La tolérance entraîne davantage de harcèlement sexuel

Les normes sociales sont extrêmement importantes pour prévenir le harcèlement sexuel au travail. Une étude du prof. Dr Kris Hardies (Université d’Anvers) a révélé que lorsque les actes d’intimidation semblent être acceptés par les collaborateurs, les travailleurs s’en rendent plus rapidement coupables. Certains traits de caractère ont également une influence. L’étude a ceci d’intéressant qu’elle analyse le comportement des hommes et des femmes. Bien que les hommes soient plus souvent à l’origine des cas de harcèlement sexuel au travail, on observe que des actes d’intimidation du même type sont commis par des femmes.

L’Université d’Anvers a interrogé 199 employés (96 hommes et 103 femmes). Lors du sondage, le véritable objectif de l’étude a été délibérément passé sous silence afin d’inciter les participants à répondre le plus honnêtement possible. 53 % des hommes et 35 % des femmes ont reconnu avoir fait à plusieurs reprises des plaisanteries et des commentaires à connotation sexuelle au travail au cours de l’année écoulée. 4 % des hommes et 1 % des femmes ont concédé avoir, durant les douze derniers mois, envoyé ou montré des messages ou des photos à caractère sexuel à des collègues qu’ils ne côtoyaient pas. 22 % des hommes et 7 % des femmes ont utilisé des termes tels que « gay » ou « homo » au travail.

« Un des résultats les plus frappants de l’étude est l’importance des normes sociales. Si les travailleurs ont l’impression que les commentaires émoustillants, les gestes non verbaux à connotation sexuelle, voire un contact corporel non souhaité sont tolérés dans leur environnement de travail, ils auront plus vite tendance à s’y essayer. Pour lutter efficacement contre le harcèlement sexuel au sein des entreprises, il est essentiel que les travailleurs réagissent de façon assertive lorsqu’ils constatent ce genre de situation. Il faut cesser de faire comme s’il ne se passait rien. Tant que ces comportements semblent acceptés au sein des entreprises, ils ne disparaîtront pas », explique le professeur Hardies de la faculté des sciences de l’entreprise et d’économie dans les colonnes du Nieuwsblad.

En fait, l’étude avait pour objectif d’examiner dans quelle mesure les traits de personnalité ont une influence en matière de harcèlement sexuel. Il apparaît que les personnes moins ouvertes aux nouvelles expériences ou aux avis différents sont plus rapidement enclines à harceler sexuellement leurs collègues. Mais la culture d’entreprise joue un rôle bien plus important que la personnalité. Il ne s’agit donc pas d’une simple question de caractère : l’élément le plus déterminant est l’environnement. La bonne nouvelle est toutefois que les normes sociales ont un impact significatif. Les employeurs ont la mainmise sur la culture d’entreprise.

L’étude a analysé un large panel de comportements, du harcèlement sexuel verbal aux comportements non souhaités, ces derniers étant heureusement beaucoup moins fréquents. Mais en qualité de chef d’entreprise, il est préférable d’en éviter également la variante verbale. Une étude antérieure a révélé que les travailleurs qui en sont victimes se déclarent peu épanouis dans leur travail et ont une moins bonne santé mentale.

L’étude peut être consultée sur le site web de ScienceDirect : « Personality and Individual Differences » (en anglais)

Publié 20-08-2019

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