L’OIT a cent ans : nouveaux risques et nouvelles opportunités sur un marché du travail en pleine mutation

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) existe depuis un siècle. À l’occasion de cet anniversaire et du « World Day for Safety and Health at Work » le 28 avril, l’organisation publie un rapport sur les défis et les opportunités que représentent la démographie, la technologie et l’environnement afin de créer de meilleures conditions de travail.

On dénombre aujourd’hui dans le monde 374 millions de personnes blessées ou malades à la suite d’un accident du travail ou d’une exposition à un risque professionnel. On estime que les risques professionnels sont à l’origine de quatre pour cent des journées de travail perdues. Mais les souffrances humaines incommensurables que provoquent les accidents et les maladies professionnelles sont plus importantes que leur coût économique, d’autant que le nombre de victimes pourrait être bien moins élevé en adoptant des mesures de prévention adéquates. Au travers de ce rapport, l’OIT entend revenir sur les pratiques professionnelles des cent dernières années, mais aussi se tourner vers l’avenir afin d’améliorer les conditions de travail dans le monde entier.
 

 
En se basant sur ses cent ans d’expérience, l’OIT fait état des défis de taille qui attendent les travailleurs :
  • les risques psychosociaux ;
  • les affections non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires et les affections des voies respiratoires ;
  • les différents types de cancer.
Ces défis sont indissociables des quatre développements suivants :
  1. la technologie : les technologies comme la numérisation, les robots et la nanotechnologie peuvent affecter le bien-être psychosocial des travailleurs et introduire de nouveaux matériaux dont on ne connaît pas encore (parfaitement) les risques pour la santé. D’un autre côté, les innovations technologiques peuvent réduire les expositions nocives et faciliter l’organisation des formations nécessaires pour les travailleurs ainsi que d’inspections plus efficaces sur le terrain ;
  2. la démographie : il ressort des statistiques d’accidents qu’un nombre significativement plus élevé de jeunes travailleurs sont impliqués, tandis que les travailleurs plus âgés ont davantage besoin d’un travail adapté. Les femmes exercent souvent une activité professionnelle qui n’est pas adaptée à leur situation, ce qui augmente pour elles les risques de troubles musculosquelettiques ;
  3. le changement climatique : les risques environnementaux comme la pollution de l’air, le stress thermique et les affections qui en découlent peuvent multiplier les cas de maladies et d’absentéisme parmi les travailleurs. D’autre part, de nouveaux emplois seront créés par l’économie verte ;
  4. la nouvelle organisation du travail : la flexibilisation croissante augmente le risque de problèmes psychosociaux causés par l’incertitude qui lui est inhérente, la limitation de la vie privée, les temps de repos plus réduits, les journées de travail plus longues et le manque de protection. À l’échelle mondiale, environ 36 pour cent des travailleurs doivent prester plus de 48 heures par semaine.
     
Pour répondre à ces défis et à ces développements, l’OIT a identifié six points sur lesquels les responsables politiques et les employeurs doivent se concentrer afin d’anticiper les risques pour le bien-être :
  • anticipation des nouveaux risques pour le bien-être, entre autres sur la base des prévisions et des études réalisées ;
  • approche pluridisciplinaire dans le cadre de laquelle les responsables politiques collaborent avec des économistes, des ingénieurs, des psychologues, etc. ;
  • renforcement des compétences des travailleurs et des employeurs en matière de SSE, entre autres par l’intégration du bien-être et de la prévention dans les programmes d’enseignement ordinaires et en encourageant l’apprentissage permanent ;
  • attention accrue portée au lien entre le travail et la santé publique afin que les maladies professionnelles soient identifiées plus tôt, voire évitées ;
  • renforcement des normes internationales applicables aux conditions de travail afin que le bien-être des travailleurs soit respecté partout dans le monde ;
  • renforcement du rôle des autorités ainsi que des partenaires sociaux et élargissement de la collaboration avec des instances telles que les universités, afin que des risques inconnus jusqu’à présent puissent être identifiés et pris en charge le plus tôt possible.
     
Lire le résumé (en anglais) sur le site de l'OIT
 
 
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Publié 26-04-2019

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