Sécurité

La FGTB exige la reconnaissance du stress et du burnout en tant que maladies professionnelles

À l'occasion de la journée mondiale pour la sécurité et la santé au travail (28 avril), la FGTB demande la reconnaissance du stress et du burnout par le Fonds des maladies professionnelles.

Un rythme de travail incompatible avec des carrières durables

Charge de travail élevée, objectifs irréalisables, rythme de travail imposé par des machines ou des logiciels, obligation de concurrencer les collègues, gadgets technologiques qui estompent la limite entre vie professionnelle et vie privée. Voilà le lot quotidien de nombreux travailleurs. Ceux-ci sont de plus en plus souvent contraints «d’aller dans le rouge». Et dans ce cas, certains indicateurs comme le stress, le burnout, l’absentéisme, le turn-over, etc., passent également au rouge.
 
L’enquête «Modern Times?» menée l’an dernier par la FGTB à l’occasion du 28 avril nous a appris que 74% des travailleurs interrogés ne s’estimaient pas en état de maintenir le même rythme jusqu’à 65 ans (alors que le gouvernement souhaite relever l’âge de la retraite à 67 ans…).
 
La même enquête a démontré que 6 personnes interrogées sur 10 craignaient que l’organisation du travail au sein de leur entreprise ne soit pas seulement à l’origine du stress et du burnout, mais aussi de problèmes relationnels, de dépressions, de troubles du sommeil, de problèmes alimentaires, d’affections cutanées et de bien d’autres problèmes encore.
 
Une récente étude de Securex (2015) indique que 64% des travailleurs souffrent du stress. Soit 18,5% de plus qu’en 2010. En outre, 97% de travailleurs victimes de stress indiquent que ce stress est nuisible à leur santé. Un travailleur sur 10 dit avoir souffert de burnout (9,2%). Tous les travailleurs interrogés expliquent que la charge de travail a fortement augmenté au cours des dernières années (+8%).
 
«Les travailleurs doivent pouvoir effectuer leur travail sans mettre leur santé en péril : une organisation du travail humaine, autonomie, respect, reconnaissance, formations, information… voilà ce dont nous avons besoin», dit Estelle Ceulemans, secrétaire fédérale de la FGTB. «Investir dans le bien-être des travailleurs est bon pour la productivité et diminue les coûts liés à l’absentéisme, aux licenciements, aux conflits, aux assurances… Cela ne peut quand même pas laisser les employeurs indifférents ?»

Exigences de la FGTB

Une solution concrète consiste à accroître la prévention. Estelle Ceulemans : «la prévention dans tous les domaines de l’entreprise : cela signifie intervenir au préalable et donc veiller à ce que les problèmes ne surviennent pas. Si des problèmes se posent malgré tout, ils doivent être rapidement résolus». C’est également l’essence de la dernière réglementation en matière de prévention des risques psychosociaux. Mais une nouvelle réglementation ne suffira pas…
 
La FGTB demande donc :
  • La reconnaissance par le Fonds des maladies professionnelles des maladies liées au stress, et ce, pour TOUS les travailleurs de TOUS les secteurs. Ces maladies, tout comme le burnout, sont en effet en bonne voie pour devenir LES maladies professionnelles du 21e siècle. Et qui dit reconnaissance, dit augmentation des investissements en matière de prévention. Une approche préventive (mieux vaut prévenir que guérir) se traduit également par une diminution des coûts de la sécurité sociale. En outre, les travailleurs confrontés au stress ou au burnout devraient pouvoir compter sur une allocation et un remboursement des frais de spécialistes de la santé et de traitements médicamenteux.
  • Un renforcement des services d’inspection, car la prévention prime par-dessus tout. Il faut prévoir davantage d’inspecteurs et davantage de moyens pour veiller à ce que les entreprises respectent la législation en matière de risques psychosociaux.

Publié 29-04-2015

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