Sécurité

Le burn-out reste difficilement mesurable

La problématique du burn-out est omniprésente. Mais de nouvelles variantes telles que le bore-out font de plus en plus l’actualité. Mais qu’est-ce qu’est précisément un burn-out ?

Les politiciens ont souvent recours à des statistiques d’enquêtes pour appuyer la nouvelle législation sur les risques psychosociaux au travail. Mais les résultats de nombreuses autres études sont éloignés. Comment détermine-t-on ces chiffres ? Et à quel point sont-ils fiables ?

Qu’est-ce qu’un burn-out ?

La définition le plus utilisée, mais non pas moins contestée, est celle du professeur Christina Maslach. Elle définit le burn-out comme un état d’épuisement dans lequel la personne devient cynique par rapport à la valeurs de son travail et doute de ses capacités à pouvoir accomplir ses tâches.
 
Cette définition comporte selon elle trois caractéristiques principales du burn-out : l’épuisement émotionnel, la dépersonnalisation et le sentiment de diminution des capacités.
 
Malgré la très large diffusion et application de cette définition, diverses publications scientifiques ont conclu qu’il n’y avait pas encore de définition généralement acceptée du burn-out et que la description de Maslach présente des lacunes.

Quelles sont les formes de burn-out ?

Il y’a débat quant à établir si la mesure dans laquelle une personne se sent émotionnellement épuisée est une caractéristique essentielle du burn-out. D’autres soutiennent qu’il existe diverses formes de burn-out, comme le bore-out ou le worn-out.
 
Il est étonnant de constater que le burn-out n’est pas décrit dans les standards internationaux. Une des raisons est peut-être que la distinction exacte entre le burn-out et les autres problèmes mentaux comme la dépression fait encore largement débat. Cela ne rend pas facile l’adoption de mesures de prévention adéquates, et encore moins la reconnaissance du burn-out en tant que maladie professionnelle.

Comment mesure-t-on un burn-out ?

Les chiffres liés au burn-out dans les médias sont souvent basés sur des enquêtes. La plupart des questionnaires utilisés pour mesurer les burn-out viennent à nouveau souvent de Maslach. Ces questionnaires, comme beaucoup d’autres, demandent à l’utilisateur d’évaluer sur une échelle dans quelle mesure diverses propositions s’appliquent à son cas.
 
De nombreuses études montrent que la fiabilité de ces échelles laisse encore à désirer. Et il est encore plus difficile d’interpréter les scores. A partir de quel score total s’agit-il d’un burn-out ? Trop souvent on utilise encore des normes arbitraires au lieu de normes basées sur une étude de rapport entre le score total déterminé et un diagnostic médical sur les risques d’incapacité de travail de longue durée.
 
Le recours à des normes non adaptées peut conduire à une sous ou surestimation des risques de burn-out et envoient alors un mauvais signal. Celui qui a une mauvaise journée, va être rapidement et injustement assimilé au groupe à risques. A contrario ceux qui sont victimes d’un burn-out d’une autre manière ne sont pas non plus détectés.

 
Plus d’information sur senTRAL à propos du burn-out : 

Publié 15-01-2016

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