Les consignes d’accès 2.0 pour sous-traitants : de la formation classique à une expérience plus réaliste...

En vertu de la loi sur le bien-être au travail (art. 9, par. 1, 3), l’employeur/donneur d’ordre est tenu d’organiser un accueil spécifique pour les tiers. Cet accueil doit les informer des risques présents et des mesures en vigueur au sein de l’entreprise. À cet effet, on recourt de plus en plus souvent à de nouvelles formes de communication des consignes d’accès comme les jeux vidéo, les visualisations, la réalité virtuelle et les questions d’interprétation.

La solution classique — la présentation

Dans les années ‘80 et ‘90, l’information des tiers se faisait de manière classique et traditionnelle : un collaborateur responsable de la prévention présentait un exposé détaillé aux nombreux collaborateurs des sous-traitants. Mais en dépit du talent déployé par certains orateurs, l’attention laissait parfois à désirer dans ces petits locaux surchauffés.

Les PowerPoints

L’avènement des PC a introduit les présentations PowerPoint. Les collaborateurs recevaient alors un programme personnel et devaient répondre seuls à une série de questions. L’accent était avant tout placé sur la reproduction des instructions reçues. Si, au départ, ces présentations étaient données dans l’une des quatre langues usuelles (français/néerlandais/allemand/anglais), la politique d’ouverture des frontières au sein de l’Europe a très rapidement entraîné le besoin de traductions multiples. Cette application a, elle aussi, petit à petit atteint ses limites.

Les nouvelles formes

 De nouvelles formes de transmission des instructions d’accès se sont alors développées, notamment : 

  • Le jeu vidéo : les collaborateurs apprennent les instructions de sécurité sous la forme d’un « jeu », entrecoupé de textes descriptifs. L’objectif est d’inciter le collaborateur du sous-traitant à concentrer son attention sur le contenu au moyen de courts extraits alternant son, texte et images. De plus en plus plébiscitée, la culture du jeu vidéo comme « forme de divertissement » contribue elle aussi à la réussite de cette forme de transmission des consignes de sécurité. En outre, cette méthode est perçue comme moderne et « cool ».
  • La visualisation : en plus d’assister à une brève présentation répertoriant les règles de sécurité standard, le travailleur du sous-traitant est guidé au travers d’un local où sont montées diverses installations-tests — échafaudages, dispositifs d’isolation, raccords à collerettes... Il est pour cela accompagné par un collaborateur expérimenté. Le guide et un petit groupe d’employés du sous-traitant dialoguent alors activement, ce qui permet d’exposer visuellement ce qui est attendu précisément d’eux en termes de qualité/sécurité.
  • Les applications de réalité virtuelle : équipé de lunettes RV, le collaborateur reçoit des instructions de sécurité et doit ensuite passer un test. Les autres suivent l’action sur (grand) écran, à travers les yeux du collaborateur. Le test est suivi d’une discussion/d’un échange interactif lors duquel chacun exprime son ressenti quant à ce qui s’est bien déroulé et/ou aux points à améliorer.
  • Le passage des questions de connaissance aux questions d’interprétation : auparavant, les consignes d’accès étaient principalement axées sur la reproduction des connaissances transmises. Aujourd’hui, les nouvelles applications exigent souvent des collaborateurs qu’ils interprètent ou transposent les connaissances de sécurité communiquées.

Conséquences pour le conseiller en prévention

Vu l’afflux de personnes allophones, le développement de la culture de l’image (par opposition à la culture de la lecture) et le fait que les gens veulent aujourd’hui recevoir plus rapidement des informations concises, la méthode d’enseignement classique des instructions de sécurité évolue désormais vers les applications décrites ci-dessus. Dans cette optique, les conseillers en prévention doivent également modifier leurs messages et les adapter à un public cible évolutif. Désormais, la sécurité s’appréhende surtout par le biais de visuels associés à des textes courts. Installez par exemple un mannequin en carton représentant un collaborateur grandeur nature, portant les EPI adéquats au lieu de décrire en long et large la procédure complète de port des EPI ; utilisez un échafaudage prémonté pour décrire la procédure d’assemblage et d’accès, faites retentir la sirène d’alarme plutôt que de la décrire, faites passer vos collaborateurs dans une douche de secours (sans eau)... une expérience réelle laisse un souvenir plus fort qu’un message sur papier.
 
Consultez senTRAL pour plus d’informations sur la manière d’assurer la sécurité des sous-traitants.

Publié 13-06-2019

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