La reprise post-confinement - Questions et réponses

Nous consignons ici toutes les questions collectées sur SenTRAL – via divers canaux – à propos de la crise du coronavirus et des mesures de lutte contre sa propagation. Nous avons transmis les questions pertinentes à Edelhart Kempeneers, médecin du travail, directeur médical chez Attentia et auteur pour senTRAL, ainsi qu’à d’autres auteurs et à nos collègues de la rédaction de SocialEye. Cette page regroupe toutes les questions à propos de la reprise du travail en toute sécurité dans la nouvelle réalité post-confinement. Retrouvez ici les précédentes questions et réponses traitées dans la première phase, en mars et avril, soit avant l’autorisation de reprise du travail pour la plupart des entreprises.

Les thèmes abordés sont les suivants :
Collaborateur présentant des symptômes du COVID-19 au travail
Propagation via les toilettes
Douches
Nettoyage des surfaces
Plusieurs passagers dans un véhicule
Locaux collectifs
Premiers secours
Missions externes
  • Comment doit réagir l’employeur face à un travailleur qui présente soudainement des symptômes d’une infection possible au coronavirus ? Que faire si ce travailleur n’est pas en mesure de rentrer chez lui par ses propres moyens ?

EK : « Une telle situation me paraît plutôt exceptionnelle. Il me semble peu probable qu’un travailleur arrive au travail en bonne santé et soit dans l’incapacité, quelques heures plus tard, de rentrer chez lui par ses propres moyens. Cependant, si cette situation devait se présenter, je conseille d’appeler un taxi ou de demander à un autre travailleur de reconduire le collaborateur malade chez lui. La présence de deux personnes dans un même véhicule est en effet autorisée, mais le port de masques est alors recommandé. Si la personne est très malade, il est évidemment préférable d’appeler une ambulance. N’oubliez pas de désinfecter minutieusement le poste de travail du collaborateur malade. »
  • Existe-t-il un lien entre l’usage des toilettes et une infection possible par le coronavirus ?

EK : « Des analyses des eaux usées ont montré que le virus était également présent dans les selles. Par conséquent, lorsque vous tirez la chasse, il est possible que le virus se diffuse – de manière limitée – sous forme de gouttelettes. Cette information est toutefois à relativiser : les principaux modes de transmission restent la toux, l’éternuement et la parole. Pour réduire le plus possible le risque de contamination aux toilettes, Sciensano conseille de fermer le couvercle de la cuvette avant de tirer la chasse. »
  • Des collaborateurs peuvent-ils partager la même camionnette ? Et si oui, dans quelles conditions ? Faut-il installer une paroi en plexiglas et/ou porter un masque buccal ?

EK : « Selon les dernières directives officielles, deux travailleurs peuvent occuper le même véhicule en même temps, à condition de maintenir la plus grande distance possible entre le chauffeur et le passager. Concrètement, cela signifie que le passager doit prendre place à l’arrière, sur le siège opposé au chauffeur. Si c’est impossible, le port du masque est obligatoire. L’installation d’une paroi en plexiglas doit être discutée avec des mécaniciens, car elle ne peut en aucun cas augmentent le risque en cas d’accident de la route. »
  • Comment limiter les contacts avec des surfaces ? Y a-t-il des conseils ou des outils spécifiques ?

EK : « Je plaide ici pour une approche pragmatique, en fonction de la situation concrète. Dans les magasins, le paiement sans contact a de plus en plus de succès. Sur les poignées de porte, vous pouvez placer un adaptateur qui permet d’ouvrir la porte avec le coude. De nombreuses entreprises utilisent des cordons noués dans lesquels il suffit de passer le bras pour ouvrir la porte. Les solutions créatives et pragmatiques pour réduire le risque de contamination ne manquent pas. »
  • Et pour les rampes d’escalier ?

EK : « Étant donné la grande fréquence d’utilisation des rampes d’escalier sur le lieu de travail, le nettoyage et la désinfection de ces éléments doivent être repris dans la routine de nettoyage, au même titre que les boutons-poussoirs, les poignées de porte et les balustrades. Les rampes d’escalier sont un facteur important de contamination. »
  • L’utilisation des douches (individuelles) est-elle encore autorisée, par exemple pour les travailleurs qui viennent au travail à vélo ?

EK : « L’utilisation des douches reste autorisée si la distance physique est respectée. Le nombre de travailleurs présents dans le local de douches au même moment doit donc être limité. S’il n’est pas possible de garantir le respect de cette limite, le local de douches ne peut pas être utilisé. En soi, le risque de contamination dans les douches n’est pas plus élevé que dans d’autres locaux. »
  • Dans le cadre de l’organisation de formations en classe, faut-il appliquer les règles imposées aux établissements scolaires ?

EK : « Les deux situations ne sont pas comparables. Dans l’enseignement, on parle de “bulles de contamination”. Cela signifie que les groupes d’élèves sont prédéfinis, les élèves ne se mélangent pas. La dynamique d’une formation courte est cependant différente. Je suggère par conséquent d’appliquer les règles générales, comme le respect d’une distance physique et une ventilation suffisante des locaux. En fonction de la formation, on peut prévoir des mesures supplémentaires (par exemple dans le cas d’une formation sur les premiers secours). »
  • Faut-il être attentif à certains aspects spécifiques pour l’organisation des premiers secours au sein d’une entreprise ? Que doit contenir la trousse de premiers secours ?

EK : « Il existe en effet de nouvelles lignes directrices en matière de premiers secours pendant la crise du coronavirus. Concrètement, le secouriste ne peut s’approcher à moins d’un mètre cinquante de la victime, sauf pour les manœuvres destinées à préserver la vie. Même pour ce type de manœuvre, vous devez systématiquement porter des gants et un masque buccal (chirurgical ou FFP2). Des désinfectants doivent également être disponibles pour après l’intervention (alcool à 70 % et/ou solution contenant 0,2 % d’hypochlorite de sodium), mais ces produits sont déjà présents dans de la trousse de premiers secours. »
  • De quel matériel et de quelles instructions les collaborateurs qui se rendent dans d’autres organisations (techniciens de maintenance, consultants...) doivent-ils disposer ?

EK : « Il faut selon moi prévoir un kit de protection par groupe de fonction. Cela dépend donc de la mission précise des collaborateurs. Par exemple, certains auront peut-être besoin d’un masque buccal supplémentaire et de gel hydroalcoolique. Il est parfois utile d’en discuter au préalable avec le client, car, dans certaines entreprises, d’autres lignes directrices ou conditions peuvent s’appliquer aux visiteurs. »

Auteur: Edelhart Kempeneers, Geert Van Cauwenberge

Publié 27-05-2020

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