La langue des signes garantit-elle plus de sécurité sur les chantiers ?

Le secteur du bâtiment reste confronté à un nombre élevé d’accidents. Bouwend Nederland et le syndicat FNV viennent de lancer un nouveau plan pour améliorer la sécurité sur les chantiers. L’introduction de la langue des signes devrait permettre une meilleure communication et promouvoir la sécurité. Ce plan suscite néanmoins des réactions mitigées.

Langue des signes

Les instances de la construction pointent les nombreux soucis de communication qui sévissent dans le secteur. Les professionnels du bâtiment doivent donc apprendre une nouvelle façon de communiquer, le « langage du bâtiment ». Il s’agit d’un langage gestuel comptant 25 signes, dont un signe d’avertissement d’un risque de trébucher. Ces signes sont indépendants d’une langue existante et sont donc utilisables par tout un chacun, quelle que soit sa langue maternelle. Contrairement au langage parlé, la langue des signes ne se perd pas dans le brouhaha qui règne souvent sur les chantiers. Si les professionnels ne maîtrisent pas cette gestuelle, ils n’obtiennent pas le certificat leur permettant d’accéder aux chantiers de construction.

Les travailleurs parlant une langue étrangère doivent en outre apprendre quelques rudiments de néerlandais pour comprendre quand on leur dit « attention » ou « laissez passer ».


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D’autres défis

Cette nouvelle approche suffira-t-elle pour supprimer les malentendus et diminuer réellement le nombre d’accidents ?

De fait, elle ne résout pas d’autres problèmes comme les contraintes de temps et les manipulations dangereuses. L’inspection du travail constate en effet de nombreuses infractions. Lors du dernier contrôle effectué, 11 des 29 chantiers de construction visités n’étaient pas en ordre vis-à-vis des règles de sécurité. Les échelles et les dispositifs de sécurité, par exemple, ne sont pas toujours sécurisés, même après des avertissements répétés.

Trop souvent, les employeurs se déchargent de la responsabilité de la sécurité sur le dos des travailleurs, alors qu’une politique d’encadrement en la matière s’impose. Michel Schenk, inspecteur du travail, commente : « Souvent, les tâches sont terminées dans la précipitation. Certaines décisions sont donc prises en dernière minute par les travailleurs eux-mêmes. Ce genre de situation est manifeste et incombe notamment aux intervenants chargés de la coordination, au nombre desquels figure le client. »

 

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Publié 17-06-2019

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