Les fédérations professionnelles essenscia et Fedustria ont des questions au sujet de la commande des masques buccaux

En marge des débats que nous avons connus au sujet des masques buccaux, les fédérations professionnelles remettent également en question la procédure d’adjudication du gouvernement belge.

Début mai, l’armée belge a commandé, au nom du Conseil national de sécurité, 18 millions de masques buccaux en tissu. Dans un premier temps, la Défense s’était entretenue avec le secteur belge de la mode, mais il s’est avéré qu’il était impossible de créer un consortium. À la suite de cela, une adjudication européenne a été lancée.
La majeure partie de cette commande de 15 millions de pièces a été confiée à Avrox, une entreprise « boîte postale » établie au Luxembourg ne possédant aucune expertise avérée dans le domaine de la production ou de la distribution de vêtements de protection médicale.
Fin mai – date de livraison ultime –, l’entreprise n’avait fourni qu’à peine 2,7 millions de masques. Pourtant, cette date de livraison non négociable faisait partie des critères décisifs sur la base desquels les offres avaient été évaluées. En conséquence, de nombreuses entreprises belges du secteur du textile, de l’habillement et des matières plastiques se sentent ridiculisées par l’approche du gouvernement fédéral, qu’elles considèrent comme un manque de respect envers l’expertise industrielle belge.
Essenscia – la fédération industrielle du secteur de la chimie, des matières plastiques et des sciences de la vie – et Fedustria – la fédération belge du textile, du bois et de l’ameublement – se disent profondément déçues de l’approche des autorités belges. Selon elles, cette adjudication était une occasion toute trouvée de soutenir l’emploi local en cette période de crise. Elles déplorent en outre un tel mépris pour les connaissances et l’expertise spécialisées de l’industrie belge, et regrettent enfin que la Belgique ait presque entièrement opté pour les importations, laissant ainsi près de 40 millions d’euros de l’argent des contribuables s’envoler vers l’étranger.
Pour combler le tout, le citoyen belge doit attendre trop longtemps les masques que lui a promis le gouvernement fédéral. Un tel délai ralentit considérablement les efforts de prévention déployés afin de lutter contre la pandémie de COVID-19.
 


Auteur: Geert Van Cauwenberge

Publié 10-06-2020

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