Sécurité

Nanomatériaux et poussière : l’humidité y est pour beaucoup

L'humidité ambiante a une grande influence sur la quantité de poussière émise par les nanomatériaux pendant le stockage, selon de nouvelles recherches.
Des données sur le pouvoir de resuspension (donc, la capacité d’une poudre d’émettre de la poussière) sont entre autres utilisées dans des modèles d’évaluation de risque des nanomatériaux. Ainsi, les lieux de travail peuvent prendre des mesures pour réduire l’exposition à ces poussières.

Mais peut-on se fier à ces chiffres ?

La norme européenne actuelle spécifie que les tests de pouvoir de resuspension devraient avoir lieu à un taux d’humidité ambiante de 50%. Or, en réalité, le taux d’humidité peut varier de beaucoup d’un entrepôt à un autre et d’un lieu de production à un autre. Elle dépend aussi du conditionnement de la poudre, ainsi que de la pression et du compactage exercés là-dessus.
Suite à des tests, des chercheurs de quatre pays européens ont confirmé que les poudres nano dégagent moins de poussière à des humidités ambiantes plus élevées. La pression physique pendant le stockage influait également sur l’empoussiérage, mais à un moindre degré.

On a constaté la variation la plus frappante lors d’un test sur une poudre de nanoparticules de dioxyde de titane modifiée avec de l’acide nitrique. Dans ce cas, l’index d’empoussiérage était nettement plus élevé à une humidité ambiante de 30% qu’à 50%. Donc, par une humidité réelle de 30%, la formule actuelle risque de sous-estimer les besoins en équipements de protection techniques et individuels.
Les chercheurs recommandent de :
  • étendre la portée des tests aux poudres stockées dans des humidités très élevée et très basses;
  • réduire le niveau d’humidité exigé pour les tests de l’actuel 50% à environ 10%;
  • mener des recherches supplémentaires sur l’impact de l’humidité sur le pouvoir de resuspension des poudres.

Influence of relative humidity and physical load during storage on dustiness of inorganic nanomaterials: implications for testing and risk assessment, M. Levin et al, Journal of Nanoparticle Research, août 2015.

Publié 08-02-2016

  199