Le contrôle du respect des mesures COVID est renforcé

Les chiffres ne sont pas bons. Lors de la conférence de presse du Centre national de crise du 9 décembre, un lien a été fait avec la mobilité accrue de la population, renforcée par un assouplissement du télétravail. Le risque d'une troisième vague est réel. Le ministre de l'économie et du travail va donc augmenter le nombre de contrôles dans les entreprises.

Depuis le 2 novembre, la Belgique est entrée dans un second lockdown. Les vacances d'automne ont été prolongées, plusieurs magasins ont dû fermer, le télétravail est redevenu obligatoire dans la mesure du possible, et le nombre de contacts dans les cercles privés a également été réduit.
L'effet était visible. Grâce à cela, et à la fermeture de l'industrie hôtelière une semaine plus tôt, la nouvelle augmentation du nombre d'infections à corona a été stoppée. Un déclin rapide de la courbe a commencé le 9 novembre. Le fournisseur de services RH Attentia a également noté que la part du télétravail dans les heures travaillées par les employés a de nouveau augmenté en novembre, passant de 27,5 % à 32,5 %. Une augmentation notable, mais pas encore au niveau d'avril, où environ 41% des heures étaient effectuées par télétravail.
La semaine dernière semble avoir atteint un plateau. Le nombre d'infections confirmées ne diminue plus. Quelle en est la cause ?


Risques de contamination sur le lieu de travail
Les infections se produisent principalement par contact direct et étroit ou prolongé dans des zones moins bien ventilées, en particulier chez les adultes. Sans mesures, le virus SRAS-CoV-2 se propage donc principalement dans les restaurants, les centres de fitness, les cafés et les snacks, les hôtels et les institutions religieuses, selon une étude publiée dans Nature. Des environnements de travail bien définis se sont également révélés être d'importantes sources d'infection, comme le montrent les foyers qui ont été retrouvés dans les usines de transformation des aliments de plusieurs pays.
Cela ne veut pas dire que ce sont les seules sources de contamination. Par exemple, les enfants ne sont pas le "moteur" de la dispersion, mais la réouverture des écoles après les vacances d'automne a un certain impact, ne serait-ce que (et pas seulement) en raison des contacts accrus entre les parents qui vont chercher et amener leurs enfants. La réouverture des magasins non essentiels a également un effet cumulatif, augmentant le nombre d'infections.
De même, le fait d'effectuer le travail administratif dans des espaces bien ventilés sur le lieu de travail aura un impact. Chaque contact individuel comporte un très faible risque de contamination. Très faible, mais non négligeable en raison de l'effet cumulatif. Si chaque employé présente un risque d'infection de 1 sur 10 000 pendant un jour de semaine, mais qu'il y a 1 700 000 employés au travail en Belgique, cela entraîne une moyenne de 170 contaminations par jour. C'est précisément la raison pour laquelle le télétravail doit rester la norme.

Plus d'inspections dans les entreprises
Entre le 23 mars et le 4 décembre 2020, l'inspection du travail a visité 20 433 entreprises. 9 477 d'entre elles ont été jugées en infraction et 112 ont été fermés. Le ministre de l'économie et du travail Pierre-Yves Dermagne a indiqué lors de la conférence de presse du 9 décembre qu'ils allaient augmenter le nombre de contrôles dans les entreprises pour le respect du télétravail.
Sur Radio 1, Geert De Poorter, directeur de l'Inspection fédérale du travail, a confirmé (10 décembre) que des efforts sont faits pour assurer le respect des mesures dans les ateliers. "Nous pouvons voir dans les chiffres qu'environ la moitié de nos contrôles détectent des violations : il s'agit surtout de petites choses auxquelles on peut remédier rapidement, comme l'absence de pancarte avec des directives. Celles-ci peuvent être corrigées rapidement et facilement. Mais nous détectons aussi parfois de graves violations, souvent lorsque de nombreuses personnes travaillent dans une même pièce sans masque ou à une distance suffisante. Dans ce cas, nous agissons strictement. Le manque de distanciation sociale est l'une des violations que nous observons le plus. Nous examinons également de plus près la ventilation.
Les inspections sont différenciées en fonction de l'endroit où nous voyons le plus de problèmes, a déclaré M. De Poorter. Il s'agit notamment du secteur de la construction et du secteur des services. Les sanctions vont d'un simple avertissement à la fermeture de l'entreprise s'il existe un grave danger pour la santé publique, et elles font également l'objet d'un suivi. "Nous effectuons des contrôles de suivi efficaces pour voir si les mesures imposées ont été appliquées après une inspection, et nous n'annonçons pas nos inspections ! En outre, nous disposons d'une ligne d'assistance téléphonique pour la "concurrence loyale" et de nos centres de contact. Toutes les plaintes reçues font l'objet d'un suivi efficace. Toute personne ayant connaissance de faits non conformes aux règles peut toujours s'adresser à l'inspection du travail".


Le travail à domicile doit être effectué si possible
Mais il est beaucoup plus difficile de contrôler le télétravail. Depuis le 14 octobre, les employés qui sont présents sur le lieu de travail doivent pouvoir présenter une attestation de leur employeur selon laquelle ils doivent être présents. De Poorter : "L'inspection du travail contrôle désormais la politique des entreprises en matière de télétravail : l'autorise-t-elle effectivement pour tous les lieux de travail où le télétravail est également possible ? Nous prenons des mesures en cas de plaintes à ce sujet et nous effectuons également des inspections "au hasard", dans le cadre desquelles nous examinons les emplois de l'entreprise qui se prêtent au télétravail, puis nous vérifions les listes de présence pour voir si ces employés travaillent effectivement à domicile. Bien entendu, l'inspection du travail ne peut pas contrôler les employés à domicile et ne dispose pas non plus de chiffres généraux sur le sujet. Le ministre nous a imposé hier d'intensifier nos inspections. Avec les autres inspections, il y a maintenant plus d'un millier d'inspecteurs sur le terrain qui donnent la priorité aux inspections COVID, y compris le respect de l'obligation de télétravail. Et nous allons lancer une autre campagne pour rappeler aux chefs d'entreprise qu'ils sont tenus de rendre le télétravail possible pour tous les employés qui peuvent faire leur travail à domicile".
Des mesures strictes resteront nécessaires au moins jusqu'en mai, pour éviter un troisième lockdown. Voici donc un autre appel aux entreprises pour qu'elles offrent le télétravail partout où c'est possible, à la fois pour assurer leur propre continuité commerciale et pour le bien public.


RTBF : Pierre-Yves Dermagne appelle l’inspection du travail à intensifier les contrôles "télétravail"
VRT radio 1


Auteur: Edelhart Kempeneers – Joris De Vroey

Publié 14-12-2020

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