Le budget supplémentaire dégagé pour les assistants allège la charge de travail des enseignants néerlandais

Les enseignants ploient toujours plus sous la charge de travail, ce qui se reflète dans leurs absences pour maladie. En Belgique, près de quarante pour cent des absences de professeurs sont le fait du stress, d’une dépression ou d’un burn-out. Le 20 mars, un grand nombre de professionnels de l’enseignement ont débrayé pour attirer l’attention sur le stress persistant dont ils souffrent. Aux Pays-Bas, un budget supplémentaire est dégagé depuis cette année scolaire pour alléger la charge de travail des enseignants. Une enquête révèle aujourd’hui que ce budget contribue réellement à rendre l’enseignement plus supportable. Les écoles utilisent en premier lieu ces moyens financiers pour engager du personnel supplémentaire.


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Un accord relatif à la charge de travail

En février 2018, les syndicats néerlandais, le Conseil pour l’Enseignement primaire et le ministre de l’Éducation Arie Slob ont signé l’accord sur la charge de travail. Depuis cette année scolaire, chaque école fondamentale reçoit 155 euros par élève pour alléger cette charge. L’établissement est libre d’allouer ce budget aux mesures de son choix, dans le but ultime de soulager les enseignants.

Un travail moins pénible

L’organisme de recherche sur l’enseignement DUO a interrogé 600 instituteurs néerlandais actifs dans l’enseignement fondamental à propos de l’impact de ces budgets supplémentaires. Les premiers résultats semblent d’ores et déjà positifs. Si la majorité des enseignants interrogés (63 %) disent percevoir un allègement de la charge de travail depuis l’instauration du budget supplémentaire, ce n’est toujours pas le cas pour 1 instituteur sur 3.

Mesures choisies

Les personnes interrogées connaissent pour la plupart les mesures prises par leur école grâce à ce budget.

La plus populaire est le recrutement d’auxiliaires d’éducation supplémentaires (54 %). Un instituteur sur trois indique que le budget a été affecté à l’engagement d’enseignants de groupe ou de professeurs spécialisés (32 % chacun). Pour 18 %, la mesure a consisté à engager un soutien d’équipe, comme un concierge. Enfin, 10 % des enseignants déclarent que le budget a été mis à profit pour acheter des équipements ICT de meilleure qualité ou en plus grand nombre.

Un débat sur les mesures

Outre ce budget supplémentaire, l’accord prévoit également l’obligation, pour les équipes scolaires, de débattre des défis que les enseignants doivent relever en termes de pression au travail. L’équipe d’encadrement est ensuite appelée à formuler des solutions qui constitueront le fondement du plan d’affectation des moyens. Dans 86 % des cas, les équipes scolaires interrogées ont effectivement mené cette réflexion.

Dans 11 % des équipes d’encadrement, le dialogue n’a pas encore été instauré.

Du pain sur la planche

Cependant, le Syndicat général de l’Enseignement néerlandais reste vigilant : « Cette étape était nécessaire pour l’enseignement fondamental, nous nous réjouissons qu’elle porte ses fruits. Mais ce n’est pas encore suffisant, loin de là. »

Et en Belgique ?

Marianne Coopman, secrétaire générale de l’aile flamande de la CSC Enseignement, estime que le Gouvernement flamand doit en finir avec ses mesures d’économie et investir davantage dans l’enseignement.

En Belgique, des voix s’élèvent en faveur d’une diminution de la charge de travail en engageant davantage d’auxiliaires d’éducation. Lieven Boeven (de l’association Katholieke Onderwijs Vlaanderen) en est un des plus fervents défenseurs. Les assistants pourraient par exemple prendre en charge certaines tâches administratives, assurer l’accompagnement lors d’excursions scolaires, surveiller les temps de récréations, corriger certains travaux ou assurer les remédiations pour certains élèves ayant besoin d’une attention spécifique.

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Publié 04-04-2019

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