Sécurité

Le Facility Manager a aussi un rôle à jouer dans le bien-être au travail

Dans les statistiques annuelles de l’INAMI le nombre de jours remboursés a augmenté ces cinq dernières années. Les chiffres les plus récents de 2013 montrent une augmentation de 4,11% par rapport à l’année précédente et de 34,55 millions d’euros. Afin d’améliorer l’atmosphère de travail certaines entreprises recrutent un Chief Happiness Officer (CHO), une tendance provenant des entreprises technologiques américaines. Néanmoins selon le Dr. Lode Godderis (Idewe) le Facility Manager peut assumer ce rôle à la perfection. Surtout lors du projet de réintégration après maladie de longue durée, le Facility Manager peut jouer un rôle important. C’est ce qui est décrit dans un article du magazine FM Magazine.

Maintenir le contact

Les chiffres confirment que plus longtemps une personne reste sans travailler, plus minces sont les chances qu’elle retourne au travail. Après une absence de 3 à 6 mois il s’agit seulement de la moitié. Pour ceux qui sont absents plus d’un an, ce pourcentage est de 10 à 20%. Divers éléments jouent un rôle. Godderis explique: «Une fois la phase aiguë de la maladie passée, nous observons que bon nombre de personnes ont des craintes. Que vont dire mes collègues? Vais-je être en mesure de travailler? C’est ici qu’un Facility Manager ou un supérieur direct peut jouer un rôle important. Ils peuvent prendre en charge cette crainte dans une large mesure. La clé est de maintenir un contact avec le travailleur malade. Ce que beaucoup de managers ne font pas aujourd’hui. Il n’est pas question d’un manque d’intérêt ou d’empathie, mais plutôt d’embarras. Ils ne savent pas très bien quoi dire ou ne veulent pas donner l’impression d’exercer un contrôle. Néanmoins un simple appel téléphonique et un «comment vas-tu?» sont suffisants pour que le travailleur sente qu’il est un important chaînon manquant».  

Description claire des tâches

Un autre élément important pour rendre possible un retour réussi est l’adaptation des conditions de travail. «La réduction de la pression professionnelle est souvent une utopie, mais changer la manière dont l’équipe y fait face est un objectif atteignable. Il apparait dans l’enquête que les travailleurs ont besoin de trois choses: autonomie, mise à profit des compétences et soutien social des collègues et de la ligne hiérarchique. De plus une répartition claire des tâches et l’évitement de conflits de fonctions est très importante. Les gens veulent savoir précisément ce que l’on attend d’eux et souhaitent des fonctions définies qui ne s’enchevêtre pas. Si en tant que manager vous répartissez les tâches de manière claire et éviter les conflits de fonctions, alors il y aura une augmentation de l’engagement au travail et une chute sensible des risques de burn-out».

Aide lors du retour au travail

Souvent le travail peut contribuer à l’état de santé et il s’agit d’une étape importante dans la guérison. La condition réside dans la manière avec laquelle les circonstances de travail ont été modifiées. En tant que Facility Manager vous devez penser à la manière dont le trajet de réintégration se déroulera. «Vous pouvez comparer ça avec le fait de faire du vélo», clarifie Godderis dans l’article, «un coureur qui revient juste d’une grave blessure ne va pas participer directement au tour de France. Vous le laisser se rétablir via de plus petites courses. Il existe de nombreuses solutions sûres et efficaces à disposition mais qui sont encore trop peu connues. Ainsi le travailleur peut recommencer à mi-temps. La moitié de son salaire sera fournie par la mutuelle. Il est regrettable qu’encore tant de préjugés existent à propos de telles mesures. Tout le monde a des défauts, chacun peut être fort aujourd’hui, mais avoir besoin d’une aide supplémentaire demain. Il est alors crucial de donner une chance et de la confiance».       

Enquête de l’Idewe

En outre l’article informe que l’Idewe travaille actuellement sur une étude dans laquelle la santé dans divers secteurs et groupes d’âge est scrutée minutieusement. Les plus grands défis résident surtout dans les petits entreprises. Elles sont plus difficiles à atteindre avec des campagnes et les coûts pour améliorer la politique de bien-être sont souvent trop élevés.
 
Cependant c’est là que les risques sont les plus élevés. Selon une étude européenne le risque d’un accident de travail mortel est deux fois plus important dans une PME. Mais dans les petites entreprises le potentiel d’instauration d’une politique de bien-être efficiente est plus important. Le contact avec les travailleurs est plus privilégié. «Les entreprises doivent alors retirer leurs œillères et ne pas se cantonner à des résultats à court terme mais investir dans leur personnel. Nous devons agir de façon plus proactive et s’imaginer le gain que l’on obtient en ayant des travailleurs heureux».  

Publié 13-11-2015

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