Sécurité

Journée du nettoyage : conseils pour un travail sûr et sain en présence de particules fines

Chaque année, le 20 juin est l’occasion de remercier le personnel de nettoyage pour le travail fourni au quotidien dans de nombreuses entreprises et chez des particuliers. Il est également intéressant de se pencher sur l’importance de la propreté dans votre entreprise, surtout en présence de particules fines dans l’environnement des travailleurs. Ces particules fines sont susceptibles d’entraîner non seulement des problèmes de santé, mais aussi un risque d’explosion de poussière. La bonne tenue des locaux fait partie des mesures organisationnelles importantes à prendre. Voici nos conseils.

Travail en présence de particules fines

Sur leur lieu de travail, il arrive que des personnes absorbent des particules en les inhalant ou en les avalant mais celles-ci pénètrent également par la peau. Les particules fines (moins de 10 micromètres) peuvent s’infiltrer profondément dans les poumons et être nocives pour la santé.

Dans certaines conditions, elles présentent par ailleurs un risque d’explosion. Les données relatives à l’explosion (énergie d’ignition minimale, température et concentration) des particules sont disponibles dans la littérature.

La norme NBN 60079-20-2 décrit les méthodes de test qui permettent de déterminer les caractéristiques des poussières ininflammables mais elle ne fournit pas plus de précisions. Il n’existe donc pas encore de norme décrivant les caractéristiques physiques des poussières ininflammables.
Nous vous renvoyons toutefois vers deux guides qui constituent une bonne source d’informations.
Mais inutile d’aller si loin...

La bonne tenue des locaux fait partie des mesures organisationnelles qui permettent de limiter les risques sanitaires et risques d’explosion dans un environnement contenant des particules fines.

Voici tout d’abord quelques explications sur les risques pour la santé et la sécurité dans l’industrie de la boulangerie et de la transformation du bois. Ces explications sont également valables pour d’autres secteurs dans lesquels les membres du personnel travaillent en présence de particules fines (industrie des aliments pour bétail, industrie agroalimentaire, transformation du métal, raffineries, industrie chimique...).
Les conseils ci-dessous en matière de propreté des locaux permettent de réduire les risques.

! Lorsqu’une analyse de risques révèle que des mesures de réduction du risque doivent être appliquées, il convient de donner la priorité à des mesures techniques (collectives). Les mesures organisationnelles ne seront envisagées qu’en dernier recours.

Impact des particules fines sur la santé

Industrie de la boulangerie

La fleur de farine et la farine ne sont pas aussi innocentes qu’il n’y paraît. L’inhalation de farine peut en effet entraîner une farinose (ou asthme du boulanger) : une maladie professionnelle fréquente dans l’industrie de la boulangerie.
La farinose survient également :
  • dans les moulins à farine ;
  • dans les usines d’aliments pour bétail ;
  • chez les grossistes en aliments pour bétail et en farine ;
  • dans les pâtisseries.
Une campagne d’inspection menée dans la région d’Anvers auprès d’une trentaine de boulangers artisanaux a entre autres révélé que :
  • 30 % des boulangeries visitées ont été confrontées un jour à cette maladie professionnelle. Il existe pourtant des techniques pour limiter radicalement la poussière de farine présente dans l’air ambiant ;
  • la plupart des boulangeries inspectées dépassaient le taux autorisé de poussière de farine dans l’air (jusqu’à vingt fois la valeur limite). Les valeurs limites sont des normes légalement fixées pour la protection de la santé de travailleurs. Pour la poussière de farine, la valeur limite est de 0,5 mg/m³ ;
  • la problématique de la poussière de farine n’a été consignée dans aucun rapport de visite d’entreprise des services de prévention (médecine du travail) ;
  • cette problématique n’est pas non plus mentionnée dans les qualifications professionnelles du secteur de la boulangerie, ni dans les plans d’apprentissage de la formation de boulanger des réseaux d’enseignement.
Industrie de la transformation du bois

Lors du traitement du bois, et en particulier lors des opérations de sciage, ponçage et rabotage, une grande quantité de poussière est libérée.
Plus le mouvement/la rotation/l’oscillation est rapide pendant l’opération, plus la quantité de poussière libérée est élevée et ce, tant pour le travail du bois dur (teck, meranti, hêtre, cerisier) que pour le travail du bois tendre (tilleul, peuplier, saule).





Maladies professionnelles pouvant survenir dans le secteur de la transformation du bois :
  • asthme professionnel dû à l’inhalation de particules de bois ;
  • réactions allergiques à certaines essences de bois ;
  • irritations de la peau, des yeux et des muqueuses ;
  • éruption cutanée due à des essences de bois comme le pin et le meranti ;
  • cancer : la poussière de bois dur peut provoquer un cancer : L’annexe I de la Directive 2004/37/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004 concernant la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition à des agents cancérigènes ou mutagènes au travail classe les poussières de bois dur dans les substances cancérigènes (cancer du poumon et du nez).

Impact des particules fines sur la sécurité - Risque d’explosion de poussière

Comment une explosion de poussière se produit-elle ?

Une explosion de poussière est une combustion explosive de poussière avec l’oxygène de l’air :
elle est le résultat de la combinaison de cinq facteurs :
  • un nuage de poussière ou une couche de poussière de matériau inflammable (carburant) ;
  • une source d’ignition (énergie) ;
  • de l’oxygène ;
  • les bonnes proportions de particules et d’oxygène ;
  • un catalyseur.
Une explosion de poussière est susceptible de se produire si toutes les conditions sont présentes dans certaines proportions. Les proportions diffèrent en fonction du type de poussière.

Un nuage de poussière explosif (mélange poussière/air) peut naître de la remise en suspension des couches de poussière.
Par exemple : des couches de poussière présentes sur des surfaces hautes peuvent facilement tomber vers le bas (en raison de vibrations ou de chocs) et former un nuage de poussière.

Quand une couche de poussière s’enflamme sur une surface chaude, il y a un risque supplémentaire d’explosion d’un mélange poussière/air. Le mélange poussière/air risque de s’enflammer en raison d’un feu (couvant) dans la couche de poussière.



 
► Règles générales :
Nuage de poussière : on peut poser comme principe général qu’un nuage de poussière a un caractère explosif lorsque la main n’est plus visible au bout du bras tendu.
Couche de poussière : on peut poser comme principe général qu’il y a danger d’explosion par remise en suspension de la couche de poussière dès que les traces de pas sont visibles sur le sol (couche de poussière de 0,1 mm

Industrie de la boulangerie

Dans l’industrie de la boulangerie, qui utilise des farines, du sucre..., l’explosion de poussière est un risque qu’il ne faut pas sous-estimer.

Endroits où des nuages de poussière peuvent se former dans une boulangerie :
  • l’intérieur des équipements de traitement (enveloppe étanche à la poussière) tels que silos, mélangeurs et moulins dans lesquels de la poussière se dépose ou se forme ;
  • l’environnement immédiat du point de remplissage d’un sac ouvert ;
  • les trous d’homme qui doivent être ouverts occasionnellement et pendant une période très courte ;
  • les endroits où des dépôts de poussière sont présents.
Les nuages de poussière qui se déposent sur de longues périodes peuvent former des couches de poussière épaisses :
  • sols ;
  • surfaces horizontales/inclinées (machines, câbles, goulottes de câbles, poutres).
Industrie de la transformation du bois

Chaque année, partout dans le monde, des usines de transformation du bois sont détruites par un incendie et/ou une explosion de poussière.
La poussière de bois est explosive dès lors que l’inflammation d’un nuage de poussière donne lieu à une explosion qui s’amplifie en raison d’autres particules du nuage de poussière total. L’intensité et la vitesse de propagation d’une explosion varie en fonction de l’essence de bois.

Le risque d’explosion de poussière est principalement dû à l’accumulation de poussière de bois. Lorsqu’une matière solide inflammable comme le bois est constituée de très fines particules, celles-ci peuvent tourbillonner et s’envoler dans l’air ambiant, se mélangeant ainsi pour former un nuage de poussière. Une explosion peut se produire si une source d’ignition est présente dans la pièce.
Sources d’ignition possibles :
  • travaux avec une flamme nue ;
  • installations électriques ;
  • machines (à scier) ;
  • étincelles ;
  • tabagisme au travail...

La bonne tenue des locaux en tant que mesure organisationnelle contre les risques pour la santé et les risques d’explosion

Les mesures de bonne tenue des locaux sont généralement des modalités ou des instructions qui permettent au personnel de travailler plus proprement, d’être plus économe avec les matières premières, les fluides auxiliaires et l’énergie, et d’exploiter plus efficacement la technologie présente.

En règle générale, il s’agit de mesures simples qui nécessitent peu voire pas d’investissements. Elles consistent par exemple à améliorer la motivation du personnel et à adapter les méthodes de travail ou les procédures dans la production, la logistique ou l’organisation générale.

Pour les industries actives dans des environnements où des particules fines sont générées, la bonne tenue des locaux implique également le maintien de leur propreté de manière à prévenir l’accumulation de couches de poussière. Le nettoyage doit donc être réalisé correctement.

Lors des activités de nettoyage, il convient d’éviter de remettre la poussière en suspension et d’activer des sources d’ignition :
  • éviter de laisser la poussière s’accumuler. Un foyer peut naître dans les dépôts de poussière. Si on ouvre une porte, une fenêtre ou un volet, la poussière peut tourbillonner. L’oxygène entre alors en contact avec la matière sous-jacente plus chaude, ce qui risque de provoquer une explosion ;
  • enlever la poussière à l’aide d’un torchon humide ;
  • utiliser les installations d’aspiration : lors de l’utilisation des installations d’aspiration, il convient de ne pas oublier la division interne en zones et les mesures de prévention à appliquer (par exemple tuyaux et embouts antistatiques) ;
  • éviter d’utiliser des balais durs et des pelles (pour éviter les étincelles) ;
  • éviter d’utiliser de l’air comprimé pour nettoyer les filtres à poussière... ;
  • éliminer immédiatement les couches de poussière dues à des conduites cassées ou à des renversements ;
  • veiller au bon entretien des systèmes de transport des matières premières et de tous les autres équipements ;
  • remplacer les filtres et/ou collecteurs de poussière à temps ;
  • réparer immédiatement les tuyaux et conduites de transport endommagés ;
  • contrôler chaque jour la propreté des lieux ;
  • inspecter les angles morts et les grandes surfaces horizontales à l’intérieur ou à l’extérieur des équipements afin d’éviter que des couches de poussière s’y déposent et s’y accumulent (dans la phase de conception, il est préférable d’éviter au maximum les angles morts et les surfaces horizontales).

Une dernière précision pour conclure...

Des travailleurs vigilants, bien formés et attentifs à la propreté de leur lieu de travail sont la meilleure protection :
  • penser aussi à former suffisamment bien les nouveaux travailleurs et les travailleurs temporaires ;
  • définir des modalités sous forme d’instructions de travail ;
  • discuter régulièrement des accords et des procédures dans une concertation de travail.

Sources :
Plus d’informations en ligne :

Publié 18-06-2018

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