Le cadrage du message pour les réunions toolbox et les LMRA

Le framing, ou cadrage du message, est une technique de communication qui vise à stimuler les comportements sûrs chez les travailleurs. Cette méthode repose sur l’utilisation d’illustrations ou de termes qui véhiculent des messages implicites relatifs à la sécurité (voir exemples : chiffres de production, chariot élévateur endommagé, couleur rouge, partenaire restée à la maison, ordre et propreté). Ce cadrage permet de mettre l’accent sur une certaine vision, ou attitude vis-à-vis de la sécurité dans l’organisation.

Le cadrage du message pour les réunions toolbox et les LMRA

Ce cadrage est utile pour la communication en matière de sécurité. En choisissant les images et le vocabulaire d’un message, un auteur peut évoquer certains sentiments et influencer la perception que d’autres ont de la réalité de la sécurité et de la santé dans l’entreprise. Le cadrage agit comme un filtre des informations. La communication n’est jamais neutre, tout message concernant la sécurité — « Nous voulons que chacun rentre chez soi en sécurité » ou « zéro accident » — est par conséquent cadré, chargé des idées préconçues de son auteur.
Plutôt que d’utiliser des arguments pour convaincre, le cadrage du message s’appuie sur l’association entre illustration et langage. Par conséquent, une thématique cadrée peut être « recadrée » par la suite et prendre un tout autre sens.

Les conseillers en prévention peuvent utiliser cette technique pour leurs réunions toolbox, leurs LMRA, leurs affiches, etc.

Exemples

En affichant le nombre de pièces produites par jour, une entreprise entretient l’idée que sa production est plus importante que ses conditions de sécurité.

L’ordre et la propreté sont très importants. Un lieu de travail rangé et propre est souvent associé à un travail bien fait, à une production efficace et rappelle la sécurité, la propreté du domicile. Ce cadrage favorise les comportements sûrs.


Les campagnes de sécurité mettent souvent l’accent sur les femmes des travailleurs, restées à la maison. Le risque est parfois accentué par la couleur des vêtements : le rouge évoque inconsciemment le danger.




La vue d’un chariot élévateur à la carrosserie cabossée, portant des traces de peinture et de coups ou au siège abîmé donne l’impression que la sécurité n’est pas la priorité.


Comportements sûrs et sciences de la sécurité : cadrage ou homéostasie ?

Les « sciences de la sécurité » ne sont pas une véritable branche scientifique, sinon une pseudoscience qui tente de réunir les théories de différentes disciplines. 
Les professionnels de la sécurité sont organisés, leur discipline possède son propre jargon et est théorisée en manuels, revues spécialisées et formations.
Les sciences de la sécurité, en revanche, restent peu étayées. Deux théories antinomiques l’attestent : la théorie du cadrage du message issue de la communication et de la psychologie, d’une part, et la théorie de l’homéostasie du risque issue de la biologie, d’autre part.
La technique du cadrage est fréquemment utilisée dans les campagnes de communication et de marketing. Les termes et illustrations sont spécialement choisis pour évoquer des émotions et modifier les comportements. Le but varie de l’achat de certains produits au vote pour un parti politique en passant par l’adoption d’un comportement sûr.
La théorie de l’homéostasie du risque s’inspire du phénomène biologique qui veut qu’un organisme cherche à préserver son équilibre interne — steady-state, état stationnaire ou encore homéostasie — face aux changements de son environnement (Wilde, 1982, 1986).
Bien qu’aucune de ces théories ne soit réellement validée, les adeptes des sciences de la sécurité ne s’en formalisent pas. Ils suivent les tendances et se plaisent à adopter les théories en vogue, qu’ils affichent comme des vérités absolues sans se donner la peine de les vérifier.
Quoi qu’il en soit, la théorie du cadrage du message et celle de l’homéostasie du risque se contredisent. En effet, la première part du principe que les collaborateurs s’adaptent au cadre dans lequel ils travaillent. Dans un environnement sûr et rangé, ils seraient ainsi stimulés à mieux respecter les mesures de sécurité, que ce soit là le résultat d’un cadrage conscient de la direction ou le fruit du hasard.

La seconde prend le contrepied et avance qu’un poste de travail sûr encouragerait un comportement peu soucieux de la sécurité. Les travailleurs sont habitués et acceptent un certain niveau de sécurité. Si des mesures techniques venaient à rendre leur environnement plus sûr, ils seraient enclins à baisser leur garde. Ce phénomène s’observe dans la circulation routière. Puisque les voitures sont plus sûres que jamais grâce aux ceintures et autres airbags, les conducteurs sont moins prudents au volant.

Alors, où se trouve la vérité : du côté du cadrage du message ou de l’homéostasie du risque ?

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Publié 12-03-2020

Jan Dillen
Auditor @ Vincotte / VCA-coördinator / Auteur senTRAL
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