La prévention des incendies lors de travaux de rénovation menés dans les bâtiments historiques

L’incendie de Notre-Dame de Paris a ravagé la quasi-totalité de la toiture de la cathédrale. La véritable cause du sinistre n’est pas encore connue. La section centrale du toit était entièrement entourée d’échafaudages mis en place pour réaliser des travaux de rénovation. L’enquête devra révéler si ceux-ci ont joué un rôle. La construction de l’édifice et les matériaux utilisés, les travaux avec des tiers, la documentation disponible et la formation des services de secours ne sont que quelques-uns des nombreux facteurs qui déterminent la sécurité incendie.

L’incendie qui a récemment ravagé Notre-Dame de Paris et lors duquel la totalité de la toiture est partie en fumée nous a confrontés à la vulnérabilité des bâtiments historiques et anciens.
Assurer la sécurité incendie au sein de ces bâtiments importants est un défi de taille qu’il convient donc de ne pas sous-estimer.
La construction du bâtiment et les matériaux utilisés
Vu la structure complexe des monuments historiques, les portées de grande longueur, les multiples structures cintrées et les matériaux utilisés, il n’est pas évident d’appliquer les prescriptions légales en matière d’incendie (compartimentage, matériaux ignifuges pour les planchers, les plafonds, les portes et les traversées) à l’intérieur des bâtiments historiques ou classés.

Les gaz de fumée brûlants et les flammes peuvent se propager rapidement lorsque les conditions suivantes se présentent :
  • absence de compartimentage ;
  • présence de nombreuses niches et orifices ;
  • utilisation de matériaux combustibles pour la structure (de toit) (bois, rotin), le revêtement et la décoration (tissu).
Travaux avec des tiers
Il convient de tenir compte d’un risque d’incendie accru pendant toute la durée des travaux de construction ou de rénovation.

Il est par conséquent important, lors de telles activités de construction, de respecter les règles liées aux travaux avec des tiers et de prendre les mesures nécessaires lors de toutes les activités induisant un risque d’incendie potentiel.

Exemple d’activités impliquant un dégagement de chaleur et la formation d’étincelles : soudage, découpe ou ébavurage de métaux, pose de roofing au chalumeau, décapage de peintures à l’air chaud...
Lorsqu’on scie du bois ou du plastique, le frottement peut engendrer un début de feu couvant. La prudence doit donc incontestablement être de mise en présence de poussière fine, de sciure et de déchets (par ex. de déchets d’emballage).
Documentation et formation
La maîtrise efficace des risques d’incendie lors de la construction et de la rénovation débute par la documentation de tous les aspects pour lesquels des mesures strictes sont imposées, l’organisation d’une formation suffisante, la mise à disposition des équipements d’extinction nécessaires et surtout la création d’un environnement de travail sûr.

Les problèmes de disponibilité d’un approvisionnement en eau et les difficultés d’accessibilité de certaines parties du bâtiment représentent une difficulté pour les services de secours, qui doivent sauver la plus grande partie possible du bâtiment et de ses artefacts historiques.

S’il a été possible de préserver une telle quantité de biens en dépit des ravages du feu et de l’effondrement des structures, c’est parce que les services de secours français se montrent prévoyants et se préparent à de telles catastrophes en procédant à des exercices réguliers, à des visites préventives et à la mise à disposition d’une solide documentation à jour sur le bâtiment et son mobilier.
Travaux effectués dans des espaces abandonnés et comportement humain
Les travaux effectués dans des espaces « abandonnés » (sombres, froids) et le comportement humain constituent des risques à ne pas sous-estimer, par exemple :
  • les travaux effectués avec des circuits électriques temporaires pour l’alimentation de l’appareillage et de l’éclairage ;
  • l’usage d’un éclairage composé par ex. de lampes halogènes, de lampes TL ;
  • l’utilisation d’éléments de chauffage destinés à réchauffer l’environnement froid ;
  • le débranchement temporaire des systèmes automatiques de détection et/ou d’extinction d’incendie afin d’éviter les fausses alarmes ;
  • un comportement tabagique irresponsable…
Systèmes automatiques de détection et d’extinction des incendies
D’aucuns affirment encore souvent que l’installation de systèmes de sprinklage et/ou d’extinction par nébulisation n’est pas compatible avec la protection des œuvres d’art qui possèdent une valeur historique. Cette installation représente aussi un défi en raison de la structure complexe du bâtiment et de la nécessité de ne pas altérer le monument historique.
La protection du patrimoine contre l’incendie
Il n’existe pas de solution toute faite pour la mise en œuvre de mesures de protection anti-incendie. L’application des dispositions légales de lutte contre l’incendie dans les bâtiments historiques n’a rien d’une sinécure. Il faut donc arriver à certains compromis : tel est le prix à payer pour assurer la survie de notre patrimoine et de pouvoir encore en profiter durant de longues années en toute sécurité.

Plus d'informations sur senTRAL :

Publié 10-05-2019

  118