8 à 12 % de plus pour des biens et services.

Publié 29-11-2019

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