Les embouteillages expliquent-ils le succès du télétravail ?

Durant les cinq premiers mois de l’année, le nombre d’heures prestées en télétravail a augmenté de 11 % par rapport à la même période en 2018. C’est ce qu’il ressort d’une étude d’Attentia. Les embouteillages toujours plus nombreux y seraient-ils pour quelque chose ? Il est bien connu que pour bon nombre de travailleurs, les soucis de mobilité pèsent dans le choix d’un emploi. La durée des trajets quotidiens motive de plus en plus de collaborateurs à changer d’employeur, faisant du télétravail un argument majeur dans la guerre des talents.

Certaines organisations proposent cette solution depuis longtemps et en consignent des statistiques depuis 2015. Elles ont constaté une augmentation de 7,67 % depuis l’année dernière. En trois ans, ce mode de travail est même devenu 68 % plus populaire. Les chiffres avancés par Attentia portent aussi bien sur le télétravail régulier qu’occasionnel. Un cadre légal réglemente ce dernier depuis 2017. Le télétravail régulier, qui permet à un collaborateur de travailler chaque semaine un ou plusieurs jours fixe(s) depuis son domicile, était déjà prévu dans la loi. Cette réglementation offre aux entreprises la possibilité d’améliorer les conditions salariales des collaborateurs. Ainsi, ils peuvent bénéficier d’une indemnité mensuelle exonérée d’ONSS ou encore d’un forfait de frais pour la connexion internet.

Le télétravail se présente donc comme une solution souple favorable tant à l’employeur qu’au collaborateur. D’une part, les collaborateurs réduisent leurs déplacements et leur niveau de stress. D’autre part, les entreprises qui proposent cette formule rendent leurs postes à pourvoir plus attractifs, attirant et fidélisant ainsi les talents dont elles ont besoin. Comparé à début 2018, le nombre moyen d’heures prestées en télétravail par organisation a connu une hausse de 5,32 %. Dans les secteurs concernés, le télétravail est en passe de devenir la politique par défaut.
Les collaborateurs préfèrent travailler hors du bureau les mercredis et vendredis. Pas moins de 29,02 % des heures en question sont prestées le dernier jour de la semaine. Le mercredi occupe la deuxième place, avec 23,01 %. Les autres jours sont moins populaires. Le lundi est le moins demandé, avec à peine 14,55 %. En été, la formule gagne aussi des adeptes ; en juillet, une augmentation de 5,99 % des heures a été enregistrée par rapport à 2018. Cette forte hausse s’inscrit dans la continuité des années précédentes. Attentia avait noté un taux de 10,49 % lors de l’été 2018 et de 22,53 % en 2017. Pas étonnant, quand on sait que les enfants jouent grandement dans l’organisation de l’emploi du temps des travailleurs. Lorsqu’elles assurent un bon équilibre entre vie privée et professionnelle, même pendant les vacances scolaires, les entreprises améliorent le bien-être de leurs collaborateurs et constatent des prestations de meilleure qualité, une ambiance plus agréable et une diminution de l’absentéisme.

Publié 27-08-2019

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