Les Flamands sont prêts à aider mais n’osent pas eux-mêmes demander de l’aide

Une enquête menée dans le cadre de la Journée mondiale de la santé mentale, organisée le 10 octobre, a révélé que les Flamands sont prêts à aider les autres mais n’osent pas demander de l’aide quand ils rencontrent eux-mêmes des difficultés.

Cette journée internationale, au cours de laquelle les gens sont invités à réfléchir à leur santé mentale en parlant de leurs préoccupations et de leurs soucis, est et reste nécessaire : la Flandre enregistre un des taux de suicide les plus élevés d’Europe. Pas moins d’1,2 million de Belges prennent quotidiennement des antidépresseurs et un Belge sur quatre est confronté dans sa vie à des problèmes psychiques. Les stigmates sont importants et de nombreuses personnes sont seules face à leurs difficultés.

C’est ce qu’il ressort d’une enquête menée auprès de mille Flamands à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale. 92 % des personnes sondées se disent prêtes à aider les autres et 86 % déclarent se sentir mieux lorsqu’elles le font mais hésitent elles-mêmes à demander du soutien : 60 % ont du mal à solliciter de l’aide tandis que 45 % se sentent coupables de faire cette démarche. La résilience joue un rôle à cet égard. Interrogés sur leur niveau de résilience, les Flamands donnent un score de sept sur dix.
« Les choses sont plus difficiles quand on est seul »
« On se dit qu’on peut faire appel aux autres mais quand l’occasion se présente, on ne le fait pas parce qu’on est gêné de déranger. Mais nombreux sont ceux qui se débattent avec des questions existentielles et ont un sentiment de vide. La solution : créer du lien et signifier quelque chose les uns pour les autres. Pour faire comprendre aux autres qu’on est prêt à les aider, il faut avoir le courage de parler de ses propres failles. Mais pour qu’un lien se crée, les gens doivent véritablement se préoccuper les uns des autres. Il faut apprécier chaque individu à sa juste valeur et non le considérer comme un bon à rien, éviter de lui dire ce qu’il a à faire mais l’encourager et lui permettre de redécouvrir la force qu’il a en lui. La solidarité est l’essence de la résilience car celle-ci se travaille au contact d’autrui et non seul. Il est plus difficile de faire preuve de résilience quand on est seul et il ne sert à rien de chercher du soutien parmi ses amis sur Facebook : les réseaux sociaux sont inutiles en cas de problème. Il faut oser se regarder en face, voir les larmes couler et se prendre dans les bras », explique le psychiatre Dirk De Wachter dans le cadre de l’enquête.
Résilience et solidarité  
En Flandre, le thème de la journée mondiale sera dès lors la résilience et la solidarité. « Depuis des années, nous affirmons qu’il n’y a pas de résilience sans les autres et l’enquête nous conforte dans cette idée. Les gens ont besoin d’une oreille attentive et de quelques mots d’encouragement. Souvent, il suffit d’être présent et à l’écoute », commente Jan Van Speybroeck, directeur de la Vlaamse Vereniging voor Geestelijke Gezondheid et co-organisateur de la journée mondiale.

Nancy Dyckmans a décidé de franchir le pas : « Au début, j’avais honte et je me disais que mes amis se moqueraient de moi. Je craignais également qu’ils me donnent des conseils qui me seraient inutiles, même si ça partait d’une bonne intention. Ce dont j’avais le plus besoin, c’était d’une oreille attentive. » Mais tout s’est bien passé. « J’ai remarqué que les autres sont souvent plus ouverts pour parler de leurs problèmes et avouent qu’eux non plus ne se sentent pas toujours très bien. C’est là que la connexion se fait. Je n’ai pas toujours besoin de trouver une solution, il est surtout important de savoir que quelqu’un est là pour moi et que je ne dois pas tout affronter toute seule. »

« Outre les centaines d’activités que nous organisons, nous invitons les gens à s’évader ensemble. Les conversations peuvent être très enrichissantes au cours, par exemple, d’une randonnée à pied ou à vélo en famille ou entre amis : on oublie ses soucis et on reprend confiance en soi. C’est pourquoi nous avons sélectionné quelques magnifiques parcours pédestres et cyclistes », explique Jan Van Speybroeck.

Plus d’informations sur les randonnées et les activités : www.samenveerkrachtig.be.

Publié 10-10-2018

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