Sécurité

Neurochirurgien : « Le travail est bénéfique à la plupart des patients lombalgiques »

Il n’y a jamais eu autant d’emplois aussi peu contraignants physiquement et pourtant, les travailleurs en incapacité de travail pour maladie chronique du dos sont plus nombreux que jamais (95.000 à l'heure actuelle). « Quelque chose ne va pas », selon le neurochirurgien Erik Van de Kelft, qui plaide pour une prise en charge différente de la lombalgie chronique. Comment ? Remettre un maximum de patients lombalgiques au travail, moyennant un traitement antidouleur. « Dans beaucoup d’emplois, que vous soyez assis dans votre canapé à la maison ou sur votre chaise au travail ne change rien. »

«Les patients lombalgiques chroniques coûtent énormément d’argent à la collectivité», poursuit Erik Van de Kelft (AZ Niklaas). «Parce que nous leur faisons subir des traitements et examens superflus et parce que généralement, ils ne vont plus travailler. » Chaque année, de nombreux emplois contraignants pour le dos disparaissent.

Et chaque année, 40.000 nouveaux malades de longue durée sont dénombrés, la plupart souffrant de lombalgie chronique. En dépit de tous les traitements onéreux, les problèmes de dos ne font qu’augmenter et coûtent de plus en plus cher. Dans 80 pour cent des cas, les médecins n’en connaissent pas la cause. « Et ce n’est pas le travail de bureau en lui-même qui engendre les problèmes de dos que nous connaissons en Belgique », affirme catégoriquement le Dr Van de Kelft. « Des études sérieuses ont été menées sur de vrais jumeaux. La moitié exerçait un travail de bureau tranquille, l’autre moitié un travail physiquement contraignant. Le second groupe souffrait davantage de lombalgie que le premier. »

Le neurochirurgien plaide pour un investissement massif dans la recherche afin d’améliorer les diagnostics. En attendant, les médecins doivent aborder leurs patients différemment. Les patients ont besoin d'une prise en charge médicamenteuse de la douleur, mais aussi d’exercice physique. Et selon le Dr Van de Kelft, ils doivent reprendre le travail le plus vite possible. « Dans beaucoup d’emplois, que vous soyez assis sur une chaise chez vous ou au travail ne change pas grand-chose », confie-t-il au Knack. « Le travail offre une distraction, un sentiment d'utilité et des contacts avec les collègues. Plus le temps passé à la maison est long, plus le retour au travail est difficile. Au bout de deux ans sans travailler, les chances de retour au travail sont pratiquement nulles. »

Le médecin estime que 7 patients sur 10 iraient mieux s'ils retournaient travailler.
 

 

Publié 13-12-2016

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