Sécurité

Les militaires en ont marre : «Nous ne faisons plus que travailler»

Les syndicats militaires tirent la sonnette d’alarme : suite au relèvement du niveau de la menace terroriste, nos forces armées sont complètement débordées. Les soldats, expliquent-ils, sont si souvent affectés à des missions de surveillance supplémentaires qu’ils parviennent à peine à prendre leurs jours de congé. Les syndicats attendent du ministre de la Défense Steven Vandeput (N-VA) qu’une solution soit trouvée de toute urgence.

Cela fait déjà un peu plus d’un an que les militaires effectuent toutes sortes de missions de surveillance. Sans compter que depuis les attentats de Paris du 13 novembre dernier, ils patrouillent également les gares, les aéroports et les endroits fréquentés. «Nos hommes participent depuis janvier 2015 à des missions de surveillance organisées en raison du niveau de la menace terroriste. Elles s’ajoutent aux activités normales des militaires, à savoir les entraînements, les exercices à l’étranger et les opérations. Ils ne sont tout simplement plus jamais chez eux. Un militaire m’a même raconté que sa femme et ses enfants étaient venus lui dire bonjour lors d’une mission de surveillance. Au moins, ça lui a permis de les voir», a expliqué Walter Van den Broeck de la CSC Défense dans le quotidien flamand Het Nieuwsblad.

Le problème est donc que certains militaires patrouillent des jours entiers, puis partent immédiatement en mission. La direction de l’armée a exceptionnellement autorisé les soldats à prendre leurs jours de congé de 2015 jusque tard dans l’année 2016. Car en raison de leur emploi du temps chargé, les militaires ne parviennent pas à prendre leurs jours de congé.

«Certains prennent presque chaque jour des antidouleurs : ils souffrent de maux de tête, de manque de sommeil et de douleurs articulaires dues aux nombreuses heures passées debout, sans bouger et lourdement équipés. C’est un problème qu’il ne faut vraiment pas prendre à la légère

Selon les syndicats, plusieurs soldats ont même déjà quitté l’armée.

Trop peu de moyens pour la relève

L’armée cherche elle-même à alléger quelque peu la charge de travail des unités de combat et affecte des soldats qui effectuent normalement des opérations logistiques. Mais c’est surtout de la part de Steven Vandeput, le ministre compétent, que les syndicats attendent une réaction.

«Le fait que les mesures d’économie soient maintenues et que nous ne parvenions pas à recruter à temps suffisamment de personnel pose de plus en plus de problèmes. Il faut soit remettre la mission en question, mais cette décision relève du choix politique, soit dégager des moyens supplémentaires, mais ce n’est pas évident à réaliser à court terme», explique Yves Huwart, du syndicat militaire CGPM sur le site web de De Redactie.

Vous retrouverez l’interview de Walter Van den Broeck de la CSC Défense sur le site web de Het Nieuwsblad.

Publié 18-02-2016

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