Sécurité

Malade de longue durée ? Les probabilités de reprendre votre ancienne fonction sont faibles

Moins de la moitié des travailleurs malades pendant plus de trois mois reprennent leur ancien travail. « Les entreprises doivent assurer l’accompagnement de leurs travailleurs malades dès le premier mois », affirment les spécialistes.
 
Parmi les personnes absentes pendant plus d’un an pour cause de maladie, seule une sur cinq retourne chez son employeur. Ces chiffres sont ahurissants, d’autant que 370 000 travailleurs et indépendants restent chez eux durant plus d’un an pour cause de maladie. Un record ! La probabilité qu’ils reprennent leur travail d’avant est extrêmement faible.
 
On notera que ce n’est pas tant la pathologie qui entrave le retour au travail. « D’autres facteurs, comme un manque de confiance en soi, l’angoisse de se retrouver face à leur supérieur et les réactions des collègues jouent un rôle plus important », affirme Chris Wuytens, du fournisseur de services RH Acerta, lequel a mené une étude sur les caractéristiques des malades chroniques en collaboration avec Idewe.
 
C’est surtout en cas de problèmes psychologiques et corporels (maux de dos, par exemple) que les chances de retour sont faibles. « Il semble logique de laisser les travailleurs malades rester chez eux jusqu’à ce qu’ils soient complètement guéris, mais pas dans ces cas-là », déclare Wuytens. « Lorsqu’on a mal au dos, il est prouvé que se remettre en mouvement est bénéfique. »
 
Selon Lode Godderis, professeur à la KU Leuven et chercheuse à l’Idewe, les employeurs n’attendent généralement pas le retour de leur salarié malade. « Comme l’entreprise a redistribué son travail ou engagé un remplaçant provisoire, elle ne saute généralement pas de joie à l’idée de devoir réadapter l’organisation des tâches, notamment par crainte d’une rechute rapide du malade – or, cela ne se justifie pas. »
 
Le gouvernement Michel entend remettre les travailleurs malades au travail en assurant leur accompagnement. Lors du deuxième mois de leur maladie, ils doivent désormais compléter un questionnaire. Sur cette base, un médecin évalue ce qui est nécessaire pour que le malade puisse être remis dans le circuit. Il peut s’agir de son ancien poste, mais aussi d’un travail adapté. Cette façon de faire implique à la fois les travailleurs et les employeurs dans le processus de réintégration.
 
Selon Wuytens et Godderis, le gouvernement fédéral ne va pas assez loin. « Les entreprises doivent contacter leur travailleur durant le premier mois de maladie, car sinon, elles vont perdre un temps précieux », souligne cette dernière. « Les supérieurs doivent communiquer davantage avec un collaborateur malade. Ils ne doivent pas discuter de la pathologie proprement dite, mais de la façon de procéder pour remettre le malade en selle. »
 
Wuytens estime également que le médecin du travail joue un rôle essentiel. « Le généraliste sait de quelle affection souffre son patient, mais il ignore les enjeux en présence au travail. Le problème de cette méconnaissance peut être résolu en contactant le médecin du travail, qui peut analyser si certains aménagements pratiques s’imposent. Un maçon qui récupère d’une pathologie dorsale ne peut pas grimper sur un échafaudage, mais peut en revanche faire autre chose. »
 
Une autre solution consiste, dans une phase initiale, à remettre le malade au travail à temps partiel. « Les employeurs doivent oser donner à leurs salariés l’opportunité de reprendre le collier à leur propre rythme. »
 
Pour le reste, Wuytens et Godderis se réjouissent que le gouvernement n’ait pour l’instant pas instauré de sanctions pour punir les malades de longue durée qui ne coopèrent pas à leur propre réintégration. « L’accompagnement des malades vers la reprise de leur travail doit être un cheminement positif, sinon cela ne marche pas », concluent-ils. « La toute grande majorité des malades souhaitent retrouver leur travail, mais si ce retour est perçu comme une obligation, bon nombre d’entre eux risquent d’abandonner. »

Source : De Tijd 24 juin, Langdurig ziek? Kans op terugkeer naar oude job klein.

Publié 04-07-2016

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