Sécurité

Les absences pour maladie atteignent un niveau record

L’absentéisme a en 2014 atteint un nouveau record. En moyenne 5,12% des travailleurs sont tombés malades. Ce sont surtout les absences de longue durée qui ont connu un pic, et qui sont pour la première fois plus importantes que les absences de courte durée. La plus haut taux d’absentéisme se retrouver chez les travailleurs plus âgés (catégorie d’âge de 55 à 59 ans). C’est ce qui ressort des chiffres de SD Worx

Les chiffres de l’absentéisme en augmentation constante depuis 2002

Au cours des dernières années l’absentéisme a augmenté, et cela aussi bien pour les absences de longue durée que de courte durée. Par la notion d’absentéisme à court terme on entend toute absence pour maladie qui dure moins d’un mois. Si les travailleurs sont malades plus longuement qu’un mois, on parle d’absentéisme de longue durée.
 
 20042005200620072008200920102011201220132014
AC 2,13%2,25%2,26%2,38%2,40%2,45%2,42%2,44%2,44%2,51%2,50%
AL 1,49%1,49%1,56%1,60%1,56%1,84%2,05%2,29%2,33%2,30%2,62%
Total3,62%3,74%3,82%3,98%3,96%4,29%4,47%4,73%4,77%4,81%5,12%

Depuis 2002 l’absence pour maladie de courte durée augmente sensiblement de façon constante en Belgique. Cela signifie concrètement que les travailleurs belges sont tout simplement en train de signaler une demi journée en plus de maladie qu’il n’y a dix ans. La disparition du jour de carence, dans le cadre du statut unique, n’a pas conduit à une augmentation dramatique de l’absence pour maladie de courte durée, comme on le craignait. Les chiffres de 2013 et de 2014 sont semblables.
 
La tendance à la hausse de l’absentéisme vaut en particulier pour les absences pour maladie de longue durée. Pour la première l’absence de longue durée dépasse celle de courte durée.

Absentéisme: fortes différences par secteur

La forte augmentation de l’absentéisme concerne surtout le secteur quartenaire (2,8% courte durée et 3,3% longue durée). On entend par secteur quartenaire ou de non profit un certain nombre de fonctions considérées comme sociales telles que l’administration publique, l’enseignement, la recherche, les soins et bien-être, la culture et la récréation, les organismes communautaires, les services environnementaux et les logements publics.
 
Au sein de tous les secteurs l’absence pour maladie de longue durée augmente avec l’âge. Dans le catégorie d’âge 55-59 ans l’absentéisme de longue durée s’élève à 4,90% dans le secteur quaternaire. Dans le secteur industriel cela s’élève à 4,95%.   

Causes de l’absentéisme de longue durée

Les chiffres de l’absentéisme de longue durée ont donc fortement augmenté ces dernières années. Les causes sont diverses: le vieillissement de la population des travailleurs, la motivation, l’engagement, le stress, la charge de travail, le burn-out et les troubles physiques.
 
D’après les enquêtes de satisfaction de SD Worx auprès des travailleurs, les absents de longue durée révèlent des scores négatifs quant au niveau de stress, contraintes de temps et charge physique et mentale de leur emploi. Cela correspond au modèle de Karasek: les travailleurs sont stressés en cas de travail épuisant avec de fortes exigences, et sans avoir l’autonomie ou la possibilité de contrôler l’exécution et les procédures de ce travail.
 
Chez d’autres absents de longue durée, il apparait que la quantité de travail est perçue comme acceptable; les facteurs causant le stress chez ces travailleurs sont davantage liés à un manque de reconnaissance et de respect. Ils reçoivent généralement peu de confiance de la part du management et de ligne hiérarchique. Ces travailleurs ne sont souvent pas d’accord avec la vision et la stratégie de leur organisation, ce qui crée un décalage avec l’entreprise. Ces personnes ne sentent pas à leur place dans l’entreprise dans laquelle elles travaillent.

Comment pouvons-nous inverser la tendance ?  

SD Worx donne également quelques conseils pour lutter contre l’absentéisme. Une politique d’absentéisme active consiste en une approche préventive autours de la motivation, le bien-être au travail et l’exécution de l’emploi.
 
Nous sommes amenés à travailler plus longtemps et à rester actifs sur le marché du travail. Il est donc important de se concentrer sur la durabilité des carrières, les processus de travail innovants et les nouvelles relations de travail. Les solutions résident également dans une plus grande flexibilité (relation travail-privé, heures de travail, travail à la maison,…), une attention portée sur le «talent» (investir sur les compétences des gens) et la motivation des travailleurs (engagement, fierté et valeurs sociales du travail).  
 
D’un autre côté, une politique de réintégration active est nécessaire pour remettre rapidement les travailleurs au travail. L’enquête montre que les travailleurs qui sont absents plus de six semaines consécutives ont des difficultés à reprendre leur activité au sein de l’entreprise. Le gouvernement semble en être conscient, la ministre de la santé Maggie De Block a annoncé souhaiter mettre l’accent sur la réinsertion sociale des malades de longue durée.
 
Le fait de moins travailler n’est pas une solution miracle. Les travailleurs à temps partiel semblent même être plus souvent malades que les travailleurs à temps plein.
 
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Publié 02-03-2015

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