Influence du placement d’écrans de protection contre le coronavirus sur la sécurité incendie

L’installation d’écrans flexibles de distanciation sociale impose une adaptation des mesures de sécurité (incendie) aux « nouvelles » circonstances. Ces écrans sont en effet susceptibles d’entraver la fluidité de la circulation dans les entreprises et magasins et de compliquer une éventuelle évacuation. Le conseiller en prévention ne doit donc pas omettre de procéder à une révision minutieuse de l’analyse des risques incendie.

En fonction de l’évolution des mesures de lutte contre le coronavirus, les entreprises comme les indépendants sont contraints de se montrer créatifs pour gérer la mise en œuvre desdites mesures. Dès le début de la crise, une des mesures a consisté à placer des écrans de distanciation sociale sur les comptoirs, les guichets, entre les bureaux et même, si possible, dans les lignes de production des entreprises.

Inflammabilité des écrans

Les écrans de protection contre le coronavirus sont disponibles dans différents matériaux. Certains sont cependant inflammables et leur installation représente par conséquent une charge calorifique supplémentaire. Dans ce contexte, la production de gaz de fumée constitue davantage un problème que l’inflammabilité. Pour faire court, en cas d’incendie, ces matériaux auront tendance à fondre et à s’enflammer, ce qui pourrait générer des gaz de fumée (nocifs ou non).

(photo: WKB/MV)

Placement des écrans

Les écrans forment une barricade contre la propagation et l’inhalation de gouttelettes (contaminées). Ils permettent aussi, si cette possibilité s’inscrit dans le cadre des mesures appliquées, de travailler sans masque. À l’exception bien sûr des magasins où le travail sans masque n’est pas envisageable. Mais en entreprise, et en particulier dans un environnement de bureaux, les écrans de protection peuvent apporter une réponse au problème des masques pas toujours confortables.

Il faut tenir compte de la sécurité incendie, mais plus spécifiquement aussi des difficultés éventuellement occasionnées en cas d’évacuation et de risques additionnels qui surviennent lorsque ces écrans sont placés sans discernement.
Dans certains cas, le compartimentage sera même compromis, alors que ces écrans sont justement placés pour veiller à ce que les travailleurs et/ou externes suivent un itinéraire bien précis pour garantir la distanciation sociale. On observe par exemple que dans certains magasins, la mauvaise disposition des écrans entrave le passage vers la sortie. En cas d’évacuation, cela crée un effet d’entonnoir et les sorties de secours sont même parfois inaccessibles.
Enfin, en cas d’incendie, les lieux risquent d’être moins facilement accessibles pour les sapeurs-pompiers. Ils doivent en effet procéder dans un premier temps à l’enlèvement des écrans avant de pouvoir progresser dans le bâtiment en toute sécurité. À cela s’ajoute le fait que les matériaux qui fondent peuvent endommager les combinaisons de protection et leur faire perdre partiellement leur fonction.
Autres circonstances, autre analyse de risques
Tout est expliqué dans l’article III.3-3 du Code du bien-être au travail. Cet article prévoit clairement que tout changement de circonstances ou toute introduction de nouveaux éléments (et nous pensons entre autres ici aux produits désinfectants à base d’alcool) impose une mise à jour de l’analyse de risques et une adaptation des mesures nécessaires.
Plus d’informations sur senTRAL :
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Auteur: Marc Aspeslagh

Publié 08-10-2020

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