Le benchmarking de la sécurité intégré à la norme ISO 45001

Le benchmarking est un moyen qui permet aux organisations de se comparer à d’autres organisations de façon méthodique et structurée, en l’occurrence sur des aspects de la sécurité. Si c’est une pratique qui n’a rien de nouveau dans le domaine de la qualité, elle l’est moins en matière de sécurité. Le benchmarking est également moins connu des conseillers en prévention. C’est pour cette raison, mais aussi parce que la nouvelle norme ISO 45001:2018 le mentionne expressément (au chapitre 6. Planification, 6.1 Actions à mettre en œuvre face aux risques et aux opportunités, point A.6.1.1.), que nous allons en expliquer quelque peu le principe.

Qu’est-ce que le benchmarking ?

Un benchmark est un terme d’arpentage qui désigne un point géodésique ou de référence. Quand on effectue un benchmarking, on cherche un point de référence auquel on peut comparer ses activités professionnelles. Ensuite, ce point tient lieu de cadre de référence. Le benchmarking consiste à comparer ses propres performances en matière de sécurité, à comparer les systèmes d’organisations, à comparer ses propres processus avec ceux d’autres organisations ou entre différents départements ou unités opérationnelles au sein d’une même organisation (= c’est ce que nous appelons le benchmarking interne). Après la comparaison avec les autres organisations vient l’analyse des différences : pourquoi font-elles ceci ou cela autrement et pourquoi y applique-t-on d’autres façons de travailler, pourquoi d’autres organisations sont-elles meilleures dans le domaine de la sécurité ? En procédant à cette étude et à cette analyse, on entend repérer les meilleures techniques et les utiliser afin de s’améliorer soi-même. Le benchmarking, c’est donc la recherche des « meilleures pratiques ». Le benchmarking n’est pas un exercice ponctuel. S’il est bien appliqué, c’est un processus d’apprentissage structuré qui sert à améliorer ses propres performances. De plus, c’est un processus continu. D’un côté, il réclame une certaine somme d’efforts de la part de votre entreprise, mais de l’autre, il vous rapporte aussi beaucoup sous la forme d’une amélioration continue de vos performances.

Avantages du benchmarking

Le benchmarking possède une série d’avantages non négligeables que nous allons vous énumérer ci-après.

Avantage n° 1 : vous obtenez une idée objective de votre position par rapport à d’autres organisations.
En comparant votre entreprise avec d’autres entreprises performantes, vous vous faites une bonne idée de sa place. En outre, ce comparatif vous éclaire sur la façon dont cette place est apparue, et sur les points sur lesquels vous pouvez l’améliorer.

Avantage n° 2 : vous pouvez améliorer en continu vos processus internes dans le domaine de la sécurité.
Il se peut parfaitement que les processus de votre entreprise soient déjà bien huilés. N’oubliez toutefois pas qu’il est toujours possible de les améliorer. Cela vaut par exemple pour le processus des achats. Comment pouvez-vous l’améliorer ? Par exemple, en examinant bien ce que font les entreprises qui exécutent ce processus mieux que votre entreprise.

Avantage n° 3 : le benchmarking permet de définir des objectifs réalistes.
La pratique révèle que beaucoup d’entreprises se fixent des objectifs intuitivement. Des objectifs de cette nature ne sont pas toujours les meilleurs, car ils risquent de ne reposer sur rien. En évaluant les performances de vos concurrents qui font mieux que vous, vous serez en mesure de vous fixer des objectifs réalistes. Ensuite, vous pourrez spécifier les points d’action à prévoir en vue de les atteindre.

Avantage n° 4 : un regard davantage tourné vers l’extérieur (de l’inside-out à l’outside-in).
Beaucoup d’entreprises sont bien trop axées sur elles-mêmes. Une phrase telle que « Ça marche peut-être ailleurs, mais chez nous, c’est comme ça que ça se passe et pas autrement » est typique à cet égard. Le benchmarking permet de montrer clairement au personnel que la concurrence procède autrement et pourquoi est meilleure sur certains points.

Avantage n° 5 : une meilleure idée de vos forces et de vos faiblesses.
On établit une analyse SWOT pour repérer les points forts et les points faibles de son organisation. Elle sert à mettre dans la balance ses forces et ses faiblesses, ainsi que ses opportunités et ses menaces. Le benchmarking vous offre surtout la possibilité de mieux argumenter les premières. Il met en évidence vos points forts et vos points faibles.

Inconvénients du benchmarking

Cela dit, le benchmarking ne se justifie pas toujours. Se lancer comme ça dans la collecte de données n’est pas la bonne façon d’opérer. Trouver des chiffres et s’assurer de pouvoir les comparer prend du temps. Il faut se demander par exemple :
  • s’il s’agit bien du même processus opérationnel ;
  • en quoi les accidents que l’on veut comparer se ressemblent et en quoi ils diffèrent ;
  • comment obtenir les informations que l’on recherche ;
  • si l’on songe vraiment à transposer effectivement dans son organisation les améliorations identifiées.


Dans la pratique, on peut souvent noter beaucoup de différences entre sa propre organisation et celle à laquelle on la compare, par exemple au niveau des processus d’exploitation, des risques et des opportunités, de la formation du personnel, du rapport entre personnel direct et indirect ou du parc des machines et de son degré d’automatisation. C’est notamment le cas quand on va chercher le benchmark en dehors de son propre secteur. Plus ces différences sont grandes, plus le benchmarking est difficile à appliquer à sa propre organisation.

Pas de benchmarking dans l’ISO 14001 ?

Enfin, on fera remarquer que l’ISO 14001 ne prévoit pas de benchmarking. Ce n’est que logique, puisque la législation intègre déjà les MTD ou Meilleures Techniques Disponibles. Or, ces MTD sont précisément déterminées par benchmarking.
Auteur : Jan Dillen

Pour en savoir plus sur l’ISO 45001, rendez-vous sur senTRAL.
 

Publié 10-07-2019

  72