L’importance de bonnes check-lists pour la gestion du COVID-19

Dans le cadre de la crise actuelle, il est plus important que jamais, pour un employeur ou un conseiller en prévention, de protéger au maximum la santé et le bien-être de ses collaborateurs, qu’ils travaillent chez eux ou sur le terrain. Caroline Vandenbossche a créé des outils spécifiques qui vous permettent de gérer les mesures de lutte contre le coronavirus au sein de votre organisation. Elle vous les présente ici.

Les entreprises des secteurs cruciaux mettent actuellement tout en œuvre afin d’effectuer leur travail le plus efficacement possible. Dans le même temps, nous assistons à une reprise prudente des activités, notamment dans le secteur de la construction. Dans le cas d’une telle reprise, une analyse approfondie des risques, assortie de conseils et d’un accompagnement, est plus que bienvenue, car elle permettra d’éviter au maximum le risque de contamination sur le lieu de travail.

Des consignes de sécurité – qui créent de la clarté et font en sorte que chacun sache ce qu’il doit faire – et des programmes de nettoyage sont également des outils utiles pour s’assurer du respect des mesures de prévention.
Caroline Vandenbossche, consultante chez CAT Consulting et BDH Consultants, a élaboré des documents de travail pratiques directement utilisables sur le terrain. En voici la liste :
  • Inventaire et évaluation des risques : protection contre le coronavirus et les autres virus
  • Schéma de nettoyage (pour le bâtiment de l’entreprise, la cabane de chantier ainsi que les véhicules)
  • Fiche d’instructions de sécurité (comment appliquer le schéma de nettoyage ?)
  • Exemple d’une check-list LMRA pour éviter la contamination au coronavirus avant de commencer les activités
  • Exemple d’une check-list liste de contrôle SSE pour vérifier l’application correcte au travail des mesures contre le coronavirus

Nous lui avons demandé quelques explications supplémentaires au sujet de ces documents.
Caroline Vandenbossche est conseillère en prévention niv. 2 et accompagnatrice VCA – ISO9001/14001. Son époux est lui aussi conseiller en prévention niv. 2. Ils ont tous deux plus de quinze ans d’expérience dans le domaine. « La crise actuelle et ses conséquences gigantesques sur l’activité économique et les processus opérationnels au sein des entreprises et des organisations sont inédites. Elles créent d’énormes défis en termes d’hygiène du travail, d’utilisation des équipements de protection individuelle, de respect des distances, de localisation du lieu de travail et d’organisation du travail. »

  • Comment ces documents ont-ils vu le jour ? Sur quelles sources reposent-ils ?
Caroline Vandenbossche : « L’analyse et l’évaluation des risques ont été effectuées sur la base des directives officielles du SPF Santé publique et du SPF ETCS et d’informations de Services externes pour la prévention et le bien-être au travail. De plus, j’ai obtenu une foule de précieux conseils lors de mes contacts avec des clients et de conversations avec des médecins spécialistes. Je suis bien sûr aussi de près l’actualité afin de m’assurer que mon document reste à tout moment adapté à l’évolution de la situation que nous connaissons à cause du COVID-19. Lors de sa rédaction, je me suis basée sur la méthode Fine & Kinney, car c’est la plus connue. J’ai divisé mon document en recommandations pour le travail de bureau, les chantiers et les ateliers/entrepôts, que j’ai complétées par des mesures de précaution générales. »
« Pour l’élaboration du schéma de nettoyage (qui s’ajoute aux nettoyages normaux effectués dans les entreprises), je me suis basée sur la vaste expérience que je possède en rapport avec la norme ISO9001. La fiche d’instructions de sécurité repose elle aussi le fruit d’expériences pratiques et d’échanges d’idées constants avec les clients. »

  • Comment les entreprises et les organisations peuvent-elles mettre en pratique ces documents ?
CV : « J’invite les conseillers en prévention ou les supérieurs hiérarchiques à utiliser l’analyse des risques et le schéma de nettoyage comme documents de base, et à les modifier en fonction de leurs propres souhaits et besoins. De cette manière, ils pourront créer des outils de travail adaptés à l’entreprise ou à l’organisation dans laquelle ils travaillent. Par "modifier", je veux surtout dire peaufiner les instructions que je donne, afin que les travailleurs continuent tous à veiller à la sécurité de leur environnement de travail, pour eux, mais aussi pour leurs collègues. »
« Pour le moment, il est hors de question d’assouplir ces instructions, même si nous devrons attendre de voir si – dans le cadre d’une éventuelle stratégie de déconfinement – le gouvernement ne décidera éventuellement pas de relâcher quelque peu ses mesures. En attendant, la distanciation sociale et l’hygiène du travail restent essentielles. »

  • À quel niveau estimez-vous que le coronavirus met actuellement les conseillers en prévention face à des défis de taille ?

    CV : « Selon moi, nous sommes par exemple confrontés à un immense défi dans le domaine de l’hygiène des mains, Avant que la crise actuelle n’éclate, l’hygiène des mains laissait à désirer dans certains secteurs. Je pense ici à la construction, aux transports, à l’agriculture, au traitement des déchets... Dans le secteur des soins, en revanche, l’importance du lavage régulier des mains est mieux comprise. À mon avis, les mesures gouvernementales actuelles et les efforts de sensibilisation qui s’y rapportent auront certainement un impact positif sur le comportement des travailleurs, même si je me demande s’il se maintiendra à long terme. L’hygiène des mains est en effet avant tout une affaire "personnelle", et il n’est pas toujours facile d’inciter les travailleurs à modifier leur comportement à ce niveau. Ce sujet restera donc certainement un point d’attention important pour les conseillers en prévention. »

  • Enfin, quelles sont, selon vous, les idées reçues dont il est urgent de se débarrasser dans le cadre de la gestion de la prévention du COVID-19 ?

  • CV : « Je pense principalement aux informations confuses et parfois peu claires que les médias relaient concernant la nécessité d’utiliser ou non des masques buccaux. Les masques buccaux chirurgicaux et faits main ne créent-ils pas un faux sentiment de sécurité ? Et pourquoi tant de personnes ne parviennent-elles pas à comprendre que les masques professionnels de type FFP2 et FFP3 doivent être réservés aux prestataires de soins de santé ? Après tout, ce sont eux qui sont en première ligne auprès des patients, et ils méritent d’avoir ce qui se fait de mieux pour se protéger d’une éventuelle contamination. »
    « N’oublions pas non plus que les masques buccaux professionnels restent à la fois utiles et nécessaires pour les travailleurs exposés à des substances dangereuses et cancérigènes, telles que la poussière de quartz ou l’amiante. C’est une réalité que tout ce débat sur le coronavirus risque parfois de nous faire oublier. »
    COVID-19 : comment mettre en œuvre un plan de nettoyage et des check-lists centrées sur l’hygiène dans mon entreprise ?


Auteur: Geert Van Cauwenberge

Publié 21-04-2020

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