Sécurité

Le présentéisme, un coût caché pour les entreprises

L’absentéisme, le fait que les travailleurs sont absents du travail pour cause de maladie ou d’autre raison, est un facteur de coût connu pour les entreprises et le gouvernement. Beaucoup moins d’attention est, par contre, consacrée aux travailleurs qui sont présents, mais dont la productivité est de loin inférieure à la moyenne parce qu’ils se sentent épuisés ou démotivés. On parle alors de présentéisme.

Burn-in

Le terme présentéisme est plus présent depuis quelques années aux Etats-Unis. Il est certain que depuis la crise économique d’il y a 7 ans bon nombre de travailleurs souhaitent montrer à leur patron qu’ils s’investissent à fond dans leur travail. Dès lors, ils font notamment de longues journées de travail, ce qui les épuise émotionnellement. Les spécialistes appellent ce phénomène le «Burn-in», qui est souvent un signe précurseur d’un burn-out ultérieur. Tant que le burn-in dure le travailleur est bien présent sur son lieu de travail, mais est moins productif. 

Un coût plus élevé pour l’employeur

Les experts estiment que ce type de travailleurs coûtent davantage à l’entrepris que les collègues qui restent à la maison. Le coût de ce présentéisme est même pour certains secteurs estimé au double que celui de l’absentéisme. Matthieu Poirot, fondateur du bureau Midori Consulting et expert en bien-être au travail, convient que cela coûte beaucoup d’argent aux entreprises. Dans une interview du journal français «Le Parisien», il explique que le présentéisme concerne environ entre 6 et 9% des tous les travailleurs. L’absentéisme pour cause de maladie ou autre raison se situe seulement autours de 4%.
 
De plus, le gouvernement et l’assurance-maladie contribuent à une partie du coût que représente le travailleur malade qui reste à la maison ou qui demandent une interruption de carrière. En ce qui concerne les travailleurs qui sont présents physiquement, mais qui prestent peu ou pas, l’employeur prendra en charge seul tout le coût. Les personnes qui sont en burn-in seraient également plus souvent la cause d’accidents de travail.
 
De plus, un travailleur guérit bien moins bien de son épuisement lorsqu’il ne reste pas à la maison. Par les problèmes trainent plus longtemps que chez un collègue qui prend un congé maladie. «En stimulant les travailleurs à continuer à venir au travail, les entreprises contribuent également au coût élevé du présentéisme», explique Matthieu Poirot.

Un coût caché

Son bureau d’étude a calculé que dans une entreprise où le salaire moyen est de 27.000 euros par an le coût caché du présentéisme est d’environ 550 euros par travailleurs. Dans le secteur de la construction le présentéisme serait le moins établi. En revanche, ce phénomène serait enregistré plus fréquemment  dans le secteur des services. «Il s’agit d’un énorme coût caché, que les entreprises et le gouvernement ne, prennent pas en compte et pour lequel ils ne font rien», ajoute encore Poirot.
 
Des solutions possibles peuvent être selon lui un meilleur contrôle de la pression au travail et une réévaluation des salariés par des augmentations de salaire et promotions plus rapides. De nombreuses entreprises hésitent encore selon Poirot à investir dans le bien-être au travail, car elles n’y voient aucun profit.

Publié 07-08-2015

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