Sécurité

Les enseignants âgés plus vulnérables mentalement

Le nombre de jours maladie chez les enseignants est à son plus haut niveau depuis 2009. Burn-out, dépression et stress sont les principales causes. Sur trois jours d’absence maladie, un est lié à des problèmes psychiques. Ce sont surtout les enseignants plus âgés ainsi que le personnel de direction qui en sont victimes. C’est ce qui ressort d’un récent rapport annuel sur l’absentéisme du personnel flamand de l’enseignement, que l’on pouvait consulter dans Het Nieuwsblad.

Les enseignants étaient en moyenne absents pour maladie 14,5 jours en 2013, ce qui ensemble constitue un total de 2.443.285 jours. Il s’agit d’une légère augmentation par rapport à l’année passée et du nombre le plus important depuis 2009. Il est à noter que le nombre de jours maladie augmente fortement en ce qui concerne les enseignants plus âgés.
 
Un jour de maladie sur trois est la conséquence de problèmes psychiques. «Ce pourcentage augmente également légèrement par rapport à l’année passée, mais est inférieur par rapport à il y’a quelques années», explique la ministre flamand de l’enseignement, Hilde Crevits (CD&V).

Les enseignants les plus âgés et le personnel de direction

Chez les enseignants plus âgés l’importance est croissante quant aux problèmes mentaux. Dans la catégorie d’âge 56-65 ans les «souffrances psychiques» représentent presque la moitié (46%) de tous les jours de maladie. «Charge émotionnelle et souffrances psychosociales vont de pair» explique Crevits en réaction à ce rapport. «Il est important que les écoles s’en soucient et travaillent à la prévention».  
 
Le personnel de direction est également sujet aux burn-outs et dépressions : tandis que le pourcentage moyen d’absences pour raisons psychosociales fluctue autours de 39% pour les hommes et de 31% pour les femmes. En ce qui concerne la direction, il s’agit de 58% pour le personnel masculin et de 52% pour le personnel féminin.
 
Si nous regardons au sein du personnel de direction du groupe d’âge 56-65 ans, 60% des jours maladie sont liés à des plaintes mentales.

Les parents tenus responsables

«La charge mentale des enseignants est très élevée» explique Luc Swinnen, un médecin spécialisé depuis vingt années dans le stress et le burn-out. «Les parentssont tenus responsables, les enfants osent également plus souvent remettre en question le professeur. En tant qu’enseignant vous devez être constamment sur vos gardes, de sorte que vous puissiez justifier vos décisions». S’ajoute à cela la réputation de travailleurs toujours en vacances.

Psychologue ? Tabou

Le sociologue Mark Elchardus de la VUB préconise d’adapter la carrière de l’enseignant. «Les problèmes psychologiques doivent être rapidement détectés. Dans d’autres métiers sociaux, comme agents de police ou infirmiers, vous pouvez consulter un psychologue à intervalles réguliers. Dans l’enseignement c’est encore tabou» explique-t-il.
 
Elchardus suggère également d’attribuer la nomination de l’enseignant en temps réel, comme dans presque tous les métiers, «et plus dans le nombre de cours qu’ils doivent donner». Ils trouvent également qu’il faut adapter le rythme de vie de la profession d’enseignant. «Lors de la carrière d’enseignant, on devrait pouvoir envisager une carrière double, avec un recyclage et une réorientation autours de 40-45 ans.»
 
La ministre de l’enseignement Crevits explique que le rapport constitue une base importante pour une discussion autours de la carrière dans l’enseignement. «Nous devons prêter attention à la charge de travail des enseignants et à comment le stress, la dépression et le burn-out peuvent être évités», explique-t-elle. «Nous devons faire en sorte que le travail reste viable, spécialement pour les enseignants plus âgés, et rechercher avec les partenaires sociaux des formules pour qu’ils puissent travailler plus longtemps».

Publié 03-02-2015

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