Les fonctionnaires fédéraux et le burn-out

Tant dans le secteur privé que dans le public, le taux d’absentéisme pour maladie a augmenté ces dernières années. Seules les absences pour maladie des fonctionnaires fédéraux avaient diminué en 2017. Mais l’année dernière, elles aussi ont connu une légère hausse. Notamment en cause : le burn-out.

Selon la dernière étude de Medex, l’organisme de contrôle pour les fonctionnaires fédéraux, leur taux d'absentéisme pour maladie en 2018 s'élevait à 6,58 %, soit une augmentation de 0,43 % par rapport à 2017. Mais quand même, le pourcentage de fonctionnaires fédéraux qui n'ont signalé aucune absence est passé de 32,8 % en 2017 à 33,1 % en 2018. Un fonctionnaire sur cinq (20,6 %) s’est absenté une seule fois en 2018 pour cause de maladie ou d'accident privé.
90,2 % des absences étaient médicalement justifiées, 8,3 % n'ont pas pu être contrôlées car le patient ne s'est pas présenté à l'examen, et seulement 0,2 % sont jugées médicalement injustifiées.
Medex note que « les employés du secteur privé sont en moyenne moins absents (1,1 fois par an selon Securex, 1,2 fois selon SDWorx) que les fonctionnaires (2,1 fois par an) ». En revanche, on s’absente plus longtemps dans le privé : « la durée moyenne d’absence des employés est de 12,6 jours (SDWorx) ou de 17,6 jours (Securex), selon la source, contre 15,2 jours pour les fonctionnaires ».
Ce sont surtout les maladies psychiques qui ont gagné du terrain dans le fédéral. La dépression et le burn-out y étaient les premières causes des jours de maladie (34,4 %). Venaient ensuite les maladies d’appareil moteur (23,8%). Toutes les autres causes étaient sous la barre des 10%.
Pour ce qui est du burn-out, la ministre Maggie De Block souligne que « beaucoup d'actions ont été prises tant pour les travailleurs salariés, les fonctionnaires et les indépendants. Un projet visant à offrir un trajet d’accompagnement sur mesure à des travailleurs en burn-out ou menacés de burn-out a ainsi notamment été lancé par Fedris, l’agence fédérale des risques professionnels. Nous attendons les résultats fin 2021. »
34,6 % des fonctionnaires absents depuis au moins 30 jours pour cause de maladie souhaitaient reprendre le travail avec une prestation réduite en 2018. Plus de 9 sur 10 de ces demandes ont été approuvées.
« Une reprise progressive du travail accélère en effet le processus de guérison, » estime la ministre. « Pour encourager la réintégration, nous avons mené une politique de sensibilisation axée sur un changement de vision : évaluer ce que le travailleur est capable de faire afin de lui permettre un retour progressif au travail sur mesure. » A l’heure actuelle, le statut « affaires courantes » du gouvernement fédéral ne permet pas d’aller plus loin, mais la ministre encourage son successeur « à poursuivre la réforme importante que nous avons entamée ».
Le ministre de la Fonction publique David Clarinval trouve aussi que le prochain gouvernement devra « agir en faveur du bien-être des fonctionnaires au travail » - entre autres via le télétravail. « La politique de télétravail a été étendue, que ce soit par l’instauration du travail en bureau satellite ou par le fait de pouvoir exercer des périodes de télétravail sur des périodes plus longues. Les chiffres nous confortent à continuer à aller en ce sens. Une étude récente avait ainsi montré que le nombre moyen de déclarations maladies était plus faible chez les fonctionnaires qui faisaient du télétravail par rapport à ceux qui n’en faisaient pas. »

Publié 03-01-2020

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